Enseignement en français ou en anglais ?

Publié le par Chantal Vieuille, éditrice

L’article 2 du projet de loi pour l’enseignement supérieur et la recherche introduit la possibilité de dispenser davantage de cours en langue étrangère et plus précisément en anglais. L’Académie française et le SNESUP, notamment, ont dit leur opposition, quand la CPU et la CGE estiment qu’il faudrait aller plus loin pour attirer plus d’étudiants étrangers.

Des intellectuels parmi lesquels Jacques Attali crient à la stupidité d'une telle proposition.

Il y a de quoi s'interroger : que des enseignements académiques se déroulent librement et volontairement en anglais, à l'université ou dans des grandes écoles, il n'y a que du normal.

Que l'enseignement supérieur se déroule systématiquement en anglais, là, ce n'est plus normal.

220 millions de personnes parlent français dans le monde.

Selon des chiffres obtenus à partir du site Campus France :

En 2009, on comptait3 324 871 étudiants internationaux dans le monde.

• Ce nombre a augmenté de 31,3%depuis 2005.

• Le premier continent d’origine des étudiants en mobilité est l’Asie, suivi par l’Europe et par l’Afrique.

• Les Chinois, puis les Indiens, les Sud-coréens, les Allemands et les Malaisiens sont les plus nombreux à étudier à l’étranger.

• Les pays qui accueillent le plus d’étudiants internationaux sont les Etats-Unis, suivis parle Royaume-Uni, l’Australie, la France et l’Allemagne. La France, qui occupait la 3place depuis 2006, est passée en 4position des pays d’accueil en 2009.

• De façon générale, dans les cinq premiers pays d’accueil, les étudiants internationaux se répartissent de façon à peu près égale (50/50) dans les niveaux Licence et Master-Doctorat.

• Le premier pays d’origine des étudiants internationaux inscrits aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, en Australie et en Allemagne est la Chine.

• En France, la Chine est le deuxième pays d’origine après le Maroc.

• La France est le deuxième pays d’accueil et d’origine des étudiants Erasmus.

A ce jour nombre d'étudiants étrangers viennent étudier en France, notamment les Chinois, pour soutenir une thèse de doctorat, diplôme fortement valorisé dans leur pays d'origine, précisément parce qu'il a le label de la France.

Pour exemple et information, je donnerai le cas de cet étudiant taïwanais, qui a soutenu un master 2 en Esthétique à Paris en 2012 en français (un niveau supérieur de langue supérieure , un niveau supérieur de culture française) et qui, à ce jour, cherche en vain un directeur de thèse pour soutenir un doctorat sur un sujet complexe mais passionnant qui met en jeu plusieurs disciplines, esthétique, neurosciences, sociologie, basé sur la perception à travers 4 corpus d'oeuvres d'artistes contemporain de Taïwan. Cet étudiant, autonome financièrement, travaille comme commissaire d'exposition au Musée d'art contemporain de Taïwan. Il a besoin de ce diplôme français pour consolider son statut professionnel à Taïwan. Aucun des directeurs de thèse sollicités jusqu'à présent ne valide son sujet, par manque de temps ou de compétences sur le sujet. L'étudaint taïwanais vient de recevoir une proposition pour soutenir sa thèse en français aux Pays-Bas !

La pensée exprimée en français peut circuler dans le monde et faire un excellent contrepoint à la pensée de langue anglo-américaine.

A méditer, en toute sérénité.

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