Les mots justes

Publié le par Chantal Vieuille, éditrice

jan-fabre-louvre-only-acts-of-poetical-terror-L-3-copie-1.jpeg" Je suis sont deux très humbles syllabes prononcées quotidiennement soixante-dix fois par jour par n'importe lequel d'entre nous : " je suis en retard...je suis enrhumé... je suis fatigué... je suis ici... je suis sur le point de partir..." (page 121 de L'Envers de l'esprit de Valère Novarina)
Volontairement je tire ces phrases de leur contexte. La citation est un prétexte pour rappeler que notre langue et notre écriture sont peuplées de ces petits mots et que la plupart du temps ce sont eux, les véritables indicateurs de la tragédie qui peut se dérouler au-delà des mots et des images.
Il y a ces mots là, simples et puis il y a nombre d'autres mots qui composent des registres où ces derniers se révèlent prétentieux ou savants, mais aussi où d'autres s''avèrent être des mots justes, ceux dont nous abons besoin précisément pour dire ce qui se passe. Toute la difficulté de l'écriture c'est de trouver le mot juste. Il y a des textes qui ne veulent rien dire parce que précisément ils ne comportent aucun mot juste...
Traduire l'amour ou la colère, transmettre les émotions et les exposer comme cela pour informer, faire savoir faire comprendre... Ce sont les mots qui nous aident de peu ou de beaucoup pour signaler que nous sommes là.

Oeuvre de Jan Fabre présentée au Musée du Louvre en 2008, Paris.

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