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Les manuscrits

Publié le par Chantal Vieuille, éditrice

marie3.jpgJe connais une écrivaine, qui écrit ses manuscrits à la main, puis sur une machine à écrire de marque Canon ; cette écrivaine-là ignore l'environnement du web, ne connait pas l'usage d'internet et range avec précaution tous les manuscrits non publiés dans une armoire métallique à étagères. "Au cas où la maison prend feu", dit-elle" les manuscrits seront sauvés, n'est-ce pas ?" Pendant peut être dix ans encore, nous rencontrerons des auteurs de manuscrits, les vrais, ceux qui ont été écrits à la main. Puis il n'y en aura plus. Les auteurs d'aujourd'hui sont habitués à faire beaucoup trop de choses en dehors de l'écriture du manuscrit. La plupart en réalisent la mise en pages. Ce n'est pas une bonne idée de présenter un texte à un éditeur après l'avoir mis en pages. L'éditeur a besoin de lire le texte dans sa continuité, dans son intégralité, dans sa brutalité.
Désormais les manuscrits avec des ratures, des coupures, des collages, des notes dans les marges, etc, ont disparu. Plus tard, lorsqu'on étudiera les oeuvres d'écrivains, on ne saura plus comment sont nés les livres. Parce que les manuscrits ont disparu. Les ordinateurs sont des machines à vie réduite, quand ils meurent, c'est tout le contenu qui disparaît aussi. A moins d'avoir agi prudemment avec un disque dur de sauvegarde. Mais là encore le boîtier est programmé pour disparaître. Parce que notre mode de vie est configuré de telle façon que nous consommons, que nous produisons, dans l'ignorance de notre devenir, ou pire de notre après... les manuscrits sont en voie de disparition, remplacés par des tapuscrits, prochainement remplacés par des textes anonymes, au format standard, à la présentation classique, sans valeur. Les manuscrits sont devenus des objets rares et précieux.

Le Musée Jacquemart-André accueille, du 11 septembre 2009 au 11 janvier 2010, les chefs-d’œuvre de la collection Brukenthal, l’une des plus prestigieuses d’Europe centrale qui rassemble des œuvres flamandes des plus grands maîtres du XVème siècle au XVIIème siècle : Van Eyck, Jordaens, Bruegel, Memling ou Teniers.

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Nusch, portrait d'une muse du Surréalisme

Publié le par Chantal Vieuille, éditrice

Nusch couvPicassorecto webNous publions cet ouvrage à la fin du mois de mars 2010, ouvrage que nous avons composé avec ferveur et concentration. C'est un projet que nous préparons depuis deux ans, bientôt. Pour la première fois, le projecteur se braque sur la vie de Nusch (1906-1946), la seconde épouse du poète Paul Eluard. Pour la première fois, à la lumière de la poésie éluardienne, ce portrait inédit en langue française (prochainement une version en langue anglaise sera disponible) donne à voir une jeune femme, simple, humble, jolie, souriante et amoureuse. Follement amoureuse de "son Paul" qui partagera 16 années de sa vie.
Si amoureuse qu'elle se consacrera à lui avec un dévouement excessif. C'est aussi l'histoire d'un couple, à travers le portrait de Nusch, qui peu à peu trouve un mode de vie, toujours ensemble, toujours entouré par les amis intimes.
Il était temps de lever le voile sur cette femme énigmatique, pour qui Picasso avait une si belle affection, merveilleusement photographiée par Man Ray, Dora Maar, Lee Miller, Brassaï. Une femme silencieuse devenue modèle du peintre, du photographe, muse du poète, aux heures les plus riches du Surréalisme.
On n'avait jamais parlé d'elle. On évoquait sa mémoire de façon un peu désinvolte auprès du poète qui mourut six années après la petite Nusch, comme il l'appelait si tendrement.
Nusch fut la muse. Elle a organisé autour du poète un univers simple dans lequel les désirs comme les rêves purent circuler librement. Nusch était complémentaire de Paul, c'est pourquoi ils vivèrent l'un si près de l'autre.
Et puis pour la première fois, on découvre le travail artistique de Nusch, une petite oeuvre de collages composés de six productions. Grâce au collectionneur américain Timothy Baum qui a rédigé un texte de présentation, nous avons pu les reproduire dans l'ouvrage.

