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L'édition de livres érotiques, à la Foire internationale du Livre à Francfort 2012

Publié le par Chantal Vieuille, éditrice

C'est souvent un détail qui signale un phénomène de grande ampleur.

Le détail, c'est celui-là : à la Foire du livre de Francfort, à deux reprises alors que j'étais en rendez-vous sur des stands d'éditeurs étrangers, mon interlocuteur tape sur le clavier de son ordinateur le mot "érotique" pour voir si la fonction "recherche" de mon site dédié au monde universitaire fonctionne. Par deux fois, le test est bon : le mot érotique n'existe pas dans la base de données du site. Chaque fois je me fais la même réflexion personnelle : " pourquoi choisit-il ce mot ?"

Pendant les 4 jours de la Foire du Livre à Francfort (10 au 14 octobre 2012), en fin de journée, les humeurs à la détente, les sourires sur les visages fatigués parce que les bonnes affaires marchent et voilà qu'inévitablement la conversation dévie sur l'événement éditorial 2011-2012, le succès du "Fifty Shade of Grey". Le nom de l'auteur importe peu. Ce qui importe ce sont les millions de copies vendues à travers le monde ; en croisant les agents littéraires, certains révèlent le nom de l'éditeur français qui a déposé sur la table les millions d'euro pour paiement des avaloirs... 

Le succès du "Fifty Shade of grey" est tel qu'on n'aborde pas le sujet du livre, l'érotique SM. Une éditrice me parle d'une prochaine parution érotique, dans une maison d'édition d'Italie, qui va connaître un succès équivalent à celui de "Fifty shade of Grey". De quoi s'agit-il ? Elle me précise que c'est un livre érotique sur la passion amoureuse. Soit.

Le jeudi 4 octobre 2012, dans les colonnes du quotidien suisse Le Temps, on apprend qu'un banquier privé suisse, adepte de pratiques sado maso, a assigné au tribunal, un couple d'albanais, qui s'était chargé de lui organiser 2 soirées SM à la suite desquelles le banquier s'était vu embarqué dans un chantage avec tentative d'extorsion d'argent.Les petits plaisirs lui ont coûté la modique somme de 60 000 francs suisses.

Ca nous rappelle une affaire plus commentée, celle du banquier Stern qui en est mort.

Le monde de l'argent et celui du sexe vont de pair. Pas de plaisir. Pas de désir. Juste des euros ou des francs suisses pour traduire un immense vide intérieur.

Pas de quoi passionner les lecteurs.

Juste de quoi exciter les éditeurs.

Publié dans édition

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3 points de l'édition numérique à la Foire Internationale du Livre à Francfort 2012

Publié le par Chantal Vieuille, éditrice

francfort.jpgLa presse européenne et occidentale se fait l'écho d'un trait caractéristique de la Foire du Livre de Francfort 2012 : l'économie numérique s'implante dans l'édition. C'est indéniable : la Foire a accueilli cette année de très nombreuses sociétés qui propose des tablettes, des lecteurs, des solutions diverses et variées de valorisation de contenus. On parle des formats e pub, HTML5 et PDF, chacun s'accordant sur le fait que le PDF est majeur dans le monde entier.

A regarder de près, comment traduire ce phénomène tel qu'il a pu être observé, en toute indépendance, pendant les 5 jours de la Foire du Livre à Francfort ?

 

1. Domination de la pensée anglo américaine sur le secteur du numérique, laissant penser que les pays européens, asiatiques ou africains seraient bien incapables de concevoir une solution idéale pour faire valoir le numérique dans le secteur du livre. La réalité est autre : les Européens en particulier proposent des solutions intellectuelles de qualité pour allier économie du livre et économie numérique. Il convient juste de leur donner la parole.

 

2. Domination du concept américain : ce qui est simple est beau. Alors, arguant du fait que le choix du numérique est à retenir parce qu'il est simple à utiliser, le discours anglo américain gomme toute référence aux contenus pour juste souligner le geste simple et facile des 3 clics pour télécharger sur son ordinateur ou son e reader.

 

3. Domination de la technologie donnant l'impression de gommer les contenus intellectuels. Les écrans publicitaires, les panneaux d'affichage, les slogans commerciaux sur les stands reproduisent les images des machines et là dans la plus grande foire du Livre au monde, on oublierait presque que les éditeurs ont pour fonction de publier des livres.

