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Le rêve machiniste de la villa Sylvacane, de style Art Déco

Publié le par Chantal Vieuille, éditrice

28199974facade.jpgC'est un joyau de l'architecture Art Déco : La maison Sylvacane édifiée par l'ingénieur Roger Rougeul, située en bordure de mer, à la Seyne sur Mer, dans les environs proches de Toulon, classée depuis 2004 au Patrimoine du XXe siècle par le Ministère de la Culture en France.

C'est en 1932 que Roger Rougeul (qui était à l'époque directeur des chantiers navals de Port de Bouc) fait l'acquisition de ce terrain (2270 m2 de superficie globale), sur lequel il construit immédiatement un garage. Puis commencent les travaux principaux de 1935 à 1942. Les travaux de finitions quant à eux s'étalent de 1945 à 1947. L'édifice est entièrement conçu par Roger Rougeul qui met ses compétences d'ingénieur au service de l'architecture.

C'est une immense habitation (228 m2 de surface habitable) aux facades blanches, qui épouse les formes d'un paquebot, agrémentée d'un jardin cubiste. Le goût du détail dans la décoration intérieure s'allie à des références omniprésentes au voyage et aux innovations technologiques. Le mobilier intérieur en teck et verre poli avec des subtilités séduisantes est toujours là. Le mobilier de jardin est  conçu en ciment.

Construite en béton armé, le bâtiment est dominé par une tour éolienne destinée au pompage de la nappe d'eau souterraine. Des toits terrasses donnent vue sur le petit port de Tamaris que Georges Sand, naguère, avait élu comme villégiature estivale. 

En visitant la belle demeure, nous renouons avec la mémoire des années 1930. Forcément, nous pensons à la Maison des de Noailles construite par l'architecte Mallet Stevens en 1925, sur la colline d'Hyères de l'autre côté de la rade de Toulon, sur la route qui mène à Saint Tropez.

Ce qui frappe aujourd'hui, ce sont tous les automatismes électriques qui ont été installés par Roger Rougeul et qui témoignent de l'esprit inventif du maître des lieux   L'architecte Rudy Ricciotti écrivait en 1987 à propos de la Maison Sylvacane : "Comment cet ingénieur, directeur du chantier de construction navale de 1926 à 1945, a pu être à la fois brillant technicien, designer distingué, architecte moderne, en étant isolé en province, acteur extérieur au monde de l'architecture et des arts décoratifs des années 1930, et réaliser un pareil ouvrage où plusieurs disciplines sont si parfaitement intégrées ? Ici le rêve machiniste est réalisé. "

Cette maison est à découvrir, lors d'une balade le long du littoral varois.

Pour en savoir plus, vous pouvez cliquer ICI !

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Marseille 2013 : Amélie Jackowski, créatrice de livres d'images

Publié le par Chantal Vieuille, éditrice

amelie.jpgMarseille, capitale européenne de la Culture depuis le 13 janvier 2013, offre une vitrine extraordinaire de lieux, rénovés ou nouveaux, désormais dédiés à la culture dans ses multitudes d'expressions. Derrière les murs, il y a les vibrations de la création dans tous ses états. Amélie Jackowski est au coeur du paysage marseillais. Née à Toulon, diplômée des Arts décoratifs de Strasbourg, elle poursuit depuis plusieurs années une activité d'illustratrice de livres pour enfants, grâce à la demande de nombreuses maisons d'édition.

Amélie Jackowski, d'origine polonaise par son père, jeune maman de deux enfants, dynamique, rieuse, oeuvre au quotidien dans son atelier du 40 rue du Baignoir du 1° arrondissement de Marseille, où se croisent d'autres créateurs, graphistes, metteur en pages, illustrateurs. Et pour se rendre compte de cette imagination débordante et joyeuse, elle utilise le service du site ultra-book pour présenter le diaporama de toutes ses images, Amélie Jackowski.ultra-book, pour qui le souhaite, éditeurs, entreprises, particuliers. 

Marseille, c'est cela aussi, une pépinière de jeunes talents, l'effervescence de l'imagination au service de l'art non officiel. 

Publié dans édition

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André Breton, collectionneur

Publié le par Chantal Vieuille, éditrice

Nous relayons cet article de Xavier Thomann publié sur le site actualitte.com


André Breton est l'auteur que l'on sait, mais il fut aussi un collectionneur éclairé et prolifique. Il avait rempli son petit appartement de la rue Fontaine d'objets d'art en tout genre, et conservait de nombreux manuscrits. Cette magnifique collection est aujourd'hui dispersée. Un site, andre.breton.fr, permet cependant d'aller faire un tour du côté de chez Breton. 

 

 

 

 

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En effet, avant la mise en vente en avril 2003 de l'ensemble de la collection, la fille de l'écrivain avait pris soin de tout numériser et photographier dans l'idée future d'un site internet, regroupant tout ce qui se trouvait dans l'appartement. 

