Ré-écriture d'un manuscrit

Publié le par LE LIVRE A LA CARTE

Beaucoup d'auteurs ne sont pas concernés par la mission de réécriture qui consiste à confier son texte à une personne extérieure afin de lui redonner une architecture cohérente, reprendre certains passages, les transformer sans jamais altérer le sens, enfin faire en sorte que ce texte acquiert toutes les qualité de lisibilité nécessaires pour devenir un bon texte.

Il y a des textes impossibles à ré-écrire, quand bien même l'auteur le souhaiterait. Il s'agit alors de textes singuliers, disposant de leur propre personnalité, de leur langue, etc.

La ré-écriture impose de la part de celui qui va mettre en oeuvre cette mission, de s'effacer au profit de l'auteur. C'est un travail à faire dans l'humilité. Que veut dire l'auteur ? Pourquoi veut-il écrire ceci ou cela ? Il faut alors intégrer son système de pensée et l'adapter à l'univers de compréhension qui est le nôtre. Il y a des ré-écritures qui s'appuient essentiellement sur la parole de l'auteur. Ce dernier en général a écrit seulement quelques feuillet. Il sait ce qu'il veut dire mais manque de liberté pour s'approprier les arcanes de la langue écrite. Le travail devient minutieux, comme un orfèvre.

La ré-écriture est un style. Ne pas être précieux là où l'auteur revendique du simple, de l'ordinaire, du populaire, etc. La ré-écriture exige une grande discipline sur soi. Oublier soi pour écouter l'auteur et l'aider à se mettre en relation avec le lecteur à venir.

Peu nombreux sont ceux qui aiment faire ce travail souvent fastidieux, mais ô combien riche d'enseignements, d'expériences de la vie. C'est pourquoi cette prestation a son coût financier. Ni trop cher, ni pas assez cher. Mas avant de définir le coût, il faut définir avec soin la relation qui va s'établir entre l'auteur et son ré-écriteur. La mission peut se poursuivre sur plusieurs mois. On va écrire, déchirer les feuillets, recommencer, relire, gommer, raturer, reconnaître que ça ne va pas, recommencer encore. Mais l'auteur est là, sans cesse sollicité. "Qu'en pensez-vous ? Est-ce que cette partie vous convient ?"

La ré-écriture de documents d'information est plus aisée. En général on intervient dans un domaine plus ou moins connu. Il n'y a pas d'affect. On écrit à la place de l'auteur. On ré-écrit derrière l'auteur.

Le plus grand plaisir pour celui qui ré-écrit, c'est d'entendre l'auteur lui confier : "Là dedans je me reconnais bien !"

Chaque fois que je reprends ainsi un texte pour un auteur, je fais en sorte que nous parvenions ensemble à ce stade de pleine et entière satisfaction.

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