Lecture des manuscrits

Publié le par Chantal Vieuille, éditrice

Walid_Raad.jpgLe terme de manuscrit a vieilli. On emploie couramment aujourd'hui le terme de "tapuscrit". Désormais, les auteurs mettent en pages leurs propres textes et assurent ainsi une meilleure lisibilité aux lecteurs. Du moins c'est ce que pense l'auteur, bien solitaire devant son écran, peu habitué à prendre de la distance vis à vis de lui-meme pour avoir une certitude, celle d'être éventuellement  lu.

Le texte a une valeur dès lors qu'il est lu par un seul lecteur. Il y a ainsi des auteurs qui bénéficient d'un minuscule lectorat, et d'autres qui connaissent une renommée bien au delà de leur village...

Ce qui importe c'est d'être lu après avoir passé du temps à écrire.

Les maisons d'édition ne peuvent pas lire tant de manuscrits qui s'empilent sur leurs tables et étagères.

 

Et puis aujourd'hui, les lecteurs de manuscrits ne lisent plus comme naguère.

Un bon lecteur de manuscrits doit être conscient des enjeux économiques de l'édition. Il doit connaître les perspectives diverses et variées que peut subir un texte.

Il doit être capable de dire par honnêteté que ce texte là n'aura pas de lecteurs.

Je ne suis pas convaincue que tous les bons textes doivent forcément trouver place dans une maison d'édition. Grâce au web, les textes, certains d'entre eux du moins, peuvent bénéficier de perspectives de lecture inouïes. Les niches virtuelles pour donner vie au texte ne doivent pas être négligées. Bien au contraire, elles peuvent créer de belles surprises.

En revanche, il y a des textes qui doivent forcément passer par le mode de l'édition classique, il y a des textes à imprimer sur du papier bouffant parce que c'est là qu'ils vont trouver toute leur matière. Je pense notamment aux textes de poésies et bien sûr aux livres d'artistes. Ces types d'ouvrages sont faits de telle sorte que l'écriture, la typographie, le format, le toucher de la couverture constituent un ensemble nécessaire pour forger la lecture.

 

Pour les auteurs intéressés, nous mettons en place un service payant de lecture de tapuscrits, via notre blog. Merci de nous consulter pour obtenir toute information sur les notes de lectures établies. Les prix des lectures varient entre 50 et 80 euros selon la difficulté du texte. Les notes de lecture sont accompagnées de conseils à la publication. En aucun cas, nous n'éditons des livres.

 

Walid Raad (voir l'oeuvre ci contre) est l'artiste associé au Festival d'Automne 2010 à Paris.

Publié dans édition

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domi 15/10/2010 14:34


au hasard de mes promenades j'ai rencontré ce blog. Je ne suis qu'une petite apprentie scribouillarde, le terme exact pour qui écrit des histoires sans prétentions. Je me suis reconnu dans ce
désert qui m'a accompagné quand j'ai décidé d'envoyer un "tapuscrit" à des maisons d'édition, me basant pour faire cela sur quelques encouragements d'amis à qui j'avais eu la faiblesse de faire
lire mes mots.
J'ai reçu des réponses en deux semaines d'éditeurs à compte d'auteur qui flairent l'odeur du pigeon, et celles des maisons parisiennes souvent anonymes et parfois empreintes d'un peu d'humanité en
quelques mois. J'ai finalement, pour mon plaisir personnel et une sorte d'aboutissement choisi de le faire éditer dans une maison de province proche de chez moi et qui ne me demandait pas trop
cher. J'en suis à la relecture, et je connais le frisson de savoir que bientôt mes mots seront sur du papier !
Actuellement je mets en feuilleton sur mon blog une nouvelle histoire d'un genre très différent et j'apprécie de recevoir des commentaires de mes lecteurs et de me savoir lu...même si peu !
merci de m'avoir lu et sans doute à bientôt