 

Une première version de ce site voit le jour en 2003, il est alors uniquement réservé aux chercheurs et à quelques heureux élus. Cela fait seulement trois ans qu'une nouvelle version du site est ouverte au grand public. Un public qui a répondu présent, puisque le site a fait l'objet de 400.000 visites depuis sa mise en ligne. Il n'y a donc pas que les inconditionnels du surréalisme qui sont susceptibles d'y trouver leur bonheur. 

 

Loin d'être austère ou trop universitaire, le site permet de faire le tout de l'immense collection de Breton de manière confortable et aisée. Sur la page d'accueil, on trouve une image du célèbre mur André Breton (tel qu'il figure au centre Pompidou). Il ne reste plus qu'à cliquer sur l'image choisie pour accéder à sa description. 

 

Autant dire qu'entre les photos, les lettres, les arts premiers et les manuscrits, le choix est vaste et semble quasi infini. On en arrive à se demander comment l'auteur de Nadja faisait tenir tout ça dans ses 60 mètres carrés. Toujours est-il que la visite du site est passionnante. 

 

De plus, l'ensemble des documents écrits a fait l'objet d'une très bonne numérisation, ce qui vous permet de lire les manuscrits en toute tranquillité. De la même façon, le travail de classement et de référencement donne toute sa cohérence à la collection.

 

L'hypertexte est fort bien exploité : pour un document donné, outre les informations classiques, on trouve la liste des personnes citées. Ce qui permet de voir tous les autres documents en lien avec telle personne. 

 

En d'autres termes, on peut facilement passer beaucoup de temps sur le site à flâner comme on le ferait dans un musée. Sachez aussi que le site évolue en fonction des contributions faites par les internautes aux articles. Cependant, ce n'est pas donné à tout le monde, un comité scientifique juge de la pertinence des contributions avant de les valider. 

 

 

Le site www.artelittera.com met en ligne des milliers d'articles consacrés à l'étude du Surréalisme, extraits de la revue Mélusine

Publié dans édition

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Edgar Morin écrit dans Le Monde : "En 2013, il faudra plus encore se méfier

Publié le par Chantal Vieuille, éditrice

Nous nous permettons de relayer un texte paru dans le journal Le Monde, signé Edgar Morin

En 2013, il faudra plus encore se méfier de la docte ignorance des experts

LE MONDE | 01.01.2013 à 16h15 • Mis à jour le 01.01.2013 à 16h19Par Edgar Morin, sociologue et philosophe

 
Le philosophe Edgar Morin et le candidat François Hollande, le 10 mars à Paris au siège de campagne socialiste. Dans une tribune publiée dans "Le Monde", le philosophe estime que le président Hollande est désormais "condamné à un 'en avant'" pour dépasser le vide de la pensée politique qui touche les Etats.

 

Hélas, nos dirigeants semblent totalement dépassés : ils sont incapables aujourd'hui de proposer un diagnostic juste de la situation et incapables, du coup, d'apporter des solutions concrètes, à la hauteur des enjeux. Tout se passe comme si une petite oligarchie intéressée seulement par son avenir à court terme avait pris les commandes." (Manifeste Roosevelt, 2012.)

"Un diagnostic juste" suppose une pensée capable de réunir et d'organiser les informations et connaissances dont nous disposons, mais qui sont compartimentées et dispersées.

Une telle pensée doit être consciente de l'erreur de sous-estimer l'erreur dont le propre, comme a dit Descartes, est d'ignorer qu'elle est erreur. Elle doit être consciente de l'illusion de sous-estimer l'illusion. Erreur et illusion ont conduit les responsables politiques et militaires du destin de la France au désastre de 1940 ; elles ont conduit Staline à faire confiance à Hitler, qui faillit anéantir l'Union soviétique.

Tout notre passé, même récent, fourmille d'erreurs et d'illusions, l'illusion d'un progrès indéfini de la société industrielle, l'illusion de l'impossibilité de nouvelles crises économiques, l'illusion soviétique et maoïste, et aujourd'hui règne encore l'illusion d'une sortie de la crise par l'économie néolibérale, qui pourtant a produit cette crise. Règne aussi l'illusion que la seule alternative se trouve entre deux erreurs, l'erreur que la rigueur est remède à la crise, l'erreur que la croissance est remède à la rigueur.

L'erreur n'est pas seulement aveuglement sur les faits. Elle est dans une vision unilatérale et réductrice qui ne voit qu'un élément, un seul aspect d'une réalité en elle-même à la fois une et multiple, c'est-à-dire complexe.

Hélas. Notre enseignement qui nous fournit de si multiples connaissances n'enseigne en rien sur les problèmes fondamentaux de la connaissance qui sont les risques d'erreur et d'illusion, et il n'enseigne nullement les conditions d'une connaissance pertinente, qui est de pouvoir affronter la complexité des réalités.

Notre machine à fournir des connaissances, incapable de nous fournir la capacité de relier les connaissances, produit dans les esprits myopies, cécités. Paradoxalement l'amoncellement sans lien des connaissances produit une nouvelle et très docte ignorance chez les experts et spécialistes, prétendant éclairer les responsables politiques et sociaux.