 

Ces remarques proviennent du spectacle.

Au delà du spectacle, il apparaît que les éditeurs occidentaux sont préoccupés par ces machines tandis que les asiatiques, très actifs sur leur stands, recherchent, presque désespérément, des contenus de livres occidentaux à publier dans leurs propres pays.

Il apparait que les commerciaux anglo américains des sociétés technologiques brouillent les discours dès lors qu'ils suppriment toue référence à la valorisation des contenus.

Il apparaît également que les éditeurs français et allemands ne savent pas comment préserver la circulation des livres via leurs réseaux de libraires tout en développant des solutions numériques pour valoriser leurs ouvrages. D'où encore et encore cette sorte d'attentisme considérée comme une valeur négative face au numérique.

Il apparaît que l'Italie sauve la mise et, totalement décomplexée face à la cohabitation entre les formats livres et les formats numériques, accueille avec enthousiasme et curiosité toute solution destinée à favoriser le principe de la lecture et celui de la visibilité des productions éditoriales.

Il apparaît nénamoins que les éditeurs, toutes origines confondues, de par leurs réflexions, permettent d'apprécier avec sagesse et raison les atouts de l'édition numérique. Une excellente conférence donnée vendredi 13 octobre par un consultant anglais du Cabinet Sage, a rappelé aux éditeurs (une quarantaine de personnes anglophones étaient présentes dans la salle de conférence) les régles d'or pour intégrer le numérique dans la production éditoriale. Il y a donc une grande force de réflexion de la part des maisons d'édition qui sans rejeter les capacités du numérique se donnent le droit et le temps d'en apprécier les usages.

Les machines ne réduiront pas l'avenir du livre. Les solutions numériques ne seront appréciées par les publics qu'à partir du moment où les plaisir de la lecture et les plaisirs d'apprendre des connaissances seront assurés.

 


Publié dans édition

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Les "pigeons" : premier événement de démocratie citoyenne

Publié le par Chantal Vieuille, éditrice

images-copie-14.jpgAu départ, il y a une disposition dans la loi de finances 2013 qui impose de taxer à 58,2% les gains d'un chef d'entreprise ayant vendu sa société. 

Immédiatement des chefs d'entreprises notamment ceux de l'économie numérique se sont mobilisés sous le label Les Pigeons. Ce mouvement de défense des entrepreneurs français a utilisé des outils comme facebook, Twitter, les blogs, les mails, le bouche à oreille pour propager en quelques jours l'informations selon laquelle il fallait réagir et lutter contre cette proposition de taxation. C'est ce qu'on appelle la technique du "buzz" médiatique. Plus de 7000 abonnés au compte twitter. Plus de 50 000 likes sur la page facebook. Parmi les personalités emblématique s de ce mouvement : carlos Diaz (c'est lui qui met la première information en ligne), Fabien Cohen, PDG de Whoozer, Nathanael Ramos, Yael Rozencwajg, Guillaume decujis, co-fondateur de Scoop it, JM POtdevin, Marc Simoncini (fondateur meetic), Pierre Chappaz, etc.

Immédiatement, un dialogue a démarré entre les responsables politiques au Ministère des finances et les représentants de ce mouvement inédit. Dans un article publié sur la page de PublicSénat.fr, on peut lire : " Dans une tribune consacrée aux « mobilisations à l’heure du numérique » Niclolas Vanbremersh, consultant en communication, spécialisé dans les nouvelles technologies, décrypte le phénomène. Le mouvement des pigeons est d’après lui « une nouveauté » parce qu’il n’est pas mené par « [des] jeunes déclassés, [des] sans-papiers, mais des « entrepreneurs (…) ralliés à un mot d’ordre : on serait en train de tuer leur esprit (…) leur raison d’être (…). Cet épisode est nouveau et intéressant. L’inversion de posture du patron en victime, le procédé anonyme et massif de grogne, le réseau d’expression spontané contre la négociation en coulisses. Tout cela est inhabituel dans les rangs des patrons, même petits, même numériques. Il révèle des ressorts communs à de nombreuses formes de mobilisation numériques ».

