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La part du rêve ?

Publié le par LE LIVRE A LA CARTE

Le PDG de Google, Eric Schmidt, récemment devant un public de 6000 étudiants de l'Université de Pennsylvanie, a encouragé son auditoire à éteindre les ordinateurs et les téléphones portables et prendre ainsi le temps de découvrir tout ce qu'il y a d'humain autour de soi. Cette invitation est remarquable et fait rêver. Pourquoi écrivez-vous ? parce que j'ai décidé de prendre le temps de rêver.

La société post industrielle dans laquelle nous vivons tue le rêve. Cette invitation est encore plus remarquable quand on sait qu'elle s'adresse à des jeunes gens qui viennent de terminer leurs études (c'était une séance de remise de diplômes de fin d'études) et qu'on peut imaginer que leurs premières années de vie professionnelle vont se dérouler devant des écrans et l'oreille collée contre un Blackberry ou un Iphone.

Au XXe siècle, il y a deux générations seulement qui ont pris le temps de rêver. La première est celle des artistes Dadaistes et Surréalistes, à la sortie du cauchemar que fut la Première Guerre mondiale ; ces jeunes gens dont nombreux avaient été enrôlés dans la guerre se sont rassemblés pour inventer une façon de vivre, où l'art et la poésie affirmeraient des valeurs politiques. Sous la houlette d'André Breton, ils ont remis en cause un système de valeurs traditionnelles et établies pour donner la parole à l'imaginaire. Cela a démarré en Europe et plus particulièrement en France, et le mouvement s'est propagé peu à peu au delà de l'Atlantique sur le continent américain. On peut considérer que le surréalisme meurt pendant la Seconde guerre mondiale. La seconde génération est celle des Hyppies des années 1960 et là le mouvement partira des Etats Unis et rayonnera dans toute l'Europe. Une génération de jeunes se soulève contre celle de leur parents, prône le renversement de valeurs bourgeoises, développe une nouvelle façon de vivre et là les femmes prennent réellement la parole. La part utopique de la génération hyppies est puissante parce qu'elle associe toutes sortes de revendications associées à toutes sortes de groupuscules.

Pourquoi écrivez-vous ? parce que j'ai décidé de prendre le temps de rêver. Je pose la question régulièrement aux auteurs de manuscrits. Les auteurs ne rêvent pas. Du moins ils ne le disent pas. Ils n'osent peut être pas le dire... Ils préfèrent parler de leur désir d'être connus ou reconnus (alors ils sont tellement nombreux qu'on ne les entend plus, on ne les remarque plus, ces auteurs là qui veulent bénéficier d'une heure de gloire grâce à un petit livre publié). Ils se justifient par le fait qu'ils ont quelque chose à dire... L'écriture est ce lieu fantastique où je (je = celui qui écrit, et non pas moi l'auteur du blog) me recentre, où je frôle les désirs, où je laisse apparaître l'autre face du miroir, ce que je ne montre pas dans la vie quotidienne. L'écriture est un territoire qu'il faut apprivoiser longuement, comme un jardin. L'écriture c'est aussi un lieu de confrontations, de dialogues et de pensées avec l'autre. L'écriture épouse l'intime et ne peut se satisfaire de "gloire" éphémère.

Ce matin, je remercie le PDG de Google de rappeler le rôle majeur de la poésie.

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Edition numérique

Publié le par LE LIVRE A LA CARTE

Après des mois de réflexions, nous arrivons au bout de la période de gestation.
Prochainement, nous ouvrirons un nouveau site : artelittera.com
Sur cette plate-forme de téléchargement de chapitres de livres ou d'articles, vous pourrez acheter à un prix constant (1 euro) 15 ou 20 pages extraites d'un ouvrage papier.
Aujourd'hui le site est visible mais ne sera pas en production avant la fin mai 2009, ce qui veut dire que vous ne pourrez pas déclencher un acte d'achat d'ici cette date.
Ce site va sans doute provoquer des réactions diverses et variées. Nous les avons déjà reçues : "c'est honteux ! ce projet va à l'encontre de la lecture et du livre !" ou bien " je suis dépassé par ce genre d'innovation..." ou "ce n'est pas assez cher !..."

Ce que nous pensons :
Aujourd'hui notre culture est mondiale. La France comme de nombreux pays industrialisés n'échappera pas à la diffusion de nouveaux supports de lecture. Les jeunes générations sont très à l'aise avec les écrans pour lire, écrire, communiquer, travailler, étudier, etc. Comme le dit Richard Millet, écrivain et éditeur des éditions Gallimard (mais dans un autre contexte, dois-je le préciser ?), les lecteurs de livres sont déjà des dinosaures...
Nous pensons que la numérisation des ouvrages est un formidable moyen de diffuser la pensée des chercheurs universitaires.
Si le téléchargement payant d'articles scientifiques s'est largement répandu sur le web, les disciplines littéraires et de sciences humaines sont nettement moins valorisées.
C'est pourquoi nous allons proposer aux internautes d'acquérir en téléchargement payant des chapitres d'essais ou études en littérature française, philosophie, spiritualités, sciences humaines, économie, politique, finances, mais aussi histoire de l'art.
Notre ambition est de valoriser sur la toile des travaux de recherches universitaires francophones dans un espace largement dominé par la langue anglaise.
Notre exigence intellectuelle fait que nous diffuserons des articles ou chapitres de qualité pouvant circuler au-delà de la communauté française.
Notre souci c'est aussi de valoriser l'écrit, et donc le livre publié. C'est pourquoi chaque chapitre présentera toujours en lien le site de l'éditeur ainsi que la couverture de l'ouvrage.
Nous travaillons indépendamment des institutions culturelles françaises ou européennes. Notre projet a l'ambition de permettre aux chercheurs francophones de faire-valoir leurs travaux par un outil favorisant leur circulation. Un chercheur, pour exister, a besoin de voir son travail cité en référence par d'autres chercheurs, en France ou à l'étranger.