Pire, cette docte ignorance est incapable de percevoir le vide effrayant de la pensée politique, et cela non seulement dans tous nos partis en France, mais enEurope et dans le monde.

Nous avons vu, notamment dans les pays du "printemps arabe", mais aussi enEspagne et aux Etats Unis, une jeunesse animée par les plus justes aspirations à la dignité, à la liberté, à la fraternité, disposant d'une énergie sociologique perdue par les aînés domestiqués ou résignés, nous avons vu que cette énergie disposant d'une intelligente stratégie pacifique était capable d'abattre deux dictatures. Mais nous avons vu aussi cette jeunesse se diviser, l'incapacité des partis à vocation sociale de formuler une ligne, une voie, un dessein, et nous avons vu partout de nouvelles régressions à l'intérieur même des conquêtes démocratiques

Ce mal est généralisé. La gauche est incapable d'extraire de ses sources libertaires, socialistes, communistes une pensée qui réponde aux conditions actuelles de l'évolution et de la mondialisation. Elle est incapable d'intégrer la source écologique nécessaire à la sauvegarde de la planète. Les progrès d'un vichysme rampant, que nulle occupation étrangère n'impose, impose dans le dépérissement du peuple républicain de gauche la primauté de ce que fut la seconde France réactionnaire.

Notre président de gauche d'une France de droite ne peut ni retomber dans les illusions de la vieille gauche, ni perdre toute substance en se recentrant vers la droite. Il est condamné à un "en avant". Mais cela nécessite une profonde réformede la vision des choses, c'est-à-dire de la structure de pensée. Cela suppose, àpartir d'un diagnostic pertinent, d'indiquer une ligne, une voie, un dessein qui rassemble, harmonise et symphonise entre elles les grandes réformes qui ouvriraient la voie nouvelle.

Je dégagerais ce que pourrait être cette ligne, cette voie que j'ai proposée aussi bien dans La Voie que dans Le Chemin de l'espérance, écrit en collaboration avec Stéphane Hessel (Fayard, 2011).

Je voudrais principalement ici indiquer que l'occasion d'une réforme de la connaissance et de la pensée par l'éducation publique est aujourd'hui présente. Le recrutement de plus de 6000 enseignants doit permettre la formation de professeurs d'un type nouveau, aptes à traiter les problèmes fondamentaux et globaux ignorés de notre enseignement : les problèmes de la connaissance, l'identité et la condition humaines, l'ère planétaire, la compréhension humaine, l'affrontement des incertitudes, l'éthique.

Sur ce dernier point, l'idée d'introduire l'enseignement d'une morale laïque est à la fois nécessaire et insuffisante. La laïcité du début du XXe siècle était fondée sur la conviction que le progrès était une loi de l'histoire humaine et qu'il s'accompagnait nécessairement du progrès de la raison et du progrès de la démocratie.

Nous savons aujourd'hui que le progrès humain n'est ni certain ni irréversible. Nous connaissons les pathologies de la raison et nous ne pouvons taxer comme irrationnel tout ce qui est dans les passions, les mythes, les idéologies.

Nous devons revenir à la source de la laïcité, celle de l'esprit de la Renaissance, qui est la problématisation, et nous devons problématiser aussi ce qui était la solution, c'est-à-dire la raison et le progrès.

La morale alors ? Pour un esprit laïque, les sources de la morale sont anthropo-sociologiques. Sociologiques : dans le sens où communauté et solidarité sont à la fois les sources de l'éthique et les conditions du bien-vivre en société. Anthropologiques dans le sens où tout sujet humain porte en lui une double logique : une logique égocentrique, qui le met littéralement au centre de son monde, et qui conduit au "moi d'abord" ; une logique du "nous", c'est-à-dire du besoin d'amour et de communauté qui apparaît chez le nouveau-né et va se développer dans lafamille, les groupes d'appartenance, les partis, la patrie.

Nous sommes dans une civilisation où se sont dégradées les anciennes solidarités, où la logique égocentrique s'est surdéveloppée et où la logique du "nous" collectif s'est "sous-développée". C'est pourquoi, outre l'éducation, une grande politique de solidarité devrait être développée, comportant le service civique de solidarité de la jeunesse, garçons et filles, et l'instauration de maisons de solidarité vouées à secourir les détresses et les solitudes.

Ainsi, nous pouvons voir qu'un des impératifs politiques est de tout faire pour développer conjointement ce qui apparaît comme antagoniste aux esprits binaires : l'autonomie individuelle et l'insertion communautaire.

Ainsi, nous pouvons voir déjà que la réforme de la connaissance et de la pensée est un préliminaire, nécessaire et non suffisant, à toute régénération et rénovation politiques, à toute nouvelle voie pour affronter les problèmes vitaux et mortels de notre époque.

Nous pouvons voir que nous pouvons commencer aujourd'hui une réforme de l'éducation par introduction de la connaissance des problèmes fondamentaux et vitaux que chacun doit affronter comme individu, citoyen, humain.

Edgar Morin, sociologue et philosophe

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