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Julia Kristeva et la défense de la culture européenne

Publié le par Chantal Vieuille, éditrice

kristeva.jpgHier, 23 avril 2013, l'émission Les matins de France Culture animée par Marc Voinchet recevait Julia Kristeva. Au cours de l'entretien la philosophe a rappelé à quel point le discours politique français s'est vidé progressivement de tout projet culturel. L'absence de culture dans l'espace politique n'a jamais été aussi fort de que ces dernières années et le changement de gouvernement n'a rien transformé à ce sujet. 

Ce que rappelle Julia Kristeva c'est que l'Europe dispose d'une identité culturelle unique au monde et qu'elle ne s'en sert pas, ou presque pas. Les sources qu'elle expose sont variées. Elles se résument ainsi : 

- Dans la parole du Dieu juif : Eyeh asher eyh (EX3:14), "Je suis qui je suis" (ou je suis ce que je est" ou "je suis qui je serai" repris par jésus selon Jean 8:23 : "Vous mourrez dans vos péchés si vous ne croyez pas que "je suis qui je suis") Une identité s'avance vers nous du texte biblique qui se dérobe à la définition et renvoie le "je" - le mien, le vôtre, le divin lui-même - à un inobjectivable, à un irreprésentable éternel retour sur son être même.

- D'une autre façon dans le dialogue silencieux du Moi pensant avec lui-même, selon Platon, "eme amato" l'essence de la pensée est d'être "deux en un " dit-il en substance, de telle sorte que la pensée ne fournit pas de réponse mais désagrège.
- Dans la Philia politikè selon Aristore, s'énonce ce respect envers les autres, qui fera de l'espace social, en Europe, un lieu de mémoires singulières et du projet politique, un apprl aux bio-graphies.
- Dans le voyage au sens de Saint Augustin, pour lequel il n'y a qu'une seule patrie, celle précisément du voyage : In via in patria. Voyage tout à la fois spirituel, psychique, géographique, hitorique et politique. 
- Dans les essais de Montaigne, qui consacre le polyphonie identitaire du Moi : "Nous sommes tous des lopins et d'une contexture si informe et diverses que chaque pièce, chaque moment faict son jeu".
- Dans le Cogoto de Descartes, que l'on écrira à la manière dédoublée de Lacan : " je pense : donc je suis" Je ne suis que parce que je pense, mais qu'est-ce que penser ?
- Dans la révolte de Faust d'après Goethe (...)
- Dans "l'analyse sans fin..." de Freud :  "Là où c'était, je dois advenir." (Extrait du texte de Julia Kristeva : "Existe-t-il une culture européenne ?")

Cette parole de Kristeva, plus contemporaine que jamais, bien plus lucide que toutes les paroles défaites de sens du politique, mérite d'être entendue et mise en oeuvre.

Mais sans doute la jeunesse va-t-elle la faire sienne ? Cette jeunesse de plus en plus mobile à travers le plan Erasmus de l'Europe (fort heureusement préservé des coupes budgétaires), la jeunesse connectée qui invente un monde de solidarité et d'échange que leurs parents et grands-parents n'ont pas su (pu) construire. Hier, au café de la Contrescarpe du 5° arrondissement, je rencontrais une étudiante de l'université de Paris VII, en master 1 d'Histoire, issue d'un milieu social très modeste, d'une famille française d'origine malienne installée en banlieue. Elle racontait son livre préféré Tous les matins du monde de Pascal Quignard, et avouait  très simplement : je ne vis que pour la culture. Soif d'apprendre d'une jeunesse sur Facebook et sur Twitter, dépendante du téléphone portable, curieuse de voir se multiplier les réseaux de circulation de savoirs... Je pensais aux paroles de Julia Kristeva entendues le matin même à la radio : il est possible que la défense de la culture européenne passe par cette jeunesse décomplexée, qui s'accapare la culture comme on attrape des boîtes de petits pois sur un rayon de supermarché mais qui va au-delà, en réfléchissant, analysant et inventant un discours de la modernité.

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Nusch, portrait d'une muse du Surréalisme

Publié le par Chantal Vieuille, éditrice

nusch-pubCet ouvrage, première biographie consacrée à Nusch (1906-1946), l'épouse et l'amante du poète du Surréalisme Paul Eluard, déjà traduit en Espagne en 2012, continue de se diffuser à travers l'Europe.

Désormais, il est possible de télécharger l'ouvrage par chapitre (1€ par chapitre) sur la plateforme www.artelittera.com

Dans quelques semaines, un mini-site va ouvrir, dédié uniquement à la vente de cet ouvrage. La nouvelle adresse sera prochainement communiquée.

Pour tout renseignement en relation avec la vente de cet ouvrage, merci d'adresser un mail à contact@artelittera.com

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Cabsurf fait son entrée sur le marché des artisans taxis !

Publié le par Chantal Vieuille, éditrice

cabsurfUne fois n'est pas coutume : je parlerai de taxis privés !