D'ores et déjà, faites-nous partager vos réactions sur cette initiative.
Si vous êtes étudiant, chercheur universitaire ou autre, et si vous recherchez un chapitre précis en relation avec vos travaux de recherche, donnez-nous les références, nous en tiendrons compte.

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Auto-édition

Publié le par LE LIVRE A LA CARTE

C'est rare qu'une éditrice ou un éditeur parle favorablement de l'auto-édition.
De nombreux auteurs n'ont pas leur place chez les éditeurs ; ils sont plus efficaces qu'une maison d'édition pour promouvoir leurs textes. Je les encourage, lorsqu'ils m'adressent des manuscrits, à choisir cette voie.
Grâce à l'explosion de l'impression en numérique qui aujourd'hui présente toutes les qualités d'impression que l'on est en droit d'exiger pour publier un livre, l'auto-édition devient un projet facile à réaliser.
La seule mise en garde que j'émets, c'est le fait que l'auteur n'est pas à même de se relire, de se corriger, voir de se ré-écrire. Et sauf s'il est doué pour çà, il n'est pas le meilleur pour procéder lui-même à la mise en pages de livres. Les maisons d'édition disposent de savoirs intégrés dans leur fonctionnement permettant de réaliser ce type de travaux.
Un livre qui propose un texte mal corrigé, avec des fautes de typographies ou d'orthographes, dont la mise en pages n'a pas laissé de place pour les marges, etc. c'est un livre qui ne séduira pas le lecteur. Donc le projet de l'auto-édition entrainera alors une perte de temps et d'argent !

D'où le fait que depuis plusieurs années déjà, j'ai mis en place une agence Le Livre à la carte, spécialisée en corrections, réécriture et mise en pages de livres. Cela nous permet d'accompagner les auteurs qui nous sollicitent sur des chemins qu'ils connaissent peu ou mal. A charge pour eux de faire la promotion et la commercialisation de leur ouvrage, une fois imprimé, tandis que nous les accompagnons sur l'écrit à mettre en pages jusqu'à l'impression. Il faut faire appel à des imprimeurs spécialisés en numérique, disposant d'un parc technologique de pointe, ce qui permet d'imprimer des ouvrages de très belle facture, à 100 ou 200 exemplaires, voire moins. La solution est idéale puisqu'on peut réimprimer à la demande et ainsi supprimer les stocks et donc l'immobilisation financière.

A la fin de l'année 2009 à New York, se tiendra le premier salon de l'auto-édition : http://www.selfpubbookexpo.com/
Ce projet mérite d'être remarqué car, s'il prend de l'ampleur, il pourrait à terme modifier les fonctions principales des maisons d'édition.
En effet il se peut qu'avec l'explosion de la bulle internet en matière de commercialisation d'ouvrages, avec le développement des plateformes de téléchargement, on puisse s'attendre à voir d'ici 10 ans de nouvelles zones de production de livres qui n'auront pas besoin des maisons d'édition, devenues des sortes de dinosaures pour la circulation des livres.
Il faut rester ouvert sur le monde qui bouge.

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Editer de la littérature érotique

Publié le par LE LIVRE A LA CARTE

Les collections de textes érotiques sont en nombre réduit. Elles manquent totalement de créativité. Quelques initiatives émergent ici et là dans le domaine français, qui correspondent davantage à une opération commerciale.

Nombreux sont les auteurs qui présentent des textes de fiction, aux maisons d'édition, plus ou moins érotisés. En aucun cas on ne peut dire que ce type de littérature contemporaine a des liens avec la littérature érotique. Mais lire un "manuscrit érotique", c'est forcément s''interroger sur les frontières possibles entre littérature érotique et littérature pornographique.

Au plan marketing, on dit que l'édition de textes érotiques se porte bien. Même les Éditions du Seuil récemment ont lancé une collection "rose" pour tenter de séduire un lectorat. On ignore si à ce jour les résultats des ventes satisfont les prévisions de marché.
Les femmes écrivent de belles pages de littérature érotique. Avec beaucoup d'imagination sensuelle. Avec finesse et intelligence. L'histoire érotique met en scène des rencontres amoureuses ou libertines qui tranchent radicalement avec les nombreux textes d'auto fiction, que les éditeurs reçoivent, traitant d'un sujet très ordinaire, celui de l'amour perdu, l'amour malheureux, le couple déchiré. Les femmes, mieux que les hommes, savent traduire le désir, la séduction, mais aussi savent, au gré de leur imagination, mettre en scène des postures licencieuses.
Les hommes, plus pudiques, maitrisent moins bien ce genre d'écriture. Et curieusement nos célèbres auteurs de littérature érotique française sont principalement des hommes. C'est un paradoxe.

Dans le cadre de mon travail d'éditrice, je suis souvent sollicitée pour remanier des textes érotiques ; je remets en forme, je reprends, je corrige, je réajuste, toujours en accord avec l'auteur. Lorsque le travail est achevé, l'auteur, la plupart du temps, se rend compte qu'en effet une femme a su traduire avec davantage de qualités, ce terrain particulier des émotions intimes, tout en respectant le point de vue de l'auteur masculin.
Mais cela dit, comment décider de la valeur de tel ou tel texte érotique ? Le texte érotique n'a de valeur qu'à partir du moment où il entre dans l'espace du fantasme. Beaucoup de textes érotiques médiocres commentent ou racontent des scènes vécues ou imaginées, mais sans accorder une place privilégiée au fantasme.
Récemment, j'ai lu un texte érotique d'André Pieyre de Mandiargues (1909-1991) que je n'avais jamais lu : L'Anglais décrit dans le château fermé (Coll. L'Imaginaire, Gallimard). Ce texte d'influence sado-masochiste est uniquement composé de scènes de tortures, mise en scène par un personnage monstrueux, Monsieur de Montcul, qui accueille le temps d'un week-end le narrateur, curieux et libertin, dans son château de Gameluche érigé sur un socle de rochers en pleine mer si bien que l'accès n'est possible qu'à marée basse ; dès l'arrivée du narrateur dans cet enfer, les scènes érotiques les plus cruelles vont se succéder à un rythme inouï. Lors de la ré-édition de ce texte, André Pieyre de Mandiargues écrit dans son introduction : " Chez moi (puisque c'est de l'auteur de L'Anglais dont il est question) comme chez de nombreux écrivains d'origine protestante, Français du XVIe siècle ou Anglo-Saxons du XIXe principalement, je sais bien qu'une certaine érotomanie et un certain puritanisme font un singulier mélange où les deux constituants, qui mutuellement s'exaltent, sont en contraste moins vif qu'on ne penserait. Au fond de la plupart de nous, dans des caves que beaucoup je le reconnais, savent tenir fermées, le sadomasochisme fait étinceler des feux de joie qui célèbrent les noces spirituelles du salut et de la damnation"
C'est l'ouvrage le plus "abominable" (c'est le qualificatif employé par l'écrivain lui-même) de l'œuvre d'André Pieyre de Mandiargues.
La littérature érotique, si elle dispose d'un volet pour des textes d'inspiration sado-masochiste, englobe également de nombreuses autres catégories où le corps est exalté et réjoui dans des dimensions festives que l'écriture peut servir admirablement.
C'est pourquoi la littérature érotique, à penser sous forme de catégories, constitue un genre délicat et complexe.
Décider d'éditer un texte érotique, c'est faire un choix conscient dans le champ des désirs. Pas facile !


