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Le virage du numérique des éditeurs français

Publié le par Chantal Vieuille, éditrice

images-copie-5.jpgA l'initiative de Flammarion, l'annonce que des livres français vont enfin apparaître sur le Kindle d'Amazon, premeir cyber libraire américain et mondial, montre que les acteurs de l'édition française en matière de numérique adoptent des comportements conformistes et suiveurs.

Alors que les libraires français s'adaptent très bien à l'émergence de nouveaux outils de lecture et que les chiffres d'affaires se maintiennent, alors que les écrivains étrangers et notamment américains soulignent les qualités dynamiques du système français de la circulation des livres, on observera que l'annonce de l'arrivée de livres français sur la machine Kindle est célébrée par la presse comme une sorte de révolution.

Peu de commentaires portent sur le fait que actuellement un seul acteur mondial gère la circulation des livres via un système fermé, le Kindle. Au point d'ailleurs que les éditeurs français ont dû céder sur ce point en acceptant de confier leurs versions numérisés pour qu'elles soient ensuite transformées et mises aux nosmes du Kindle.

Ce sont tous les éditeurs, français et étrangers qui commettent sans doute une grave erreur et se défont de leurs rôles d'éditeurs, le garant de l'intégrité de l'oeuvre.

Un outil fermé de lecture dont le propriétaire unique est devenu l'unique cyber libraire du monde : ca fait réfléchir quant aux pouvoirs du monde d'autant que la politique d'Amazon s'oppose en tous points avec la philosophie du web. Amazon par le biais d'un système dictatorial imposé depuis son ouverture aux éditeurs et aux lecteurs n'en finit pas d'abuser le monde comme toutes les dictatures, qu'elles soient poltiques ou commerciales.L'éthique peut faire bon ménage avec le business.

 

Il faut oeuvrer pour une circulation multi canal des livres, via des systèmes ouverts, français et étrangers, répondant chacun à un besoin régulier, ou aléatoire du lecteur.

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Financer des projets innovants dans l'édition numérique

Publié le par Chantal Vieuille, éditrice

index.jpgSuite au billet que j'ai publié il y a quelques jours sur le manque d'innovation du Labo de l'édition, il apparait que de nombreux commentaires font état du manque de financements en France pour les entreprises innovantes qui démarrent.

 

Je vous invite à prendre connaissance de tous les commentaires qui ont été déposés après lecture de ce billet y compris celui que vous êtes en train de lire.

Des informations intéressantes y figurent.

 

Il faudrait s'entendre ou comprendre sur les sens que l'on accorde au mot innovation.

Tous les modèles qui intéressent les investisseurs sont ceux qui dégagent des revenus publicitaires car l'économie du web actuellement est fortement liée aux revenus publicitaires.

En d'autres termes, le plus innovant des projets tombera dans les oubliettes si les promoteurs du projet n'ont pas mis un dispositif capable de générer des revenus publicitaires.

De ce fait le terme "innovation" perd du sens.

Aujourd'hui 21 septembre, les informations liées à la bulle internet relèvent ceci :


 Magisto, 5,5 millions pour des outils vidéo
 Crowdtwist, 6 millions pour animer la fidélité
 ActivePath, 10 millions pour l’e-mail interactif
 InMobi, 200 millions pour la pub mobile
 MeLLmo, 30 millions pour les apps business
 Longboard Media, 6 millions pour de la pub
 10gen, 20 millions pour le support de MongoDB

 

Ce qui fait beaucoup de millions de dollars si on les additionne. Derrière cette montagne de chiffres, se cachent d'autres réalités qu'on ne dit pas. Le monde des investisseurs est par définition un monde opaque. Il n'y a qu'à réfléchir au dernier trader pris en plein délire bancaire à Londres...

Les entrepreneurs français qui se sentent "abandonnés" peuvent frémir et se sentir encore plus abandonnés ! Il y a donc un discours français et peut être européen (je n'ai pas suffisamment de données pour l'Europe) qui est en parfaite inadéquation avec le discours business et financier développé dans le monde anglo-saxon.

