Les Assises du livre numérique

Publié le par LE LIVRE A LA CARTE

Les Assises du livre numérique du 25 novembre 2009 au Palais de la Mutualité à Paris (75005) réunissaient environ 400 professionnels de l'édition. Sur l'estrade, trois interlocuteurs ont présenté en anglais le fonctionnement de dispositifs particuliers en faveur du livre numérique, Libreka pour l'Allemagne, Penguins pour les Anglais. Enfin, présentation du projet européen Arrow par des italiens. Le tout sous l'égide de Virginie Clayssens dont je ne peux que saluer l'intelligence, seule personnalité parmi quelques autres (dont Françoise Benhamou - on remarquera l'influence de la pensée des femmes dans ce domaine -) à véritablement comprendre les enjeux du numérique dans l'édition, à un niveau mondial.

L'assemblée composée d'hommes et de femmes attentifs, chacun équipé d'un système d'écouteurs pour recevoir les traductions en simultané des propos des invités parlant sur l'estrade.

Que penser de tout cela ? Après avoir suivi les précédentes réunions sous l'égide du SNE consacrées à l'édition numérique (à mon avis, mais je peux me tromper, réunissant beaucoup plus de monde), et suite à l'expérience que je mène au titre du site que je développe sous le label www.artelittera.com on constate que la communauté des éditeurs français (peut-être vieillissante ?) a beaucoup de mal à se propulser vers l'avenir. On observe une incapacité à prendre une décision, on observe donc un véritable attentisme. Cet attentisme peut s'avérer à terme dangereux. Tandis que l'édition française souffre d'autisme chronique, l'édition mondiale investit, s'engage, déploie des efforts significatifs dans l'espace du numérique. Toutes les solutions mises à disposition des publics ne seront pas viables. Nombre d'expériences sans doute se révéleront être des échecs à moyen terme. Peu importe : des hommes et des femmes agissent, motivés par l'enthousiasme des pionniers.

A mes côtés, ce jour-là, une femme, agent littéraire, colombienne de naissance, installée à Madrid, qui circule dans tous les salons du livre internationaux pour vendre des droits d'éditeurs espagnols. Elle m'invite à prendre un verre au café près de la Mutualité. Nous nous ennuyons en écoutant l'éditeur de chez Pinguins présenter son dispositif de lecture sur internet. Là devant mon café (tandis qu'elle déjeune à 16 heures d'une assiette de foie gras) elle me confie sa curiosité pour l'édition numérique, son vif intérêt pour tout ce qui se passe ici et là, me confirme que les Français sont trop prétentieux avec leur culture vouée à disparaître... Je lui donne ma carte de visite, lui précise l'ambition de l'innovation que nous mettons en place. Elle se réjouit. Nous nous retrouverons l'an prochain à Madrid. C'est promis. En attendant, nous allons échanger via le courrier électronique et peut être mettre une relation professionnelle en place.

A l'heure où je rédige cette note, je me souviens : Mercredi après midi à la Mutualité, c'était une réunion très sage, avec des publics sceptiques, et quelques énergumènes, convaincus, faisant figure de fou solitaire...

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