Publier, numériser, diffuser

Publié le par Chantal Vieuille, éditrice

 

 

artelitteralogo2011-1.jpgLe livre n'a jamais bénéficié de tant d'intérêts. De l'imprimerie à la numérisation, de la rédaction à la parution, nos cultures, occidentales et orientales privilégient la suprématie de l'écrit sur l'oral, et même la valorisation du texte sur l'image.

Les dérèglements du monde arabo-musulman tels qu'ils apparaissent actuellement mettent à jour de manière concomitante toutes les failles de nos pensées occidentales. Voici qu'apparaissent de nouveaux appareils critiques qui viennent de la part des enseignants-chercheurs à qui les médias donnent actuellement la parole. Et c'est tant mieux ! Il est fini, ce temps si récent encore où un événement politique, national ou international, était aussitôt commenté par un ou deux intellectuels, toujours les mêmes. Aujourd'hui, les journalistes tendent leur micro à des universitaires, ceux qui transmettent leur savoir, et ce sont eux qui nous permettent de comprendre, du moins d'apprivoiser, des questionnements nouveaux liés à des complexités culturelles étrangères.

Tous ces bouleversements vont donner lieu à de nouvelles publications et donc à l'émergence de nouveaux penseurs. Aux éditeurs, d'être plus que jamais les passeurs, les interfaces. Aux éditeurs de relever le défi qui consiste à accepter aussi que nos pensées confortables se laissent bouleverser.

Alors que Google s'apprête à devenir le plus grand libraire du monde, les livres qu'ils soient imprimés ou numérisés, vont circuler au delà des frontières et parvenir là même où l'on ne lisait pas, où l'on n'écrivait pas...

Les éditeurs tout numériques ouvrent aujourd'hui leur porte, au même titre que les éditeurs tout papier. Et simultanément, on n'a jamais eu autant besoin de lire, d'écrire, de publier, d'apprendre, de partager des connaissances.

Dans cette multitude de textes, le lecteur saura de lui-même distinguer le bon grain de l'ivraie.

De ce fait, la priorité sera plus que jamais accordée à la lisibilité de la mise en pages des textes.

C'est sans doute, la mise en pages qui fera la différence entre les textes lisibles et ceux illisibles. Car le lecteur sur écran va imposer de nouvelles exigences de lisibilité qu'il ne réclame pas forcément lorsqu'il lit un livre au format papier.

Les dérèglements du monde, pour être compris, doivent pouvoir être lisibles.

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