On peut penser, compte tenu du krach boursier silencieux auquel nous assistons, que ces bulles largement financées par les investisseurs ne résisteront pas au choc. On peut penser que ces entreprises pourraient s'écrouler avant que les investisseurs perdent leur argent...

Qui dit "innovation" suppose d'inventer de nouveaux modèles ?

En tant que directrice de la plateforme Artelittera, je continue de penser que les modèles proposés en France dans le secteur de l'édition électronique manquent totalement de perspectives et sont désuets.

Les investieeurs sont des prédateurs. Il faut réguler et réguler encore.

Innover c'est une procédure d'intelligence qui passe par l'analyse et la réflexion.

Il y a sûrement des réponses quelques parts ?

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Le Labo de l'édition à Paris : une solution à contre-courant de l'innovation

Publié le par Chantal Vieuille, éditrice

images-copie-4.jpgLe Labo de l'édition, a été lancé depuis janvier 2011 par la Mairie de Paris, sous forme de communiqués d'abord, puis physiquement dans un ancien local ayant hébergé naguère des services de la Sécurité sociale au 2 rue Saint Médard, 75005 Paris, non loin du Métro Monge. Pour le moment, le lieu est fraichement repeint mais il est vide, fermé au public, n'offre aucune identité visuelle et n'exprime aucune signification particulière.

Le projet, quel est-il ?

A la fois incubateur de projets innovants et plateforme d’information et de rencontres sur les mutations du secteur, le labo de l’édition va accompagner les acteurs traditionnels dans leur adaptation aux enjeux du numérique et aider les jeunes pousses de ce secteur à croître et à trouver leur pérennité professionnelle. Piloté par Lyne Cohen-Solal, adjointe au Maire de Paris chargée du Commerce, de l’Artisanat et des Métiers d’art et Jean-Louis Missika, adjoint au Maire de Paris chargé de l’Innovation, de la Recherche et des Universités, Le labo aura également pour vocation de s’ouvrir au grand public, et de contribuer ainsi à la diffusion de l’information sur les nouveaux supports et nouveaux usages.

 

Derrière cette présentation officielle qui fixe des objectifs particulièrement vagues, se cache une autre réalité. Depuis mai 2011, cet organisme (très flou, très mystérieux, c'est quoi au juste ? pas clair du tout) a lancé un appel pour que se présentent de nouvelles entreprises du secteur de l'édition numérique qui souhaiteraient bénéficier du statut "d'entreprises incubées". Il semble que 40 dossiers aient été reçus. Partant de ces candidatures, chacune des entreprises est convoquée pour un entretien de présentation.

L'entreprise Artelittera que je dirige a fait ce parcours et a été convoquée à un entretien à la fin du mois d'août 2011. Dans ce local vide, sans âme, nous étions 2, l'un en face de l'autre. L'entretien a duré 1 heure 30. Mon interlocuteur, très aimable, mais pas forcément à l'aise dans ce milieu de l'édition et du numérique (il appartient à un organisme de formation qui a remporté l'appel d'offre lancé par la Mairie) qu'il ne semble pas connaître. Et au fil de l'entretien, voilà que se dévoile le contenu mystérieux du projet le Labo de l'édition : chaque entreprise retenue pour faire partie du Pôle incubateur (situé au premier étage du local) devra s'acquitter pendant 18 mois (durée globale de la relation entre l'entreprise et le labo de l'édition) de la somme de 1000 euros mensuels + 150 euros par poste informatique. En contrepartie, l'entreprise bénéficiera de "services mutualisés et d'un accompagnement personnel sous forme de 8 demi journées de formation sur 12 mois". Il est précisé que des subventions possibles peuvent être accordées, par l'intermédiaire de la structure Oséo...

 

Une fois passé l'état de sidération dans lequel on se trouve lorsqu'on prend connaissance d'un projet aussi vide de sens, on peut prendre sa calculette et faire des multiplications et parvenir au stade de la conclusion.

