Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Le salon du livre à Paris - 2012

Publié le par Chantal Vieuille, éditrice

images-copie-8.jpgLe Salon du livre de Paris a ouvert ses portes ce vendredi 16 mars 2012.

La manifestation est immuable : tout est toujours comme les années précédentes alors que chaque fois les effets d'annonce préviennent que ça va être nouveau !

Des stands portant respectivement le nom d'une maison d'édition : pour les labels les plus importants, de jeunes libraires embauchés le temps du salon vendent les ouvrages et  répondent aimablement aux questions des visiteurs, l'un venu porter un manuscrit, un autre venu porter un CV, un autre encore à la recherche d'un membre de la maison d'édition, etc.

Pour les stands des régions de France, autant de maisons d'édition présentes. Au fond du Salon un stand immense consacré à la littérature japonaise. Le responsable japonais, un homme d'affaires japonais, dynamique et parlant très bien français, m'explique que ce stand a été loué par une association qu'il dirige chargée de faire connaître à travers le monde une vingtaine d'écrivains japonais, parmi les plus classiques. Ici aucun éditeur japonais ne s'est déplacé.

Dans une allée latérale près de la sortie du salon, sont regroupés les acteurs du numérique français : c'est peut-être le seul espace où l'on rencontre des responsables, hommes et femmes, engagés dans leur activité et bien décidés à faire valoir leur outil, leur plateforme, leur logiciel.

Sur le stand des liseuses, des visiteurs entourent certaines marques dominantes de liseuses sur le marché, demandent les prix, se laissent tenter par une démonstration, mais les allées sont calmes et sans aucune dynamique professionnelle.

Un salon sage et tranquille, conventionnel, dénué de fantaisie. Un salon français replié sur lui-même, où l'édition française se tait sur l'ouverture, aujourd'hui même, de la grande librairie mondiale Google France. Pas un mot alors que tout est à craindre pour l'activité de la chaîne du livre en France. Et quand je discute le directeur commercial et marketing d'un important label français, à propos de la valorisation numérique de ses ouvrages, il répond calmement : "Nous n'avons rien fait, nous attendons." Signe que l'édition en France n'a pas pris le train du numérique en route.

Le salon du livre de Paris est une librairie, pendant quelques jours, où se retouvent quelques amoureux de la lecture, des collégiens envoyés par leurs professeurs et des badauds.

Heureusement à Paris c'est un jour de printemps, on n'a qu'une hâte, quitter le salon pour profiter de ce jour très ensoleillé !

Publié dans édition

Partager cet article

Repost 0

Le 8 mars est un hommage aux femmes

Publié le par Chantal Vieuille, éditrice

images-copie-7.jpgLe journal Le Monde daté du 9 mars 2012 a choisi un visuel fort en première de couverture pour illuster cette journée du 8 mars 2012, dédiée aux femmes : le visage d'une femme voilée de confesssion musulmane au visage lumineux, en train de regarder son téléphone portable. Le message est cette année tout entier consacré aux femmes du Printemps arabe.

Le 8 mars est plus que jamais nécessaire.

La condition des femmes occidentales est fragile, sans cesse menacée par une domination masculine dont la plus horrible illustration se lit au travers des violences sexuelles..

Les femmes du féminisme des années 60-70, devenues pour la plupart des grands-mères ou arrières grand-mères ont perdu le lien avec les jeunes filles d'aujourd'hui, ignorantes de l'histoire des femmes, prêtes à rejeter des acquis, prêtes à accepter des comportements machistes.

La montée croissante du religieux au sein de l'état laïc fait resurgir des images que l'on croyait disparues.

Ne banalisons pas les images de femmes voilées.

Il y a dans certaines communautés urbaines des jeunes filles qui sont convaincues qu'il faut marcher derrière les hommes, qu'il faut baisser les yeux quand un homme les regarde, qu'il faut se voiler pour respecter une parole attribuée à un Prophète qui, dit-on, ne l'aurait jamais prononcée, qu'il ne faut pas prendre la pilule parce que nocive pour le corps,qu'il ne faut utiliser des tampons hygièniques parce que ça déflore l'hymen...

Tout cela équivaut à des mensonges qui favorisent des comportements de régression. C'est l'obscurantisme qui s'abat sur des jeunes filles, même élevées en France, que l'on tente de culpabiliser et de soumettre au pouvoir des hommes.

Alors, cette image photographique du Monde est à lire avec beaucoup de précaution : beaucoup d'hommes et de femmes, de confession religieuse différente, souffrent en silence de voir ces jeunes filles entraînées à suivre des comportements d'asservissement.

Mais leurs paroles sont étouffées sous le poids d'une autre parole, celle-là mensongère. Pour garantir aux femmes ce monde de liberté et d'indépendance, Il faut préserver la laïcité. Il ne faut pas relâcher le combat  des femmes, afin de défendre leur liberté, leur féminité, leur intelligence, leur beauté. Et plus que jamais, à travers cette journée du 8 mars, il faut privilégier le dialogue des femmes avec les hommes et bâtir ensemble une société de compréhension réciproque.

Publié dans édition

Partager cet article

Repost 0

La création littéraire et artistique est tombée en panne !

Publié le par Chantal Vieuille, éditrice

11996165Avec ce début des années 2000, l'explosion des usages liés aux téléphones mobiles, ordinateurs poratbles et maintenant les tablettes, force est de constater que si d'un côté on peut se réjouir de disposer d'outils performants pour stocker, visualiser, archiver, de l'autre, on ne peut que souligner la pauvreté qui s'étend dans le champ de la création littéraire et artistique. Rien que du "formel", du "conventionnel", du "reproduit", du "repris", du "refait". Il n'y a qu'à s'interroger sur le succès du film français The Artist, lauréat es Oscars aux USA. Pas un iota d'invention. Tout est emprunté à l'histoire. Tout est emprunté aux générations précédentes, comme si la génération actuelle n'était plus en mesure de s'affranchir du poids historique.

La culture underground, si elle doit bien exister quelque part, se trouve étouffée par des volumes massifs de machines et d'images.

L'individu est transformé en consommateur passif.

Le formattage, tel qu'il s'exprime à travers des sites web internationaux qui créent votre maison, votre apparence vestimentaire, votre mode de vie, mais aussi vos livres, vos tableaux, vos musiques, etc... Tout cela tue la part d'inventivité.

Si on y prend garde, le monde technologique nous asservira.

Si on se laisse aveugler par la puissance des réseaux sociaux qui nous invitent à tout montrer de sa vie personnelle, professionnelle, et autres, l'individu perdra le contrôle de sa faculté d'invention.

L'un des atoûts de l'homme est sans aucun doute celui de pouvoir imaginer, rêver, aller de lui-même vers le possible impossible.

Chaque décennie qui s'écoule, depuis le début du XXe siècle, laisse une marque, par ses inventions, entre autres, musicales et picturales. Les dix premières années de l'an 2000 n'ont rien laissé comme trace sauf celle des folies planétaires liées à l'argent et organisées à l'initiative de quelques dizaines d'hommes anonymes.

Nul doute que tout va se calmer, que la régulation du marché de l'art va devoir se produire, entraînant de nouveaux critères pour évaluer la valeur d'une oeuvre.

Nul doute que des créateurs vont réagir contre cette torpeur ambiante au sein de laquelle le pouvoir de l'argent associé à celui des machines, tue toutes les formes de contre-pouvoir, du moins dans les apparences.

Sans doute, l'art  contemporain sous toutes ses formes va-t-il réinventer le temps des Utopies.

Publié dans édition

Partager cet article

Repost 0