Politiquement abject

Publié le par Chantal Vieuille, éditrice

telechargement-copie-5.jpgC'est le titre du Prière d'insérer de Jean Birnbaum du Monde des Livres daté vendredi 1° novembre. Comme lui, je suis stupéfaite de voir que les insultes lancées par des enfants à Angers, à l'attention de Mme Taubira, ministre de la Justice, n'ont guère provoqué de commentaires désapprobateurs. "Poser la question : comment une telle scène peut-elle avoir lieu ?" écrit le journaliste.

Comment des parents éduquent-ils leurs enfants sans jamais les inviter à parler dans un langue respectueux ? Comment ces enfants qui arrivent, du haut de leurs 10 ans, à insulter froidement un adulte, vont-ils entrer bientôt dans le monde des adultes sans avoir enregistré les codes de politesse dont le social a besoin pour organiser le bien vivre ensemble? Et demain ces mêmes enfants insulteront peut-être leurs parents, leurs grands-parents et autres membres de la famille ? Ces parents qui ont peut-être souri aujourd'hui d'apprendre "l'exploit" langagier de leur progéniture, vont à leur tour injurier leurs enfants irrespectueux... Ainsi commencent les disputes familiales. 

Nous éprouvons un dégoût à l'égard de ceux qui usent du langage pour insulter l'autre. L'insulte, au-delà du mot, trahit une impossibilité à considérer l'autre comme le même que soi, non pas le même sur le plan identitaire, mais un même homme fragile, à respecter tout autant que soi. Etre poli à l'égard de l'autre, c'est d'abord être poli à l'égard de soi-même. La beauté du langage n'est pas l'apanage des gens dits cultivés. Il est aisé de parler bien, de respecter le bien-parler, ne serait-ce que pour éviter de se laisser piéger par les abus du langage. Cet homme qui dit à une femme " tu m'emmerdes" regrette forcément d'avoir offensé l'autre. Mais c'est trop tard. Les insultes sont des gestes de l'irréparable.

Nous éprouvons du dégoût à la pensée que des hommes et des femmes ne sont plus capables de respecter ceux qui occupent des fonctions de responsabilités. N'oublions pas que nous avons eu un président de la république qui insultait des citoyens devant la caméra (scène Casse-toi, pauvre con !). Le langage a perdu ses limites, ses normes, ses codes. Signe des mauvais temps de la 3° République où les injures fusaient comme des fléchettes !

En attendant, nous devrions être nombreux à dénoncer ces insultes ignobles prononcées à l'encontre de Mme Taubira, dans le sillage du journaliste Jean Birnbaum.

Les développements de ce langage se poursuivent à la mi novembre 2013 : l'extrême droite agit mais ne passera pas. L'occasion est unique pour faire barrage à ces représentations de la haine de l'autre.

Voir La Linguistique en cour de Justice de Claude Tousignant, éditions presses Universitaires du Québec.

 

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Plumes d Anges 08/11/2013 10:29


Je partage ton avis et suis perplexe devant le peu de réactions journalistiques (c'est quand même devenu un drole de métier !) !!! Cependant, je ne parlerais pas de codes de politesse mais de
codes de respect. Respecter l'autre est un minimum que nous nous devons tous et que nous devons à tout le vivant il me semble. Bises et belle journée à toi.  brigitte