Le Labo de l'édition ou comment la Mairie de Paris, sous couvert de soutenir fortement la communuaté des libraires, éditeurs, start up numériques, etc. réalise un projet de gestion immobilière pour rentabiliser un local sans fonction particulière.

L'entreprise numérique, quelqu'elle soit, dispose de caractéristiques très particulières : elle agit dans le monde de l'immatériel, elle est en prise directe avec le monde de l'internet, source première d'informations, de relations, de communications, enfin, si cette entreprise numérique s'inscrit dans le secteur des savoirs numérisés, elle s'inscrit dans une dimension internationale.

Le Labo de l'édition propose une solution qui a 50 ans de retard sur notre mode de fonctionnement et de pensée contemporaine.

Encore une fois, ce projet illustre l'incompétence des pouvoirs politiques. Il témoigne d'une profonde méconnaissance des enjeux de l'édition numérique.

J'ai personnellement signalé par courrier électronique début septembre 2011 que mon entreprise Artelittera ne devait plus figurer parmi la liste des "prétendants". Mon interlocuteur n'a pas donné de réponse à mon message.

Time is money ! Les acteurs de l'édition numérique, petites ou grandes structures, n'ont bien évidemment aucune minute à perdre dans un territoire sans avenir.

 

 

 


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L'harmattan, premier éditeur français en version numérique

Publié le par Chantal Vieuille, éditrice

images-copie-3.jpgLes éditions l'Harmattan, bien connues dans le monde éditorial pour avoir constitué depuis 1975, date de création des éditions par Denis Pryen, un catalogue de plus de 30 000 livres, avec plus de 17 500 auteurs représentés, sont incontestablement aujourd'hui l'éditeur francophone de loin le plus important.

C'est un catalogue qui met en valeur la pensée contemporaine dans sa dimension plurielle, abordant tous les sujets, jouant sur le thème de la francophonie dans une France assez indifférente à la dimension de ce concept.. Toutes les disciplines y sont représentées, littérature, sciences humaines, spiritualités, économie, poésie, histoire, philosophie, politique, etc. La maison d'édition, via son réseau de librairies à Paris et à l'étranger, bénéficie d'un rayonnement en Europe, en Afrique, au Canada que beaucoup d'éditeurs, sans le reconnaître publiquement, envient fortement.

Certes on peut reprocher à l'éditeur de n'être pas soucieux d'esthétique en matière de présentation des couvertures, de jouer " à l'économie" quant aux régles de mises en pages, de ne pas jouer sur le principe de la séduction à l'égard des lecteurs donc acheteurs des livres.

Aujourd'hui, dans ce catalogue foisonnant, on ne peut pas reprocher aux éditions l'Harmattan d'avoir fait leur métier d'éditeur, soit être des passeurs de textes.

Les éditions l'Harmattan, qui ont mis au fil des années un modèle économique très intéressant fondé sur une organisation horizontale avec des branches et des ramifications, ont accueilli les perspectives du numérique dès la première heure, faisant fi du scepticisme de leurs confrères français éditeurs.

Elle avaient adopté la même attitude lorsque la pratique de l'Internet a commencé à se généraliser. C'est l'un des premiers éditeurs à avoir mis en oeuvre un site internet de commandes de livres en ligne.

En 2011, les éditions l'Harmattan sont distribuées par  les quelques acteurs du numérique. Elles ont créé leur propre label de distribution de ebooks, l'Harmathèque. Elles poursuivent une production intense en version papier et adjoignent systématiquement la version numérique. Les éditions l'Harmattan ont été l'une des premières maisons à rejoindre la plateforme de distribution de chapitres de livres Artelittera.

Implantées au coeur du 5° arrondissement à Paris, le territoire privilégié pour la librairie et l'édition française, les éditions l'Harmattan, dont la majorité des auteurs sont des intellectuels et universitaires français et francophones, agissent au coeur d'une actualité et témoignent d'une audace qui fait défaut à la majorité des éditeurs français.

C'est une question d'image, me direz-vous ?

Publié dans édition

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