A lire : Récits érotiques et fantastiques, de André Pieyre de Mandiargues (Auteur), sous la direction de Gérard Macé et Sibylle Pieyre de Mandiargues, Collection Quarto Gallimard, 2009.

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Célébration des écrivains antillais

Publié le par LE LIVRE A LA CARTE

Face aux événements actuels qui secouent la vie sociale et politique des îles antillaises françaises, la célébration des écrivains de l'île de Martinique disposée sous forme énumérative constitue un acte de soutien politique. Cette liste a été établie à partir des données relevées sur le site Wikipedia. Elle peut être améliorée et enrichie par toute suggestion.

Jean Bernabé, né au Lorrain en Martinique en 1942, est un écrivain et linguiste français. Il est aussi le co-fondateur du mouvement littéraire "La Créolité". Il fut durant plusieurs années le Doyen de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de l'Université des Antilles et de la Guyane. Il a publié :
* La fable créole
* La graphie créole
* La malgeste des mornes
* Fondal-Natal, essai, 1976 3 volumes
* Fondas-Kréyol, essai, 1982
* Éloge de la créolité, essai, 1989 (avec Patrick Chamoiseau et Raphaël Confiant)
* Le bailleur d'étincelle, roman, 2002
* Précis de syntaxe créole, linguistique créole, 2003
* Le partage des ancêtres, roman, 2004

Guy Cabort-Masson, né en 1937 à Saint-Joseph en Martinique et décédé en mars 2002, est un écrivain nationaliste et anticolonialiste. Il a publié :
* La mangrove mulâtre (roman)
* Pourrir, ou martyr un peu (roman)
* Les puissances d'argent en Martinique : l'Etat français, la caste békée et les autres (essai)
* Les indépendantistes face à eux-mêmes (essai)
* La face cachée de la France aux Antilles : pour une histoire des forces armées coloniales françaises (essai) co-auteur C.Chauvet
* Martinique, comportements et mentalité (essai), Prix Frantz Fanon en 1998

Nicole Cage-Florentiny, né en Martinique où elle vit toujours, est une poète et romancière. Elle écrit sur des faits d'actualité de la société martiniquaise, l'identité culturelle à l'intention des enfants, la prostitution. Elle a publié :
* "Arc-en-ciel, l'espoir" poèmes édition bilingue. Casa de las Américas, Cuba, 1996
* "Confidentiel", roman jeunesse. Edition Dapper, Paris, 2000
* L'Espagnole, Edition Hatier, Paris, 2002
* Aime comme musique ou comme mourir d'aimer, roman. Editions Le Manuscrit puis Editions Scripta en 2006
* C'est vole que je vole, Edition Les oiseaux de papier, Bretagne, 2006
* Et tu dis que tu m'aimes !, Edition Les oiseaux de papier, Bretagne 2007
* Une robe couleur soleil, conte pour enfants, Edtions Lafontaine,Fort-de-France, 2007
* Palabras de paz por tiempos de guerra, poèmes, Edition El Perro y la Rana, Caracas, 2007
* "Dèyé pawol sé lanmou"/"Par-delà les mots, l'amour", Poèmes français/créole, préface de Frank Etienne. K Editions, Fort-de-France, 2008

Elle a reçu les récompenses suivantes :
* 2009 : "Vole avec elle". Roman. Editions Acoria, Paris
* 1996 : elle obtient le Prix Casa de las Américas à Cuba pour son recueil de poèmes "Arc-en-Ciel, l'espoir"
* 2002 : Prix Oeneumi, République de Macédoine pour une sélection de poèmes inédits
* 2004 : Prix de la Créativité au Liban pour "Paroles de paix pour temps de guerre", poèmes
* Son roman C'est vole que je vole a reçu le Prix Gros Sel en 2006.


Aimé Césaire
, de son nom complet Aimé Fernand David Césaire, né en 1913 à Basse-Pointe en Martinique et décédé en 2008 à Fort-de-France, est un poète et homme politique français. Il est l'un des fondateurs du mouvement littéraire de la négritude et un anticolonialiste résolu. Il a publié :
* Œuvres complètes (trois volumes), Desormeaux, Fort-de-France, 1976

Poésie
* Cahier d'un retour au pays natal, Revue Volontés n°20, 1939, Pierre Bordas 1947, Présence africaine, Paris, 1956.
* Les Armes miraculeuses, 1946, Gallimard, Paris, 1970
* Soleil cou coupé, 1947, Éditions K., Paris, 1948
* Corps perdu (gravures de Picasso), Éditions Fragrance, Paris, 1950
* Ferrements, Seuil, Paris, 1960, 1991
* Cadastre, Seuil, Paris, 1961
* Moi, laminaire, Seuil, Paris, 1982
* La Poésie, Seuil, Paris, 1994

Théâtre
* Et les chiens se taisaient, Présence Africaine, Paris, 1958, 1997
* La Tragédie du roi Christophe, Présence Africaine, Paris,1963, 1993
* Une saison au Congo, Seuil, Paris, 1966, 2001
* Une tempête, d'après La Tempête de William Shakespeare : adaptation pour un théâtre nègre), Seuil, Paris, 1969, 1997

Essais
* Esclavage et colonisation, Presses Universitaires de France, Paris, 1948, réédition : Victor Schoelcher et l'abolition de l'esclavage, Éditions Le Capucin, Lectoure, 2004
* Discours sur le colonialisme, éditions Réclames, Paris, 1950 ; éditions Présence africaine, 1955
* Discours sur la négritude, 1987, Paris, Présence Africaine, 2004 (avec le Discours sur le colonialisme).

