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Le monde de la pensée n'appartient pas aux constructeurs de téléphones portables

Publié le par Chantal Vieuille, éditrice

221__fr__MA__Niki-de-Saint-Phalle--La-Te.jpgLa campagne commerciale intensive d'Apple qui consiste à nous faire rêver d'un outil que nous n'avons pas sous les yeux ni entre nos mains, dont nous connaissons le nom, Ipad, et à propos duquel nous nous surprenons à rêver comme si la petite machine allait nous apporter ... Mais quoi en fait ?... Là, personne ne répond.

La grande bétise des éditeurs européens c'est d'être incapable de penser le monde du numérique.

L'arrivée en France de l'Ipad montre que Hachette et ses filiales sont les seuls éditeurs à avoir mis les pieds sur la planète Ipad. Via leur boutique Numilog.

Il n'y a pas de pensées qui circulent quant à la manière dont nous pourrions faire circuler les écrits (pas forcément des livres) sous format immatériel.

Tant et si bien que les écrivains et les éditeurs vont se trouver prisonniers de quelques géants de l'informatique, plus doués pour construire des ordinateurs et des téléphones portables. Prisonniers pourquoi ? Parce que chaque fois que vous achèterez un format immatériel sur votre ipad vous reverserez 30% à un constructeur d'ordinateurs qui n'a aucune idée de ce qui se passe à l'intérieur des livres qu'il vend.

Tant et si bien que ces géants de l'informatique vont nous faire croire que le format immatériel d'un texte c'est comme un jeu vidéo, et que peu à peu on ne lira pas vraiment les textes, mais on jouera avec des boutons sur un écran... et très vite la lassitude, le désintérêt se substitueront à l'engouement.

Rien ne nous dit que les clients seront nombreux pour acheter l'Ipad.

C'est pourquoi, nous qui avons conçu ARTELITTERA, première plateforme francophone de téléchargement de livres, nous demeurons soucieux et attentifs au fait que les auteurs ayant forgé des processus de pensées et de réflexions autour d'une oeuvre, d'un fait artistique ou littéraire, d'un évé,ement culturel, etc. puissent demeurer en contact direct avec leurs lecteurs. La plateforme ARTELITTERA propose des fichiers PDF de chapitres de livres à télécharger directement sur son ordinateur et sur son téléphone portable (avec une application gratuite de lecture de PDF).

Les auteurs comme les éditeurs semblent pris de cours dans ce vaste monde du téléchargement. Pourtant, il est simple et lisible. Mais il met en jeu deux générations, la première celle des éditeurs est enfermée dans les enjeux du livre ; la seconde celle des lecteurs, les jeunes en particulier sont nés en pianotant sur le clavier deleurs parents...

ARTELITTERA est un concept unique en Europe et dans le monde : il propose d'acheter au prix fixe d'un euro le ou les chapitres en français de son choix extrait d'un essai, d'une étude, d'un compte rendu d'acte de colloque... le tout se rapportant pour le moment aux disciplines littéraires.

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Elie Ayache, auteur de "The Blank swan : the end of probability"

Publié le par Chantal Vieuille, éditrice

0470725222.jpgElie Ayache, dont j'ai été la première éditrice en publiant "L' écriture postérieure", vient de publier en anglais chez Wiley, "The Blank swan, the end of probability" (Le cygne blanc, la fin des la probabilité). Je ne me permettrai pas de commenter cet ouvrage, compliqué pour moi, consacré aux nouveaux marchés financiers qui émergent dans cette période agitée.Ce qui m'intéresse c'est la force de l'écriture qui permet à l'écrivain de développer une pensée contingente. Elie Ayache, peu reconnu dans les milieux intellectuels français, parce que atypique et non relié directement à l'université en dehors de laquelle en France il n'est pas permis de "penser" exprime une argumentation singulière qui repose à la fois sur la philosophie contemporaine et les mathématiques. Qu'est ce la pensée ? Un développement en arborescence d'un ensemble d'idées tirées du monde la connaissance qui justifie de prendre telle ou telle position. Ecrivain d'algorythmes, Elie Ayache redéfinit l'univers des produits dérivés de la finance en proposant sans doute de nouveaux modules mathématiques. Lorsque en automne 2008, les bourses se sont effondrées, l'ensemble des commentaires prédisaient la fin des marchés. Elie Ayache, d'une voix déterminée, prédisait le renouveau des marchés. C'est ce que l'on observe aujourd'hui. Ce que j'aime dans l'écriture d'Elie Ayache, c'est qu'elle est à la fois scientifique et émotionnelle. Elle est singulière, façonnée par l'indépendance que revendique l'auteur. Elle est obsédée par des sujets, car il n'y a écriture que si le sujet est là. Elie Ayache possède ses sujets, comme un vrai propriétaire. Celui qui me réjouit le plus, c'est le sujet des "hôtels de luxe" à travers le monde...

Sans doute ce dernier livre d'Elie Ayache fera-t-il l'objet d'une publication en français. Pour lire régulièrement les propos de l'auteur, on peut se reporter sur les pages de son blog intitulé "après le marché".

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A la BNF, la collection de Jacqueline et Alain Trutat

Publié le par Chantal Vieuille, éditrice

 

expo_collection_trutat_gd.jpgDu 18 mai 2010 au 20 juin 2010 François-Mitterrand / Galerie des donateurs

Alain et Jacqueline Trutat ont été les amis de quelques grands artistes et écrivains français : parmi eux, Paul Eluard. A partir du printemps 1946, le jeune couple Trutat voisin des Eluard, entre dans le modeste appartement des Eluard, abritant des trésors littéraires.