Résultat de cette opération sans précédent : selon l’AFP des amendements au projet de budget 2013 pourraient, « si nécessaire », être déposés au sujet de l'imposition des plus-values de cessions d'entreprises. Fleur Pellerin, ministre déléguée aux PME et à l’Innovation, annonce que le gouvernement pourrait « moduler un peu » le taux à partir duquel les détenteurs de titres qui réinvestissent leur plus-value dans une autre entreprise bénéficient d’un abattement. Et Pierre Moscovici, ministre de l’économie annonce la mise en place d’une exonération totale pour les dirigeants qui réinvestissent l’intégralité de leur plus-value lors de la vente des parts de leur entreprise - dans l'état actuel du projet de loi de finances, il faut réinvestir 80% de sa plus-value dans une nouvelle entreprise pour être exonéré, sous conditions.

Le dialogue citoyen a pris forme et pourrait désormais, si les citoyens s'organisent pour cela, s'établir au sein de la démocratie française et européenne. Les chefs d'entreprises ont ainsi montré que les idées peuvent s'exprimer, être entendues et prises en considération par l'autorité politique.

Le mouvement des Pigeons sans doute fera date.

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Artelittera à La Foire Internationale du livre de Francfort (10-14 octobre 2012)

Publié le par Chantal Vieuille, éditrice

Logo-Artelittera--web.jpgArtelittera sera présent à la Foire internationale du Livre à Francfort : Hall 4.2. stand J445, parmi les éditeurs universitaires internationaux.

Notre présence à la Foire constitue une bonne progression de notre implantation dans le paysage international de l'édition numérique. Les rendez-vous qui nous attendent pendant les 4 jours de la Foire répondent à une demande précise et une volonté de la part des éditeurs de diversifier les solutions permettant de valoriser leurs catalogues d'ouvrages.

Nous observons la domination du marché anglo-saxon, indien et chinois pour ce qui concerne la gamme des solutions technologiques pour éditer un livre et le diffuser sur le web.

Nous observons également la qualité excellente du dialogue entre éditeurs, agrégateurs et distributeurs, à un niveau européen.

Dans le même temps, l'édition en France maintient toujours de bons chiffres de ventes de livres alors que les ventes des versions numériques sont d'un montant très réduit. Cet état de fait, que certains journalistes présentent comme un phénomène de régression par rapport aux Etats Unis (qui est loin d'être un pays de haute culture), est signe au contraire que les lecteurs français sont nombreux à fréquenter les librairies. Il y a donc encore en France une culture du livre qui n'a rien à voir avec la marchandisation de la culture. Avec le numérique, ne nous trompons pas de combats : ne cédons pas au pouvoir des "bidouilleurs" de machines à lire. Il faut intégrer les offres de livres numériques comme des solutions complémentaires.  Ne cédons pas à la pression de quelques blogueurs technologiques qui produisent des textes dans le seul but de faire vendre des machines et surtout pas encourager de nouveaux lecteurs à lire.

En revanche, restons attentifs aux observations des blogueurs-prospecteurs qui nous présentent l'avenir et nous forcent à réfléchir à demain. Que sera demain ? Sans doute il y aura encore des livres. Il y aura encore de la littérature. Mais il y aura aussi et surtout, des échanges de savoirs, à tous les niveaux. C'est là que se situent les aspects positifs des nouveaux outils de lecture : faire partager les connaissances et les enseignements ; assurer la transmission des cultures en diffusant le plus largement possible les écrits d'aujourd'hui et d'hier. Encire une fois, ne nous trompons pas de combat : avec l'édition numérique, c'est une fonction de valorisation de l'écrit qui se produit, pour le plus grand plaisir des lecteurs.


Ci-dessous, quelques blogs à recommander :

Le blog de Lorenzo Soccavo Chercheur indépendant en Prospective du Livre et de l'Edition: http://ple-consulting.blogspot.fr/

Le blog de Marc Jahjah, doctorant à l'EHESS sous la direction de Christian Jacob   : http://www.sobookonline.fr/

Francis Pisani, le meilleur de nos observateurs : http://atelier.rfi.fr/profiles/blog/list?tag=pisani

Publié dans édition

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