Quelques images vraies à propos de quelques réfugiés accueillis en France

Publié le par Chantal Vieuille, éditrice

Ce sont deux jeunes gens de 28 ans. Ils viennent de loin. Ils sont arrivés il y a juste quelques mois. L'un des deux me dit qu'il vient d'obtenir ses papiers qui lui confèrent le statut de réfugié politique, 4 mois après son arrivée. Il est heureux. Ces jeunes ont un agenda quotidien, très rempli.Ils ont chacun un bon niveau d'études et leur activité principale, c'est d'apprendre le français. L'un est anglophone, donc c'est plus facile, mais le second ne connaissait aucune langue étrangère en arrivant en Europe. La phonétique de la langue arabe n'est pas semblable à celle de la langue française. Les difficultés sont plus lourdes pour lui, mais grâce au traducteur dont il dispose sur son portable (iphone) il progresse.

Ces jeunes gens sont aimables, actifs, souriants. Ils viennent de loin et sont dans l'épreuve de l'exil. Ils disent merci à la France, merci aux bénévoles, merci sans cesser... Mais leur projet de vie est dépendant de ce que les associations vont pouvoir leur offrir. Le nombre de bénévoles qui proposent leur aide, logement, vêtements, conversation en français, etc. est élevé. Les associations évoquent ces dons qu'elles reçoivent, en logements, nourritures, argent, vêtements. Grâce à leur smartphone, ils se déplacent dans la ville, ils se repèrent, ils ne se sentent pas perdus. Ils prennent le temps de penser leur avenir. Toutes les conditions semblent réunies autour d'eux pour leur laisser le temps...

Ailleurs, ce sont des familles réfugiées, les chrétiens d'Irak... Les parents sont déprimés, découragés, fatigués. Les adultes semblent plus fragiles que les jeunes qui eux s sont enthousiastes, et bien décidés à apprendre le français pour pouvoir progresser. De toutes les façons, ces jeunes sont déjà multilingues dans leur pays de naissance. Cette adolescente de 12 ans, pétillante, petite de taille, et si intelligente ! me demande ce que je pense de la robe qu'elle porte ce jour-là. Elle me précise que ses parents l'ont achetée la veille du départ du pays, et qu'elle est contente d'avoir pu l'emporter avec elle. Forcément la petite robe bleue est très jolie ! Les femmes sont les plus démunies : elles souffrent. Cette femme, âgée de 49 ans, en France depuis 10 mois, mère de 4 enfants : ses deux fils de 20 ans n'ont pas voulu rester en France, ils ont rejoint l'Allemagne. Mais depuis 10 mois en Allemagne, ils sont ballottés entre les centres d'accueils, souvent distancés de 200 km, ils n'ont pas trouvé de travail (alors qu'ils le croyaient...) ; ses deux filles mariées sont restées sous les bombes en Syrie ; son mari est seul à Beyrouth... Et elle, en France, soutenue par les associations, erre, dérive, on dit qu'elle est instable psychologiquement... Les femmes éprouvent plus de difficultés à abandonner les pratiques culturelles de leur pays d'origine. Elles sont dans les souvenirs. Elles restent enfermées... Ce sont leurs enfants souvent qui les forcent à venir participer aux cours de langue française... Cet homme, 52 ans, est hébergé depuis 4 mois avec sa femme et ses 5 enfants (étudiants et lycéens) dans de très bonnes conditions. Mais il attend toute la journée. Il ne sait pas quoi faire. Il regarde la télévision en français. Que faisait-il là-bas, chez lui ? Il était chauffeur de taxi.

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