Histoire
* Toussaint Louverture, La révolution Française et le problème colonial, Présence Africaine, Paris, 1962

Entretiens
* Rencontre avec un nègre fondamental, Entretiens avec Patrice Louis, Arléa, Paris, 2004
* Nègre je suis, nègre je resterai, Entretiens avec Françoise Vergès, Albin Michel, Paris, 2005

Enregistrement audio
* Aimé Césaire, Hatier, Paris, Les Voix de l'écriture, 1994

Patrick Chamoiseau, né à Fort-de-France en Martinique en décembre 1953, est un écrivain français. Il a publié :

* Maman Dlo contre la fée Carabosse, théâtre-conte, Éditions caribéennes, 1981
* Chronique des sept misères, roman, Gallimard, 1986
* Solibo magnifique, roman, Gallimard, 1988
* Au temps de l'antan, contes créoles, Hatier, 1988
* Martinique, essai, Ed. Hoa-Qui, 1990
* Éloge de la créolité, essai, Gallimard, 1989 (avec Jean Bernabé et Raphaël Confiant)
* Antan d'enfance, Hatier, 1990
* Lettres créoles : tracées antillaises et continentales de la littérature, Haïti, Guadeloupe, Martinique, Guyane (1635-1975), essai, 1991 (avec Raphaël Confiant)
* Texaco, roman, Gallimard, 1992, Prix Goncourt
* Une Enfance créole 1, Antan d'enfance, autobiographie, 1993, Prix Carbet
* Martinique, essai, 1994 (avec V. Renaudeau)
* Guyane : Traces-Mémoires du bagne, essai, 1994
* Une enfance créole 2, Chemin d'école, autobiographie, 1994
* Écrire en pays dominé, essai, 1997
* L'Esclave vieil homme et le molosse, conte, 1997
* Emerveilles , 1998
* Elmire des sept bonheurs : confidences d'un vieux travailleur de la distillerie Saint-Etienne, essai, 1998 (avec Jean-Luc de Laguarigue)
* Case en pays-mêlés, 2000 (avec Jean-Luc de Laguarigue)
* Métiers créoles : tracées de mélancolie, Hazan, 2001 (avec Jean-Luc de Laguarigue)
* Biblique des derniers gestes, roman, 2002, Prix Spécial du Jury RFO
* Les bois sacrés d'Hélénon, 2002 (avec Dominique Berthet)
* Le commandeur d'une pluie ; l'accra de la richesse, 2002 (avec William Wilson)
* Livret des villes du deuxième monde, 2002
* Une enfance créole 3, À bout d'enfance, autobiographie, 2005
* Un dimanche au cachot, roman, 2007
* Quand les murs tombent ; l'identité nationale hors-la-loi ?, essai, 2007 (avec Edouard Glissant)

Raphaël Confiant, né en 1951 au Lorrain en Martinique, a fait ses études supérieures à l'Université d'Aix-en-Provence. Il écrit dans les deux langues. Il est actuellement maître de conférence à l'Université des Antilles et de la Guyane.
Il a publié :
En langue créole :
* Jik dèyè do Bondyé, nouvelles, 1979
* Jou Baré, poèmes, 1981
* Bitako-a, roman, 1985
* Kòd Yanm, roman, 1986
* Marisosé, roman, 1987
* Dictionnaires des titim et sirandanes, 1997

En langue française *
* Le Nègre et l'Amiral, roman, 1988, Prix Antigone
* Eloge de la créolité, essai, 1989 (avec Jean Bernabé et Patrick Chamoiseau)
* Lettres créoles: tracées antillaises et continentales de la littérature (1635-1975), essai, 1991
* Eau de Café, roman 1991, Prix Novembre
* Ravines du devant-jour, récit, 1993, Prix Casa de las Americas
* Commandeur du sucre, récit, 1993
* Aimé Césaire, une traversée paradoxale du siècle, essai, 1993
* L'Allée des Soupirs, roman, 1994, Prix Carbet
* Bassin des ouragans, récit, 1994
* Les maîtres de la parole créole, contes, 1995
* Contes créoles, contes, 1995
* Le Gouverneur des dés, récit, 1995
* Mamzelle Libellule, roman, 1995
* La Savane des pétrifications, récit, 1995
* La Vierge du Grand Retour, roman, 1996
* La baignoire de Joséphine, récit, 1997
* Le Meurtre de Samedi-Gloria , roman , 1997, Prix RFO
* L'archet du colonel, roman, 1998
* Régisseur du rhum, récit, 1999
* Le Cahier de Romance, récit, 2000
* Brin d'amour, roman, 2001
* Nuée ardente, récit, 2002
* La panse du chacal, roman 2004, Prix des Amériques insulaires et de la Guyane
* Adèle et la pacotilleuse, roman 2005
* Nègre marron, roman, 2006