Ce beau livre peut être commandé sur le site www.artelittera.com
ISBN : 9782-9536249-0-8
 Mais également chez votre libraire habituel en France ou à l'étranger (DILICOM).
128 pages. 50 photographies. Format 18 x 24 cm. Prix : 40 euros

Artelittera éditions, adresse postale : 12 Bld Port Royal 75005 Paris / Téléphone 33(0)1 45 87 97 53 /

 

 Pour le commander directement chez l'éditeur, envoyer un chèque de 40 euro à l'ordre de Artelittera à l'adresse suivante : Artelittera, 12 boulevard de Port Royal 75005 Paris France (adresse postale uniquement).

 

 

Pour consulter gratuitement 30 pages  de ce livre, vous pouvez cliquer ICI

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Donner aux enfants toutes leurs chances

Publié le par Chantal Vieuille, éditrice

munch_cri.jpgC'était le titre de l'émission radiophonique, Questions d'éthique, animée par Monique Canto Sperber, entourée de ses invités, Pierre Tapie, président du groupe Essec et Louis Vogel, président de l'université Panthéon Sorbonne. Le sujet choisi est d'une importance réelle. Le ton était juste, les propos intelligents mais révélateurs d'une certaine innocence, voire inconscience... Et ce n'est pas là une critique. Comment prendre conscience lorsque l'on a choisi de consacrer sa vie à l'étude, de ce qui se passe réellement dans une salle de classe ? L'agression d'un lycéen met à nouveau la communauté des enseignants en émoi devant la violence et en colère contre cette indiscipline permanente qui empêche les acquisitions, les apprentissages, les conduites de projets pédagogiques. Que signifie l'indiscipline ? Elle trahit l'ennui, elle révèle l'état de confusion ou de désordre intérieur dans lequel se trouve l'indiscipliné. Tout cela est manifeste de la perte totale des repères de la culture. Et comme le pouvoir politique ne sait pas quoi inventer pour ne plus transmettre cet héritage culturel, mieux encore ! voilà que l'on supprime les cours d'histoire dans les classes de terminales scientifiques...
Plus que jamais nous aurons besoin de femmes et d'hommes cultivés, lettrés, capables de nous transmettre la pensée des philosophes. La société manque de penseurs, d'écrivains. Cela deviendra, à force d'éradiquer les principaux aspects de la culture, un drame...
Parler avec des mots justes, sans injures, sans grossièretés est la marque d'un respect de soi, et un respect de l'autre. Accéder à l'indiscipline du langage c'est perdre sa liberté. Revenir à la connaissance de la langue, à la pratique de l'écriture, c'est une ambition à laquelle tout le monde peut parvenir, quelque soit le niveau social.

Voir l'exposition Les Vanités au Musée Maillol, Paris, 2010

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Les mots justes

Publié le par Chantal Vieuille, éditrice

jan-fabre-louvre-only-acts-of-poetical-terror-L-3-copie-1.jpeg" Je suis sont deux très humbles syllabes prononcées quotidiennement soixante-dix fois par jour par n'importe lequel d'entre nous : " je suis en retard...je suis enrhumé... je suis fatigué... je suis ici... je suis sur le point de partir..." (page 121 de L'Envers de l'esprit de Valère Novarina)
Volontairement je tire ces phrases de leur contexte. La citation est un prétexte pour rappeler que notre langue et notre écriture sont peuplées de ces petits mots et que la plupart du temps ce sont eux, les véritables indicateurs de la tragédie qui peut se dérouler au-delà des mots et des images.
Il y a ces mots là, simples et puis il y a nombre d'autres mots qui composent des registres où ces derniers se révèlent prétentieux ou savants, mais aussi où d'autres s''avèrent être des mots justes, ceux dont nous abons besoin précisément pour dire ce qui se passe. Toute la difficulté de l'écriture c'est de trouver le mot juste. Il y a des textes qui ne veulent rien dire parce que précisément ils ne comportent aucun mot juste...
Traduire l'amour ou la colère, transmettre les émotions et les exposer comme cela pour informer, faire savoir faire comprendre... Ce sont les mots qui nous aident de peu ou de beaucoup pour signaler que nous sommes là.

Oeuvre de Jan Fabre présentée au Musée du Louvre en 2008, Paris.

