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Défendre la parution de la Quinzaine littéraire

Publié le par Chantal Vieuille, éditrice

Nous relayons ci-dessous le message lancé par Maurice Nadeau, infatigable éditeur né en 1911, engagé dans la défense de la littérature française et étrangère, dont l'entreprise, parmi toutes celles qu'il a fondées, se trouve plus que jamais menacée par des réalités économiques, et financières. Sans doute y-a-t-il parmi nous, une femme ou un homme pour apporter une aide heureuse et efficaceafin d' empêcher le désastre de se produire.

C’est de mort, en effet, qu’est menacée La Quinzaine littéraire : pas dans six mois, pas dans un an, comme elle l’a souvent été durant les 47 années de son existence, mais dans les semaines qui viennent. Liquidation judiciaire ou dépôt de bilan, suspension de la parution.

Rien d’étonnant dans la situation actuelle de la presse écrite, rien d’étonnant pour un périodique qui n’a jamais voulu se mettre "au goût du jour".

En effet, depuis 1966, La Quinzaine littéraire n’a cessé de défendre une certaine qualité de l’écriture et de la pensée, et de privilégier la lucidité dans tous les domaines du savoir. Et cela grâce au concours de plus de 800 collaborateurs : écrivains, universitaires, journalistes.

Allons-nous nous laisser faire et voir disparaître le journal ?

Notre conseil juridique propose une solution qui permet à notre société, la SELIS, et à La Quinzaine, de poursuivre leur activité. Elle a fait ses preuves chez d’autres médias. Elle consiste en la création d’une société participative comportant deux collèges (l’un regroupant les lecteurs et amis de la Quinzaine, l’autre les collaborateurs) pour recapitaliser la SELIS. Par l’intermédiaire de cette société, chacun – ami ou écrivain collaborateur – pourra devenir actionnaire et propriétaire de "son" journal.

Cette proposition a notre agrément. Elle va dans le sens des convictions d’indépendance que nous avons toujours défendues depuis 1966. Il reste à la mettre en œuvre. Pour nous aider dans cette tâche, nous avons reçu le soutien d’un homme de presse, Philippe Thureau-Dangin, ancien président de Courrier international et de Télérama.

Cher lecteur, cher collaborateur de La Quinzaine, le temps presse. Nous comptons sur votre participation, sur vos initiatives pour faire connaître La Quinzaine, sur votre dévouement pour l’aventure intellectuelle et littéraire qui est la nôtre. La vôtre.

Dès à présent, pour manifester votre soutien à la société en cours de formation, vous pouvez vous rendre sur le blog de soutien au journal qui sera prochainement en lien avec la plateforme de financement participatif en ligne ou bien envoyer un chèque à l’adresse postale du journal  à l’ordre de la "Société des collaborateurs et lecteurs de La Quinzaine littéraire (SCLQL)". Le montant minimum est fixé à 100 €. Pour tout versement inférieur à cette somme, vous pouvez envoyer vos dons à l’Association des Amis de La Quinzaine .

À vous donc de prendre la parole. À vous de prouver que vous ne laisserez pas mourir La Quinzaine littéraire !
 

Maurice Nadeau

 

* Voir aussi : http://www.quinzaine-litteraire.presse.fr

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Les Cœurs suspendus de Myriam Gallot

Publié le par Chantal Vieuille, éditrice

coeurs-surpendus.jpgCertains livres, comme celui-ci, font partie des petits bonheurs qui tombent dans la main. De passage devant une librairie parisienne, en plein coeur du Quartier latin, réputée pour ses livres d'occasion, en cherchant dans les bacs à livres, sans chercher véritablement, là soudain, je tombe sur ce livre, tout propre, tout neuf, comme égaré sur l'étal. En deux secondes, je me l'approprie. Je ne sais quoi me dit qu'il faut l'acheter. Le nom de l'éditeur, inconnu pour moi, me laisse penser que c'est un bel ouvrage.

Je n'aime pas lire des livres de nouvelles.

Or Les Coeurs suspendus de Myriam Gallot se compose de 15 nouvelles. Mais des vraies nouvelles, comme on en lit rarement. Car la nouvelle est un art de l'écriture, un fragment, non pas condensé d'un long récit. C'est une écriture resserrée, qui pique dans le vif, sans détour. Une écriture immédiate, sans compromis. L'écriture de Myriam Gallot, un vrai écrivain, à n'en pas douter, est de cette facture.

Les Coeurs suspendus, un livre de 267 pages, est une chronique des solitudes. Ces solitudes qui recouvrent les corps, qui grisaillent les regards et qui fripent la peau et courbent la nuque. Ces solitudes pesantes qui éclairent le visage de l'autre, celui qui est parti, forgent des êtes fantômes, qui se mettent en retrait de la vie, parce que cette vie là avec l'autre qui est parti aurait forcément ressemblé à l'absurde.

Les Coeurs suspendus est un texte illustré des dessins de Jean-Philippe Bretin. Une supplément d'âme. Une cohabitation délicieuse entre les mots et l'image. Tant et si bien que j'ouvre le livre uniquement pour regarder l'image.