Tony Delsham, né en février 1946 à Fort-de-France en Martinique, est un écrivain français. Il est le rédacteur en chef de l'hebdomadaire Antilla et participe régulièrement à l'émission Dialogue avec la presse de Kanal Martinique Télévision.
Il a publié :
* Le Salopard. Paris : Presses de la Circex, 1971.
* Xavier: le drame d'un émigré antillais. Fort-de-France: Éditions M.G.G., 1981.
* Ma Justice. Fort-de-France: Éditions M.G.G., 1982.
* Les Larmes des autres, roman antillais. Fort-de-France: M.G.G., 1983.
* Lapo Farine, roman antillais. Fort-de-France: M.G.G., 1984.
* Panique aux Antilles. Fort-de-France: M.G.G., 1985.
* Tracée sans horizon. Fort-de-France: M.G.G., 1985.
* L'Impuissant. Fort-de-France: M.G.G., 1986.
* L'Ababa. Fort-de-France: M.G.G., 1987.
* Le Siècle :
o Tome 1 : Fanm Dèwó, roman antillais. Schœlcher: MGG, 1993.
o Tome 2 : Antan Robè, roman antillais. Schœlcher: MGG, 1994.
o Tome 3 : Lycée Schœlcher. Schœlcher: MGG, 1995.
o Tome 4 : Choc. Schœlcher: MGG, 1996.
o Tome 5 : Dérives, roman antillais. Schœlcher: MGG, 1999.
* Kout fè.
Schœlcher: MGG, 1994.
* Papa, est-ce que je peux venir mourir à la maison ? Schœlcher: MGG, 1997.
* Gwo Pwèl, vies coupées. Schœlcher: MGG, 1998.
* Gueule de journaliste. Schœlcher: MGG, 1999.
* Négropolitains et euro-blacks. Schœlcher: MGG, 2000.
* Chauve qui peut à Schœlcher, comédie policière. Schœlcher: Martinique Éditions, 2001.
* Tribunal femmes bafouées. Schœlcher: Martinique Éditions, 2001.
* Lapo Farine. Schœlcher: Martinique Éditions., 2002.
* Chauve qui peut à Schœlcher, comédie policière. Schœlcher: Martinique Éditions, 2003.
* Filiation :
o Tome 1 : M'man Lèlène. Schœlcher: Martinique Éditions, 2004.
o Tome 2 : Une Petite Main, chargez ! Schœlcher: Martinique Éditions, 2004.
o Tome 3 : Le Fromager. Schœlcher: Martinique Éditions, 2005.

Essai
* Cénesthésie et l'urgence d'être, 2005.

Théâtre
* Katia, adaptation de l'Ababa par Tony Delsham, mise en scène de Gérard Bourdon en janvier 1994. Tournées : Martinique, Guadeloupe.
* Tribunal femmes bafouées, adaptation de Tony Delsham. Mise en scène de José Alpha. Tournées: Martinique, Guadeloupe, France, Canada.
* Hugo, expérience de co-écriture avec un auteur haïtien (Syto Cavé), un auteur canadien (Dominique Champagne) et un auteur martiniquais (Tony Delsham). Mise en scène de Gérard Bourdon. Producteur: Centre d'Actions Culturelles (Martinique), 1998.
La route du rêve. Mise en scène de Gérard Bourdon.
* Papa, est-ce que je peux venir mourir à la maison ? Adaptation de Tony Delsham, mise en scène de Jean José Alpha. Tournées 1999 : Martinique, Guadeloupe, France, Canada, Sainte-Lucie.
* Captation vidéocassette : Production de L'Union pour la Promotion de l'Art Antillais et du Conseil général de la Martinique, 2000.

Télévision
* Papa, est-ce que je peux venir mourir à la maison ? Adaptation et réalisation: Christian Lara. Coproduction: RFO et Caraïbe Film Compagnie. Téléfilm présenté à Paris le 25 juin 2001 et diffusé à la Guadeloupe et à la Martinique en octobre 2001.

Bandes dessinées
* M.G.G, mensuel de bandes dessinées. Tony Delsham, directeur de la publication et rédacteur en chef, 1972-1975.
* Colick Blag Bo kaye, mensuel satirique. Tony Delsham, directeur de la publication, 1972-1975.
* Le retour de Monsieur Coutcha (album), scénario de Tony Delsham; dessins de Abel. Fort-de-France: Éditions M.G.G., 1984

Frantz Fanon né à Fort-de-France en Martinique en juillet 1925 et décédé à Washington DC en décembre 1961, était un psychiatre et essayiste français. Il fut l'un des fondateurs du courant de pensée tiers-mondiste. Il a publié :
* L'œil se noie, Les Mains parallèles, La Conspiration, trois pièces de théâtres inédites écrites entre 1949 et 1950. Ouvrages introuvables.
* Peau noire, masques blancs, 1952.
* L'An V de la révolution algérienne, 1959.
* Les Damnés de la Terre, La Découverte, 1961.
* Pour la révolution africaine, La Découverte, 1964.

Édouard Glissant, né en septembre 1928 à Sainte-Marie à la Martinique est un écrivain, poète et essayiste français. Titulaire d’un doctorat ès lettres, il publie ses premiers ouvrages après des études en ethnographie au Musée de l'Homme, d’histoire et de philosophie à la Sorbonne. Il est très engagé en faveur de la reconnaissance de la culture antillaise. Il a publié :
* Un champ d’îles, poème
* La Terre inquiète, poème
* Les Indes, poème
* La Terre inquiète', poésie, 1955
* La Lézarde, roman, 1958, Prix Renaudot
* Le sel noir, poésie, 1960
* Monsieur Toussaint, théâtre, 1961
* Le Quatrième Siècle, roman, 1964
* Un champ d’îles, La Terre inquiète, Les Indes, poésie, 1965
* L'Intention poétique, (Poétique II), essai, 1969
* Le discours antillais, essais, 1981
* La case du commandeur, roman, 1981
* Pays rêvé, pays réel, poésie, 1985
* Poétique de la Relation, essais, 1990
* Tout-Monde, roman, 1993
* Faulkner, Mississippi, Stock, Paris, 1996, rééd. Gallimard, Folio essais, Paris, 1998, 368 p. (ISBN 2-07-032981-X)
* Traité du Tout-Monde, essais, 1997
* Mahagony, roman, 1997
* Malemort, roman, 1997
* Le quatrième siècle, roman, 1997
* Sartorius..., roman, 1999
* Le monde incréé, poésie, 2000
* Ormérod, roman, 2003
* La cohée du lamentin, essais, 2004
* Une Nouvelle région du monde. Esthétique 1, essais, 2006
* Quand les murs tombent - L'identité nationale hors la loi ?, essai, avec Patrick Chamoiseau, 2007
* L'intraitable beauté du monde - Adresse à Barack Obama, essai, avec Patrick Chamoiseau, 2009