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Les catalogues

Publié le par Chantal Vieuille, éditrice

imagesothoniel.jpegLe catalogue représente un livre particulier. En effet, c'est un livre qui accueille une énumération de choses, voire une liste de produits. Quand on dit catalogue, on pense immédiatement "catalogue de vente par correspondance", celui du Chasseur français rangé aujourd'hui au rayon des antiquités, remplacé à présent par les catalogues des 3 Suisses ou de La Redoute pour ne citer que les plus emblématiques de toute une série de catalogues commerciaux.
Le catalogue d'exposition d'art ou le catalogue d'un artiste, c'est encore un autre livre qui, à première vue, pourrait réaliser  une concept simple : une énumération d'oeuvres entrecoupée de quelques textes.
Le plus difficile pourtant dans le processus de l'énumération, c'est de concevoir une liste énumérative qui adopte un sens, ou suive une direction. Des textes se révèlent inutiles. D'autres, beaucoup plus importants. Les textes bourrés d'adjectifs et d'adverbes pour signifier la grandeur du peintre sont détestables. Un texte pour un catalogue d'artiste doit donner à voir l'oeuvre et non pas louer l'artiste. Et l'artiste, lui-même, est le plus mal placé pour savoir quel type de catalogue doit accompagner son oeuvre ou son exposition.
Et pourtant, les artistes ont de plus en plus besoin de s'appuyer sur le catalogue de leurs oeuvres, d'autant qu'ils sont de plus en plus nombreux à ne pas bénéficier du soutien d'un galeriste et à devoir se promouvoir eux-mêmes.
La réalisation d'un catalogue, de sa conception à l'impression forge un moment passionnant pour un éditeur qui met en jeu diverses pensées pour atteindre au final un seul objectif, la valeur de l'oeuvre.

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Anti éditeur ?

Publié le par Chantal Vieuille, éditrice

boltansky.jpgLes relations auteur / éditeur sont de type "passionnel". L'auteur est reconnaissant, fasciné, respectueux, mais aussi en colère, désapprobateur, mécontent, insatisfait... Tout çà, éprouvé à l'égard de l'éditeur. Finalement, l'auteur est la plupart du temps déçu par son éditeur. L'auteur dit : "on ne voit pas mon livre dans les bonnes librairies" ou bien " l'éditeur ne fait pas son travail".
Gardons-nous d'être anti-éditeur ! Etre éditeur est un métier qui attire et séduit. Je me souviens de cet homme, professeur à HEC qui me ramenant dans sa voiture à la fin d'un dîner, ne m'a posé qu'une seule question à propos de mon métier d'éditrice : "Et on peut gagner sa vie en faisant ce métier-là ?"...
Il avait raison de poser cette question. On dit que c'est un métier "noble" comme si nous étions encore au XIXe siècle. Etre éditeur est un métier d'exigeance qui subira dans les décennies à venir une réelle métamorphose.
Le développement de l'auto-édition avec tous les bons aspects que cela comporte ne doit pas développer un rejet malsain de l'éditeur. Ce dernier est le seul qui connaisse véritablement tous les secrets qui jalonnent l'existence d'un livre, avant même qu'il ne soit livre. Remettre en cause la chaîne du livre est un bon sujet. Il le faut, c'est nécessaire, et on le sait, déstabiliser cette chaîne va créer des dégâts majeurs, et notamment faire "couler" le bâteau des libraires. On peut remettre en cause dans la chaîne du livre le rôle de l'attachée de presse. Inutile, complètement inutile, car aujourd'hui un livre acquiert sa visibilité sur le web grâce à des outils fantastiques. On n'en parle pas, parce que cela concerne une petite poignée d'acteurs professionnels.
L'éditeur doit remettre lui-même sa fonction en cause en prenant des décisions quant à la diffusion de son ouvrage. Il lui faut beaucoup de courage pour ne pas céder à la tentation de faire comme les autres. Le livre doit-il circuler via la librairie ? La poser n'est pas une menace pour le libraire, ce dernier ne pouvant pas présenter l'ensemble de la production. Et c'est l'éditeur, celui qui connaît le parcours d'un livre pour parvenir jusqu'au lecteur, il n'y a que lui qui saura inventer de nouveaux modes de circulation du livre. A voir...


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