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Tandis que les librairies ferment en France, les jeux les plus bêtes triomphent

Publié le par Chantal Vieuille, éditrice

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Fin novembre 2013, les 53 librairies appartenant à l'enseigne Chapitre.com sont mises en liquidation. Fin décembre 2013, 11 d'entre elles seront réouvertes grâce à des repreneurs, mais 41 demeurent fermées. 

En octobre 2013, les 11 librairies de l'enseigne Mona Lisait sont mises en liquidation judiciaire. Le 13 décembre 2013, le liquidateur judiciaire chargé de ce dossier "se réjouit" car les offres de reprise de ces librairies se multiplient.

Nous pourrions établir une longue liste des librairies ayant fermé leurs portes tout au long de l'année 2013. Cela n'a pas d'intérêt. Ce qui suscite notre plaisir c'est d'apprendre que des entrepreneurs existent encore pour assurer la persistance des points de vente des livres. Mais avons-nous raison de nous réjouir soudain ? Il y a tant d'autres marques de déplaisir qui nous affligent, illustrées par des images répandues sur cet outil d'information, le web, dont on ne sait plus s'il dit vrai, s'il dit faux, mais dont on sait seulement qu'il dit, qu'il parle, qu'il fait du bruit...

Les livres disparaissent, une large partie de la population ne lit même pas un livre dans l'année, l'ignorance se répand dangeureusement. Contre la culture et le rayonnement des connaissances, se déploie massivement un engouement étrange pour les jeux... Les plus bêtes sont ceux qui triomphent... L'un des plus récents, nommé Candy Crush, ne fait pas rêver... De ce jeu, on parle d'addiction de la part des joueurs. Il n'y a aucun plaisir du jeu mais une sorte de dépendance demandée par les joueurs eux-mêmes, ceux-là mêmes qui ne lisent jamais un livre et qui s'enfoncent dans l'ignorance.

Et si on rêvait ? Alors le monde du web serait enfin débarrassé de ces messages publicitaires intempestifs qui se superposent et se multiplient sans répit. Alors le monde du web serait réservé à la diffusion de tous les savoirs...

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Le développement des plateformes de téléchargement de livres électroniques

Publié le par Chantal Vieuille, éditrice

artelitteralogo2011-1Nous relayons cet article de Françoise Benhamou* qui nous offre toujours des analyses de qualité dès lors qu'il s'agit de réfléchir sur les industries culturelles. Cet article vient d'être publié dans Livres-Hebdo et nous insérons ici une partie de cet article. Celle dans laquelle l'auteur s'interroge sur les modèles de plateforme destinées à valoriser les productions d'ouvrages.

"L’importance du livre papier explique l’hésitation des investisseurs à créer des plateformes pour le livre numérique dont le modèle économique est fragile et repose sur des économies d’échelle qui impliquent la vente de livres en grand nombre.Quant à la place prise par Amazon, elle s’est considérablement renforcée en peu d’années, dans un marché où le nombre des titres disponibles est un élément crucial du choix du consommateur de se tourner vers un détaillant plutôt qu’un autre. Il est difficile d’entrer sur ce marché où l’attrait de l’acteur dominant rend le risque élevé. Dans ces conditions, l’émergence de plateformes que l’on pourrait qualifier d’alternatives est lente et compliquée, et pourtant urgente et nécessaire."

Notre réflexion converge également dans ce sens.

Nous observons une inquiétude chez les éditeurs français, à l'image sans doute de la psychologie de l'être français actuellement... Une inquiétude qui n'est pas perçue chez les homologues européens ou hispaniques ou anglo-américains.

Notre plateforme www.artelittera.com enregistre à ce jour 15 partenariats avec des éditeurs, la plupart sont européens et non français. Et d'ici le début de l'année 2014, nous atteindrons 20 éditeurs, encore une fois étrangers. Une plateforme de distribution de contenus culturels n'a pas vocation à être ancrée dans une zone géographique. Par essence, elle est internationale.

En 2014, nous intégrerons un modèle de distribution pour les bibliothèques. Et nous sommes en train de construire un modèle de représentativité en Afrique.

Alors, oui Amazon ? le modèle fait trembler parce que massif. La faute à qui ? aux clients, forcément. Parce que les clients ignorent volontairement qu'aujourd'hui des plateformes de libraires comme celle de decitre assurent les mêmes services qu'Amazon. Et que contrairement à cette dernière, ces libraires en ligne assurent à leurs employées des qualités de travail conforme à la déontologie. Un plus qui fait réfléchir.

Mais la présence du géant n'empêche nullement aux autres projets de tenter leur chance. Artelittera est un exemple de développement réfléchi, mesuré, adapté à l'évolution des marchés et des usages. A ce stade, la plateforme n'est ni en retard ni en avance. Elle est à son juste milieu. A suivre.

 

*Françoise Benhamou est économiste, professeur des universités. Elle enseigne à Sciences Po Paris, à l'Institut National de l'Audiovisuel et à l'Institut National du patrimoine. Elle est notamment prés  idente de l'ACEI (Association for Cultural Economics International), membre du Conseil d'administration et du Conseil scientifique du musée du Louvre, membre du Conseil d'orientation de la fondation Jean Jaurès, du Conseil d'orientation du Centre national de la Variété, du Comité consultatif des programmes de la chaîne ARTE.En 2012, elle a rejoint l'ARCEP (Autorité de régulation des communications électroniques et des postes). Elle a publié de nombreux articles, rapports, ouvrages, parmi lesquels : "L'économie de la culture" (La Découverte, 7ème éd. 2011), "L'économie du star system" (Odile Jacob, 2002), "Les dérèglements de l'exception culturelle" (Le Seuil, 2006), "Droit d'auteur et copyright" (avec J. Farchy, La Découverte, 2ème éd. 2009), "L'économie du patrimoine culturel" (La Découverte, 2012).

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