René Ménil, né en 1907 au Gros-Morne en Martinique et décédé en août 2004, est un philosophe et essayiste. Il fut professeur de philosophie au lycée Victor-Schoelcher de Fort-de-France. Il est avec Césaire, Fanon et Glissant l'un des plus grands penseurs martiniquais.
Il a publié :
* Tracées : identité, négritude, esthétique aux Antilles, éditions Robert Laffont, 1992
* Légitime défense, 1932, réédité 1997
* Antilles déjà jadis, 1999

René Ménil fut l'auteur de nombreux articles politiques dans le journal Justice, organe du Parti communiste martiniquais.

Xavier Orville, né en janvier 1932 à Case-Pilote en Martinique et décédé en août 2001, est un philosophe et romancier. Agrégé d'espagnol et titulaire d'un doctorat de littérature soutenu à la Faculté de Lettres de Toulouse. Professeur de lycée en France, avant d'être nommé à l'université des Antilles Guyanne, il a publié :
* Délice et le Fromager, Paris, Grasset, 1977.
* La Tapisserie du temps présent, Paris, Grasset, 1979.
* L'Homme au sept noms et des poussières, Paris, Grasset, 1980.
* Le Marchand de larmes, Paris, Grasset, 1985.
* Laisser brûler Laventurcia, Paris, Grasset, 1989.
* Cœur à vie, Paris, Stock, 1993.
* La Voie des cerf-volants, Paris, Stock, 1994.
* Moi, Trésilien-Théodore Auguste, Paris, Stock, 1996.
* Le Corps absent de Prosper Ventura (préface de Martine Le Coz), Paris, Du Rocher, 2002.

Nouvelles
* Koubaril, Toulouse, Gutenberg, s.d.
* Le Parfum des belles de nuit, Saint-Maur, Sépia, 1996.
* « Sous-marins », in Bernard Magnier (dir.), À peine plus qu'un cyclone aux Antilles, Cognac, Le Temps qu'il fait, 1998, p. 31-36.

Théâtre
Certaines pièces de Xavier Orville ont été mises en scène et publiées, comme Cœur de vie (Paris, Stock, 1993) et La Romance (1994). Traversée a été jouée par le théâtre du Flamboyant de la Martinique en octobre 1995 et présentée au Festival des francophonies à Limoges.

Articles
* « Création romanesque et conception antillaise du monde », Parcours, n° 13-14.
* « Écrire dans la Caraïbe aujourd'hui », Conjonction, n° 202 (1997), p. 81-86.

Il a reçu les récompenses suivantes :
* 1979 : Prix littéraire des Caraïbes, pour Délice et le Fromager.
* 1993 : Prix Frantz-Fanon, pour Coeur à vie.

Audrey Pulvar, née en février 1972 à Fort de France en Martinique, est une journaliste française et notamment présentatrice du journal télévisé de France 3. Elle a publié :
* L'Enfant-Bois, Mercure de France, Paris, 2004

Raphaël Tardon, de son nom complet Raphaël Louis Thomas Tardon, né en octobre 1911 à Fort-de-France en Martinique et décédé en janvier 1967 à Paris, était un poète et écrivain français. Il a publié :
* Bleu des Isles, Fasquelle (Paris) - Recueil de contes sur le microcosme martiniquais
* Starkenfirst, Fasquelle (Paris) - Roman, grand prix littéraire des Antilles 1948
* La Caldeira, Fasquelle (Paris) - Réédité en 2002 par Ibis Rouge - Roman, reconstitution du Saint-Pierre d'avant l'éruption de 1902
* Le combat de Schoelcher, Fasquelle (Paris) - Essai historique
* Christ aux poing, Fasquelle (Paris) - Roman sur l'Océanie
* Toussaint Louverture, le Napoléon noir, Éditions Bellemand - Essai historique
*Noirs et blancs, l'appartheid, Denoël (Paris) - Essai sur l'Afrique du SudBleu des Isles, Fasquelle (Paris) - Recueil de contes sur le microcosme martiniquais
*Starkenfirst, Fasquelle (Paris) - Roman, grand prix littéraire des Antilles 1948
* La Caldeira, Fasquelle (Paris) - Réédité en 2002 par Ibis Rouge - Roman, reconstitution du Saint-Pierre d'avant l'éruption de 1902
* Le combat de Schoelcher, Fasquelle (Paris) - Essai historique
* Christ aux poing, Fasquelle (Paris) - Roman sur l'Océanie
*Toussaint Louverture, le Napoléon noir, Éditions Bellemand - Essai historique
* Noirs et blancs, l'appartheid, Denoël (Paris) - Essai sur l'Afrique du Sud

Joseph Zobel né en avril 1915 à Rivière-Salée en Martinique et décédé en juin 2006 à Alès en France est un romancier et poète français de la Martinique, considéré comme l'un des auteurs les plus significatifs de la littérature antillaise. Né dans une famille très modeste de la Martinique, il a tiré de son enfance un roman, La Rue Cases-Nègres, porté à l'écran par Euzhan Palcy en 1982.
Il a publié :
Romans :
* Les Jours immobiles (Fort-de-France: Imprimerie officielle)
* Diab'-là (Paris: Nouvelles Editions Latines)
* La Rue case-nègres (Paris: J. Froissart)
* La Fête à Paris (Paris: La Table Ronde)
* Les Mains pleines d'oiseaux (Paris: Nouvelles Editions Latines)
* Quand la neige aura fondu (Paris: Nouvelles Editions Latines)

Nouvelles :
* Laghia de la Mort (Fort-de-France: Imprimerie Officielle / Paris: Présence Africaine)
* Le Soleil Partagé (Paris: Présence Africaine)
* Et si la mer n'était pas bleue (Paris: Éditions caribéennes)
* Mas Badara (Paris: Nouvelles Editions Latines)
* Gertal et autres Nouvelles - Suivi de Journal 1946-2002 (Matoury: Ibis Rouge Editions)

Poésie
* Le Soleil m'a dit. Œuvre poétique (Matoury: Ibis Rouge Editions)


PS : Le visuel qui illustre cet article est une oeuvre de Joseph Cornell (artiste américain surréaliste, 1903 - 1972) intitulée "Hotel Eden".

