3 points de l'édition numérique à la Foire Internationale du Livre à Francfort 2012

Publié le par Chantal Vieuille, éditrice

francfort.jpgLa presse européenne et occidentale se fait l'écho d'un trait caractéristique de la Foire du Livre de Francfort 2012 : l'économie numérique s'implante dans l'édition. C'est indéniable : la Foire a accueilli cette année de très nombreuses sociétés qui propose des tablettes, des lecteurs, des solutions diverses et variées de valorisation de contenus. On parle des formats e pub, HTML5 et PDF, chacun s'accordant sur le fait que le PDF est majeur dans le monde entier.

A regarder de près, comment traduire ce phénomène tel qu'il a pu être observé, en toute indépendance, pendant les 5 jours de la Foire du Livre à Francfort ?

 

1. Domination de la pensée anglo américaine sur le secteur du numérique, laissant penser que les pays européens, asiatiques ou africains seraient bien incapables de concevoir une solution idéale pour faire valoir le numérique dans le secteur du livre. La réalité est autre : les Européens en particulier proposent des solutions intellectuelles de qualité pour allier économie du livre et économie numérique. Il convient juste de leur donner la parole.

 

2. Domination du concept américain : ce qui est simple est beau. Alors, arguant du fait que le choix du numérique est à retenir parce qu'il est simple à utiliser, le discours anglo américain gomme toute référence aux contenus pour juste souligner le geste simple et facile des 3 clics pour télécharger sur son ordinateur ou son e reader.

 

3. Domination de la technologie donnant l'impression de gommer les contenus intellectuels. Les écrans publicitaires, les panneaux d'affichage, les slogans commerciaux sur les stands reproduisent les images des machines et là dans la plus grande foire du Livre au monde, on oublierait presque que les éditeurs ont pour fonction de publier des livres.

 

Ces remarques proviennent du spectacle.

Au delà du spectacle, il apparaît que les éditeurs occidentaux sont préoccupés par ces machines tandis que les asiatiques, très actifs sur leur stands, recherchent, presque désespérément, des contenus de livres occidentaux à publier dans leurs propres pays.

Il apparait que les commerciaux anglo américains des sociétés technologiques brouillent les discours dès lors qu'ils suppriment toue référence à la valorisation des contenus.

Il apparaît également que les éditeurs français et allemands ne savent pas comment préserver la circulation des livres via leurs réseaux de libraires tout en développant des solutions numériques pour valoriser leurs ouvrages. D'où encore et encore cette sorte d'attentisme considérée comme une valeur négative face au numérique.

Il apparaît que l'Italie sauve la mise et, totalement décomplexée face à la cohabitation entre les formats livres et les formats numériques, accueille avec enthousiasme et curiosité toute solution destinée à favoriser le principe de la lecture et celui de la visibilité des productions éditoriales.

Il apparaît nénamoins que les éditeurs, toutes origines confondues, de par leurs réflexions, permettent d'apprécier avec sagesse et raison les atouts de l'édition numérique. Une excellente conférence donnée vendredi 13 octobre par un consultant anglais du Cabinet Sage, a rappelé aux éditeurs (une quarantaine de personnes anglophones étaient présentes dans la salle de conférence) les régles d'or pour intégrer le numérique dans la production éditoriale. Il y a donc une grande force de réflexion de la part des maisons d'édition qui sans rejeter les capacités du numérique se donnent le droit et le temps d'en apprécier les usages.

Les machines ne réduiront pas l'avenir du livre. Les solutions numériques ne seront appréciées par les publics qu'à partir du moment où les plaisir de la lecture et les plaisirs d'apprendre des connaissances seront assurés.

 


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