A lamort rutale bde Nusch, fin novembre 1946, le couple Trutat passe leurs jours et leurs nuits près du poète en souffrance. Jacqueline lui offre son corps et sa tendresse. On ne le dira jamais assez, les quelques années que Paul aura encore à vivre, il les doit à l'ardente amitié de ce couple.

Aujourd'hui, le BNF présente quelques joyaux de l'importante collection de livres et manuscrits cédés par Jacqueline Trutat, dont plusieurs livres d'artistes signés Eluard, dédicacés à Nusch, puis offerts à Jacqueline et Alain Trutat.

Une occasion supplémentaire de vous rappeler la toute récente édition de la première biographie de Nusch Eluard enrichier de photos de Man Ray, Lee Miller, Dora Maar, sous le titre "Nusch, Portrait d'une msue du Surréalisme", Artelittera éditeur..

Cet ouvrage est en vente dans la librairie de la Bibliothèque Nationale (Allée Est).

Pour avoir un aperçu les pages de ce livre, vous pouvez cliquer ICI

 

Note : Une relation intime entre les deux couples a débuté quelques mois avant la mort de Nusch,  enrichie par des  jeux charnels. A la mort de Nusch, fin novembre 1946, Paul Eluard, s'effondre. Les années qui suivirent, Alain et Jacqueline Trutat seront constamment présents, près de lui, pasant des heures en sa compagnie chez lui et l'accompagnant dans tous ses voyages. En février 2009, nous avons demandé à Jacqueline Trutat de nous recevoir pour évoquer ces derniers mois de la vie de Nusch. Elle nous a opposé un refus, au prétexte d'être fatiguée.

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Les relations entre l'écrivain et l'éditeur

Publié le par Chantal Vieuille, éditrice

annette_messager.jpgRelations passionnées,jalonnées de rencontres, de tensions, de désirs, de conflits entre l'éditeur et son auteur. Dès le début, il peut se produire une méprise. Si l'éditeur retient votre manuscrit, ce n'est pas pour autant qu'il vous aime. Mais souvent l'auteur que vous êtes, souffrez de solitude, d'un manque de dialogue autour de votre manuscrit. Alors soudain, quand cet éditeur vous prévient qu'un jour il publiera votre texte, vous voilà heureux, joyeux... et vous mélangez naïvement l'émotion à une décision d'ordre professionel.

Dès lors que s'engage le travail afin de préparer ce manuscrit retenu vers la publication, le contrat d'éditeur est signé. Très important, ce contrat ! Il donne un cadre à la relation entre les deux parties. Tant mieux ! 

L'éditeur devient le représentant de votre futur livre. Désormais, vous avez des rendez-vous avec votre éditeur. Vous discutez avec lui, vous vous confiez même sur votre existence personnelle, vous déjeunez au restaurant, on oublie le livre, on parle d'autres choses, on revient au livre. Vous devenez un écrivain. Vous lui téléphonez, vous lui envoyez des courriers électroniques, vous lui dites combien vous êtes heureux ! Enfin votre éditeur vous accompagne.

Malheureusment, les choses peuvent se gâter. Il arrive souvent d'entendre les auteurs, une fois le livre publié, se plaindre de l'éditeur. "Il ne fait pas son travail ! Mon livre ne se voit pas en librairie ! Il s'enrichit sur mon dos ! Il ne me dit jamais combien d'exemplaires ont été vendus !" Tous les éditeurs connaissent ce revirement. Certains auteurs, plus haineux que d'autres, engagent des procédures judiciaires contre leur éditeur. Rarement les éditeurs sont pris en flagrant délit de ne pas avoir fait véritablement leur travail.

Forcément parce que vous êtes devenu un écrivain, vous exprimez une grande confiance en vous, en votre oeuvre ! Et puis le fait d'avoir pu être enfin publié vous confère une certaine autorité !

Combien d'éditeurs ayant accordé intérêt et passion à l'égard d'une oeuvre littéraire inconnue ont-ils accumulé des dettes financières, mis en péril leur propre existence ? Ceux-là n'ont jamais reçu la moindre reconnaissance de la part de leurs auteurs. Ceux-là ont dû fermer la porte de leur entreprise, sans aucun bénéfice, sans amour.

Alors, oui ! la relation entre l'auteur et l'éditeur est délicate, fragile, soumise à des variants. Il faut écarter la part du désir. C'est le désir qui irradie la confusion.

Ainsi étant éditrice, je m'interdis de tutoyer les auteurs que j'édite. Le vouvoiement pose une distance nécessaire entre l'auteur et moi-même. Autre point, toujours entretenir ou maintenir le dialogue avec l'auteur. Eviter de s'engager avec des auteurs qui proposent des manuscrits sans doute de qualité mais qu'on sera incapable de défendre, et donc à terme on sera confronté à des problèmes.

L'auteur doit faire preuve lui-même de réalisme. La reconnaissance, la gratitude, le remerciement sont autant de paroles qui préservent la relation auteur / éditeur de la mésentente. Car c'est l'objectif à atteindre. Accepter que votre livre soit un pur échec commercial, même si cette réalité se révèle fort désagréable. L'éditeur aujourd'hui dispose d'une place qu'on lui conteste. Avec l'avénement du numérique, il peut disparaître... Il y parviendra, sans doute, car l'éditeur a du mal aujourd'hui à se remettre en cause. Mais l'auteur tout seul, que va-t-il devenir ? C'est donc aujourd'hui dès maintenant qu'il faut réinventer la relation auteur éditeur. A suivre.

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