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Enluminure des livres

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"L'enluminure, c'est l'art de peindre les lettres et les miniatures (figures de petites dimensions et de couleurs vives) qui ornent les anciens manuscrits. " Voilà la définition la plus classique qui soit de l'enluminure.
L'enluminure c'est l'art de mettre le texte en lumière. Une enluminure donne de l'éclat au mot, à la page.
Cette fonction ancienne est fascinante. Il y a d'emblée l'acceptation de la part du moine rédacteur ou copiste du Moyen Age, que le mot, le sens, la lumière sont étroitement liés. Avec les outils de l'époque, la technique de l'enluminure s'était imposée pour renforcer la compréhension du texte.
A regarder de près, le lecteur du XXIe siècle devrait retenir ce détail : que le désir des lecteurs médiévaux ait été celui-là, faire lumière dans le texte, poser de la lumière sur le sens du texte. L'image est faible, si on lui confère également ce rôle d'éclairage. L'image illustre mais ne met pas forcément en lumière le propos.
Aujourd'hui cet art est purement décoratif.
A l'époque médiévale il jouissait de ses lettres de noblesse.
Aujourd'hui, les livres enluminées appartiennent à la catégorie des beaux-livres et des incunables. Le lecteur contemporain s'extasie sur la beauté du document souvent admirablement conservé, mais ne s'interroge plus sur la question du sens.

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Fake de Giulio Minghini

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Fake (faux, maquillé,truqué,falsifié), un premier roman (peut-être autobiographique, peu importe !) doté d'une belle écriture radicale. Une lecture d'un bout à l'autre soutenue par le regard vif, acéré, sans concession du narrateur, jeune homme inconsolé depuis que sa fiancée Judith l'a quitté après 3 ans de vie commune. Pour fuir le chagrin de la rupture, il s'embarque dans un voyage sur le web via des sites de rencontres sexuelles. Coup de projecteur sur un mode de vie adopté par des gens de toutes sortes, définis par le terme générique de"bobo", tous âges confondus. Critique d'un réseau social politiquement correct, qui, las de solitudes, vend son âme au diable grâce au mensonge, à la falsification, au trucage de sa propre identité. Car, sur ces lieux très fréquentés de nuit comme de jour du web, l'auteur de Fake révèle au lecteur comment on ne peut rencontrer personne puisque toutes les identités sont maquillées.
En tant qu'éditrice, nombre de manuscrits me sont envoyés à lire depuis des années, écrits par des hommes, qui racontent leurs tribulations sur meetic.com et autres sites. C'est la première fois en lisant Fake, que je découvre un vrai livre sur ce sujet, un vrai écrivain, une vraie écriture.
Le sujet est "hard". On peut basculer à tout moment dans le vulgaire, le répugnant, mais aussi et surtout dans le vide. Ça pourrait donner une sorte de vertige au lecteur et finir par l'ennuyer. Heureusement ça n'a pas lieu.
La force du texte Fake, c'est que l'auteur demeure toujours à distance de son personnage, il veille à l'incarner au sens le plus vrai du terme. Le narrateur est un homme qui pense. Il aime la littérature. Il lit et traduit un texte de René Crevel. Qui connaît Crevel ? Qui lit Crevel aujourd'hui ? Il critique les bobos, ceux qui se font passer pour des artistes alors qu'ils sont des fonctionnaires ou vivent de RMI et autres allocations. Il critique ces nouveaux libertins, mais aussi les responsables des sites de rencontres, les fameux modérateurs chargés de surveiller à la sauvegarde des bonnes mœurs... "L'enfer moderne a la forme d'un site de rencontre" écrit-il page 82.
Mais à lire de près, Fake, c'est aussi et surtout une remarquable et terrible critique du comportement des femmes seules. Les femmes sont partout dans ce petit livre, à chaque page, il y a un nouveau prénom, une nouvelle silhouette, une nouvelle nuit de sexe... pas beaucoup d'hommes, dans cette histoire ! Notre héros est seul.
Seul face aux femmes.
" La plupart du temps, la fille en face de moi m'explique qu'elle est là par simple curiosité, qu'elle ne sait pas précisément ce qu'elle souhaite, qu'elle verra bien au fil des rencontres. Ce flou annoncé me permet de profiter de la situation, et en particulier avec les femmes - qui sont légion - sortant d'une histoire longue, compliquée, presque toujours très douloureuse. Et qui "ne savent pas où elles en sont". (...) Quand, lors d'une première rencontre, on me trouve "trop sensible" je comprends que c'est mal barré pour la suite."

Fake c'est un petit livre qui se lit rapidement, qui déborde de rencontres sans amour, où l'auteur comme un photographe, donne à voir. Alors, le lecteur rentre dans la vie intime des ces personnages féminins, en manque de sexe, avec des enfants ou sans enfants, mais toujours sans homme, voire en rupture d'un précédent. Seule Judith, l'ex-fiancée, se pose comme une vraie femme. Elle aussi souffre de la rupture. Elle reste à distance du désordre amoureux de son ex-compagnon mais tente le dialogue dans le réel et non dans le virtuel. Chaque moment partagé met en lumière la distance qui s'est opérée entre l'un et l'autre : lui est dans le passé, elle dans l'avenir. Comment bâtir l'amour sans un projet à mettre en œuvre ensemble ? Lui, le narrateur exprime un comportement d'autiste.
Fake, c'est un petit livre qui montre comment les femmes consomment des hommes : un, puis un, puis un, etc. C'est une succession de scènes névrotiques qui se déroulent dans Paris entre la rive droite et la rive gauche, entre Montmartre et le Quartier latin. La répétition est excessive par le jeu de l'écriture et celui de la fiction narrative. Le narrateur est scotché devant son écran plat, une sorte de "mur de lamentations" dit l'auteur, avec une allusion évidente à ce mur du réseau Facebook sur lequel les "amis" s'écrivent. Il est intoxiqué par l'abondance de rencontres sans consistance. Et plus il croise des corps, plus s'aggrave le chagrin de l'homme seul.
Mais c'est un livre qui réconforte aussi. C'est si joliment écrit. Enfin un écrivain qui refuse le ton consensuel et le regard de connivence ! En terminant le livre, on n'a qu'un désir : dire "je t'aime" à celui ou celle qu'on aime.