Les solitudes de Myriam Gallot ont le visage de tout le monde. Ce ne sont pas des histoires tristes. Ce sont des histoires de vie, qui n'ont pas pu s'écrire autrement, parce que sans doute l'autre est absent, l'autre n'est jamais venu, l'autre est parti, l'autre est mort. Les solitudes de Myriam Gallot sont colorées de sourires, de poésies, de réalisme et de surréalisme. Parce que toutes les solitudes se racontent, comme ce chauffeur de limousine à Paris qui prend en charge "un petit client", c'est marqué ainsi sur le bon de commande que lui a remis son patron... Le petit client va enfin arriver dans un flot de voyageurs en provenance de New York.. Une jeune femme de type hispanique vient rejoindre le chauffeur de limousine qui comme tous les chauffeurs a hissé sa pancarte au dessus de la tête des gens pour être reconnu... et lui présente le "petit client" ..."assis dans le panier du chariot, il était habillé comme un gosse de riches, avec des vêtements écossais en tweed épais fermés par des boutons en corne". Imaginez alors un couple formé par un dame hipanique et un bichon maltais, identifié comme étant le "chien de Lauren Baccal"... Et le bichon maltais par la voix de sa maîtresse ordone qu'on lui montre les hauts lieux de Paris, tel un touriste fortuné. 

Les solitudes ont le visage d'une femme ou celui d'un homme. Les solitudes alourdissent les corps et les coeurs. Cette écriture vaut d'être lue parce qu'elle est singulière. Le temps d'un long week end, dans les parfums d'un paysage de Provence, à l'écart des villes. Ca réconcilie forcément avec les désirs des autres. 

Editions Noviny44. A suivre sur facebook : https://www.facebook.com/pages/Les-%C3%A9ditions-Noviny-44/133966692544?group_id=0

Publié dans édition

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Enseignement en français ou en anglais ?

Publié le par Chantal Vieuille, éditrice

L’article 2 du projet de loi pour l’enseignement supérieur et la recherche introduit la possibilité de dispenser davantage de cours en langue étrangère et plus précisément en anglais. L’Académie française et le SNESUP, notamment, ont dit leur opposition, quand la CPU et la CGE estiment qu’il faudrait aller plus loin pour attirer plus d’étudiants étrangers.

Des intellectuels parmi lesquels Jacques Attali crient à la stupidité d'une telle proposition.

Il y a de quoi s'interroger : que des enseignements académiques se déroulent librement et volontairement en anglais, à l'université ou dans des grandes écoles, il n'y a que du normal.

Que l'enseignement supérieur se déroule systématiquement en anglais, là, ce n'est plus normal.

220 millions de personnes parlent français dans le monde.

Selon des chiffres obtenus à partir du site Campus France :

En 2009, on comptait3 324 871 étudiants internationaux dans le monde.

• Ce nombre a augmenté de 31,3%depuis 2005.

• Le premier continent d’origine des étudiants en mobilité est l’Asie, suivi par l’Europe et par l’Afrique.

• Les Chinois, puis les Indiens, les Sud-coréens, les Allemands et les Malaisiens sont les plus nombreux à étudier à l’étranger.

• Les pays qui accueillent le plus d’étudiants internationaux sont les Etats-Unis, suivis parle Royaume-Uni, l’Australie, la France et l’Allemagne. La France, qui occupait la 3place depuis 2006, est passée en 4position des pays d’accueil en 2009.

• De façon générale, dans les cinq premiers pays d’accueil, les étudiants internationaux se répartissent de façon à peu près égale (50/50) dans les niveaux Licence et Master-Doctorat.

• Le premier pays d’origine des étudiants internationaux inscrits aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, en Australie et en Allemagne est la Chine.

• En France, la Chine est le deuxième pays d’origine après le Maroc.

• La France est le deuxième pays d’accueil et d’origine des étudiants Erasmus.

A ce jour nombre d'étudiants étrangers viennent étudier en France, notamment les Chinois, pour soutenir une thèse de doctorat, diplôme fortement valorisé dans leur pays d'origine, précisément parce qu'il a le label de la France.

Pour exemple et information, je donnerai le cas de cet étudiant taïwanais, qui a soutenu un master 2 en Esthétique à Paris en 2012 en français (un niveau supérieur de langue supérieure , un niveau supérieur de culture française) et qui, à ce jour, cherche en vain un directeur de thèse pour soutenir un doctorat sur un sujet complexe mais passionnant qui met en jeu plusieurs disciplines, esthétique, neurosciences, sociologie, basé sur la perception à travers 4 corpus d'oeuvres d'artistes contemporain de Taïwan. Cet étudiant, autonome financièrement, travaille comme commissaire d'exposition au Musée d'art contemporain de Taïwan. Il a besoin de ce diplôme français pour consolider son statut professionnel à Taïwan. Aucun des directeurs de thèse sollicités jusqu'à présent ne valide son sujet, par manque de temps ou de compétences sur le sujet. L'étudaint taïwanais vient de recevoir une proposition pour soutenir sa thèse en français aux Pays-Bas !

La pensée exprimée en français peut circuler dans le monde et faire un excellent contrepoint à la pensée de langue anglo-américaine.

A méditer, en toute sérénité.

Publié dans édition

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