Anti éditeur ?

Publié le par Chantal Vieuille, éditrice

boltansky.jpgLes relations auteur / éditeur sont de type "passionnel". L'auteur est reconnaissant, fasciné, respectueux, mais aussi en colère, désapprobateur, mécontent, insatisfait... Tout çà, éprouvé à l'égard de l'éditeur. Finalement, l'auteur est la plupart du temps déçu par son éditeur. L'auteur dit : "on ne voit pas mon livre dans les bonnes librairies" ou bien " l'éditeur ne fait pas son travail".
Gardons-nous d'être anti-éditeur ! Etre éditeur est un métier qui attire et séduit. Je me souviens de cet homme, professeur à HEC qui me ramenant dans sa voiture à la fin d'un dîner, ne m'a posé qu'une seule question à propos de mon métier d'éditrice : "Et on peut gagner sa vie en faisant ce métier-là ?"...
Il avait raison de poser cette question. On dit que c'est un métier "noble" comme si nous étions encore au XIXe siècle. Etre éditeur est un métier d'exigeance qui subira dans les décennies à venir une réelle métamorphose.
Le développement de l'auto-édition avec tous les bons aspects que cela comporte ne doit pas développer un rejet malsain de l'éditeur. Ce dernier est le seul qui connaisse véritablement tous les secrets qui jalonnent l'existence d'un livre, avant même qu'il ne soit livre. Remettre en cause la chaîne du livre est un bon sujet. Il le faut, c'est nécessaire, et on le sait, déstabiliser cette chaîne va créer des dégâts majeurs, et notamment faire "couler" le bâteau des libraires. On peut remettre en cause dans la chaîne du livre le rôle de l'attachée de presse. Inutile, complètement inutile, car aujourd'hui un livre acquiert sa visibilité sur le web grâce à des outils fantastiques. On n'en parle pas, parce que cela concerne une petite poignée d'acteurs professionnels.
L'éditeur doit remettre lui-même sa fonction en cause en prenant des décisions quant à la diffusion de son ouvrage. Il lui faut beaucoup de courage pour ne pas céder à la tentation de faire comme les autres. Le livre doit-il circuler via la librairie ? La poser n'est pas une menace pour le libraire, ce dernier ne pouvant pas présenter l'ensemble de la production. Et c'est l'éditeur, celui qui connaît le parcours d'un livre pour parvenir jusqu'au lecteur, il n'y a que lui qui saura inventer de nouveaux modes de circulation du livre. A voir...


Publié dans édition

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aldep.over-blog.fr 13/06/2010 16:04


L'auto édition est semblables à l'édition classique : des bons et des mauvais livres.