Fake / de Giulio Minghini - Editions Allia - 9 euros.

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Mise en pages d'un livre

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La mise en pages d'un texte est une sorte de mise en scène des mots, des phrase, des paragraphes dans la page. Elle a pour objectif principal d'aider le lecteur à entrer dans le texte, à mieux l'apprivoiser, à mieux le comprendre. Et pour cela, il y a des outils : le choix typographique, le format de l'ouvrage, l'interlignage, les marges. Si on réfléchit à cette mise en scène des mots, on découvre à quel point la part du blanc, généreuse et calibrée, favorise l'émergence du sens dans le texte.
Il faut du blanc autour du texte. Souvent même il faut beaucoup de blanc. Une large part de blanc.
Le blanc n'est pas le vide. Le blanc est comme l'ombre. Il est le mystère de ce qui est. Il y a une sorte de magie qui habite le blanc autour du texte écrit.
Nombre d'auteurs, souvent des poètes, pensent à tort qu'un espace blanc entre les paragraphes, offre, "une respiration", disent-ils.
J'ai connu des auteurs qui m'ont fait souffrir en réclamant, comme un caprice, des sauts de ligne ici et là.
Quand il s'agit d'un texte, d'une écriture, le mot "respiration" ressemble à une torture.
Que veut dire "respirer" pour l'auteur ? On aimerait qu'il nous dise... Cette "respiration" que réclame l'auteur, n'est-elle pas là pour juste apaiser les inquiétudes de l'auteur ? Pourquoi l'auteur veut-il aider le texte à "respirer" ? à moins qu'il veuille aider le lecteur à respirer... ce qui est pire.
Tout cela est du bavardage.
Seul, l'éditeur sait que le blanc autour du texte donne force à l'écriture.
Pour faire un livre, il faut penser au blanc autour du texte et non pas au blanc à l'intérieur du texte. L'alinéa justifie par sa seule existence, le temps de pause, le passage d'une idée à une autre, d'une scène à une autre. Le chapitre remplit également cette fonction : passer d'un sujet à un autre.
On oublie l'impact du blanc, aujourd'hui, dans ce monde tout en images colorées.
Le typographe Massin nous enseigné la valeur du blanc. Il nous l'enseigne encore d'ailleurs. Et le plus bel exemple, dans sa production foisonnante, c'est son concept de couverture de la Collection Folio, chez Gallimard où le blanc exprime son éclat particulier.
La célébration du "blanc autour" : une mise en scène du sens, des sens et des désirs.

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Maurice Blanchot de proche en proche

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La collection "Compagnie de Maurice Blanchot" créée au sein des éditions Complicités vient de publier son dernier titre : Maurice Blanchot, de proche en proche.
J'ai assuré la direction éditoriale de cet ouvrage, la mise en pages en collaboration avec une correctrice jusqu'au suivi de fabrication. L'ouvrage a été imprimé en numérique, donc en stock réduit.
Il s'agit d'un ouvrage collectif. Chaque chapitre est rédigé par un auteur différent, avec le style qui lui est propre et autres singularités faisant partie de la personnalité de l'auteur.
C'est à l'éditeur de signifier l'harmonie dans un projet qui au départ n'en requiert aucune. Une charte graphique existe pour cette collection. mais cela ne suffit. Éditer un ouvrage collectif, à caractère universitaire nécessite une organisation parfaite.
Pour la couverture, il fallait dénicher un visuel pictural, c'est un principe dans cette collection. Chaque couverture est enrichie par une œuvre d'art. Il fallait que l'oeuvre soit également non pas une paraphrase du contenu, mais une figuration du contenu. J'avais repéré ce tableau de Geneviève Gossot dans une exposition. L'artiste m'a cédé les droits de reproduction.

Cet ouvrage est vendu sur le site des éditions Complicités et dans toutes les bonnes librairies.
ISBN : 2351200071. Prix public : 22 euros

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Niama-Niama ou le secret des arbres

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Aujourd'hui c'est un livre, il y a quelques mois encore c'était seulement une pièce de théâtre. L'idée a été proposée par Bruno Thircuir, metteur en scène de la Compagnie La Fabrique des Petites Utopies à Grenoble. Il est l'auteur du texte. C'est en travaillant avec la graphiste et illustratrice Clara Chambon que ce projet de livre est né.
Du théâtre au livre, il n'y a qu'un pas. Bruno Thircuir est un ami. Les éditions Complicités ont tout naturellement accueilli favorablement le projet.
Nous avons travaillé ensemble sur le texte. Nous l'avons lu et relu. Lire sur scène et lire un livre : deux expériences totalement différentes. En complicité avec Clara Chambon, j'ai joué le "regard extérieur". Avec délicatesse, afin de permettre à chaque sensibilité de s'exprimer. Mon rôle d'éditrice était particulier : rappeler la présence invisible du lecteur. le lecteur n'est pas un spectateur.
Le résultat : c'est un ouvrage qu'on achète pour les enfants après avoir vu le spectacle.
C'est un album haut en couleur avec un graphisme original qu'on a aussi envie de garder pour soi. Le texte est d'une belle intensité poétique.
Il célèbre la paix à l'heure où le monde murmure la guerre.

Niama-Niama ou le secret des arbres
est disponible en librairies depuis début décembre 2008.
ISBN / 235120025X
Impression couleurs sur 38 pages
Prix public : 10 euros

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