La Ruée vers l'art - film documentaire sur le marché de l'art contemporain

Publié le par Chantal Vieuille, éditrice

images-copie-20.jpgAlors que la FIAC - Paris 2013 a fermé ses portes, le film documentaire La Ruée vers l'Art film de Mariane Lamour et projeté dans quelques salles en France, propose une véritable enquête dans le monde de l'art contemporain. Le spectateur, qui aime l'oeuvre d'art en soi, est stupéfait par les scènes du film, où se côtoient les marchands, les conservateurs, les collectionneurs, et parfois les artistes.

Pourquoi stupéfait ? Non pas, par les prix astronomiques remportés par quelques oeuvres d'art, dans le système de la vente aux enchères, car dans le fond pour qui s'intéresse à l'art contemporain, chacun sait que c'est un territoire  qui offre nombre d'avantages aux spéculateurs.

Ce qui est stupéfiant, c'est l'aplomb avec lequel agissent les spéculateurs. Dans ce monde de l'art contemporain, aucune régulation financière ne semble être à l'ordre du jour. L'art contemporain, quand bien même certains commentaires disent qu'il n'a rien à envier aux peintres de la Renaissance du XVIe siècle, entretenus par de généreux mécènes, l'art contemporain, donc, est un lieu où se libère ce plaisir de la domination par l'argent. Ces passions cruelles mettent à mal les dérives de la beauté. Dans cet espace, rien n'est beau. Rien ne doit être beau. On ne parle jamais du beau. C'est du pouvoir dont il s'agit, de l'exercice de la domination à une échelle internationale. Ce qui est grisant pour ces quelques hommes + 1 femme, Sheika al Mayassa, 30 ans, et soeur du nouvel émir du Quatar, c'est de faire monter les enchères et chaque fois de rajouter quelques millions de dollars supplémentaires.

 La Ruée vers l'Art est en tout point réussi qu'il entraîne le spectateur dans cette ivresse. Il n'y a pas de commentaires inutiles, il y a juste cette excitation quasi pornographique où quelques uns sont les Maîtres d'un monde (il y a donc un pouvoir tenu par une organisation politique invisible et sans nom, factice ou réel qui se donne l'illusion de dominer le monde). Et ce sont les artistes qui sont pris en otages dans cette folie humaine, moralement abjecte.  Les dernières images du film présente cet artiste chinois Zhang Huan, au visage glacé, qui témoigne de sa vision du marché de l'art et qui oublie (pour les besoins du documentaire) de parler de cette oeuvre magnifique et monumentale, plaquée sur le mur, derrière son dos, élaborée avec de la cendre. C'est le beau qui mérite du silence.

L'Art est présent sur www.artelittera.com

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