Le monde change à vive allure, entraînant une mutation gigantesque de nos modes de vie. Ce qui était impensable dans le monde ancien, le devient tout naturellement dans le nouveau monde. En cela, la voiture subit de plein fouet la pression du changement de nos modes de vie. Acquérir une voiture à titre personnel devient de plus en plus absurde alors que nous vivons désormais dans un espace interconnecté, où nos besoins sont satisfaits par des services directs, partagés, regroupés, à dénicher sur un smartphone ou une tablette. 

Alors, pourquoi pas un taxi, rien que pour soi ? Un luxe à portée de main ! La nouvelle application sur mobile dénommée Cabsurf permet de trouver en quelques instants un artisan taxi, sans passer par des opérateurs, des files d'attente au téléphone, etc. L'adhésion au service Cabsurf est gratuite pour les passagers. Cabsurf met à leur disposition un réseau de chauffeurs artisans taxi, ayant leur licence. Ces derniers ayant payé un abonnement pour être reliés à l'application mobile, s'engagent vis-àvis du  programme technologique auquel ils participent, pour assurer une service de haute qualité aux clients. Le prix de la course est fixé par le chauffeur selon le barème en vigueur. Pas de mauvaise surprise à l'arrivée, la législation impose le compteur dans la voiture. Et c'est la seule application mobile où le client ne verra pas sa course surtaxée, comme ça se passe en particulier avec le service uber.

Cabsurf, c'est deux ou trois clics et un chauffeur au bout du fil en quelques minutes. Ca fonctionne en France et progressivement en Europe. 

J'ai testé l'application Cabsurf à Paris ! Le chauffeur a répondu ! Génial, ça marche !


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Centre universitaire Fernando Pessoa : une première université privée à La Garde (83)

Publié le par Chantal Vieuille, éditrice

telechargement.jpgLe Centre universitaire Fernando Pessoa s'est ouvert en novembre 2012, dans la plus grande discrétion, à deux pas de l'université de La Garde, près de Toulon. Cette institution est liée à l'Association Université Fernando Pessoa France et affilié à l'université Fernando Pessoa de Porto. Dans le contexte de l'Europe, c'est une magnifique initiative qui, sans doute, donnera lieu à d'autres expériences de ce type. Si l'Europe existe vraiment c'est dans le domaine de l'enseignement et de l'éducation. Les étudiants initiés au programme Erasmus sont familiers des voyages d'études et ont intégré dans le processus de leur formation le fait de partir étudier dans une ville étrangère. les enseignents chercheurs ont également pris l'habitude de communiquer avec leurs homologues européens quelquesoit leur discipline. Il n'y a pas si longtemps, sous la houlette d'un président de la république, l'université de la Sorbonne est allé implanter un site universitaire à Abu Dhabi. Les étudiants en médecine et en pharmacie, soumis aux contraintes du  Numerus clausus (qui se révèle piètre en termes de prospective ou anticipation) puisqu'aujourd'hui la France manque de personnels soignants, partent en Roumanie étudier pour obtenir un diplôme qui leur donnera le droit d'exercer en France. Même procédure pour les étudiants vétérinaires qui ayant échoué aux concours d'entrée dans les écoles françaises partent étudier en Belgique où la sélection par concours n'existe pas.

Alors bienvenue à cette nouvelle université privée en médecine, pharmacie, autres disciplines des Sciences de la Santé, Sciences humaines et sociales. Le Conseil scientifique de l'université est présidé par Boris Cyrulnik, neuropsychiatre, psychanalyste, enseignant.

L'enseignement est dispensé en français. Les diplômes délivrés sont portugais, reconnus dans tout l'espace européen.

Les inscriptions pour la rentrée 2013-2014 sont à adresser jusqu'au 31 mai 2013.

 


04 22 14 05 03

email : secretariat@ufpfrance.fr

 

421, Avenue du 1er Bataillon 
d'infanterie du Pacifique

BP 400 40

83 952 La Garde Cedex

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Femen : contre l'insoutenable guerre faite aux femmes du monde

Publié le par Chantal Vieuille, éditrice

images-copie-19.jpgFemen (ukrainien : Фемен), également écrit FEMEN, est un groupe contestataire féministe d'origine ukrainienne, fondé à Kiev en 2008 par Anna Hutsol, son actuelle présidente, Oksana Chatchko et Alexandra Chevchtchenko.

Le groupe est devenu internationalement connu pour avoir organisé des actions, pour la plupart seins nus pour promouvoir leur vision du monde sur un nombre varié de sujets, notamment pour la promotion de la démocratie et des droits des femmes mais aussi contre la corruption, la prostitution  ou encore l'influence des religions dans la société. Les militantes de Femen sont adeptes d'un féminisme radical qu'elles appellent "sextrémisme".

Pour certains, le mouvement Femen est considéré comme initiateur de ce qui pourrait être une « quatrième vague féministe », à l'instar du mouvement SlutWalk (« marche des salopes ») qui a débuté au Canada en 2010. Pour d'autres, il s'inscrit davantage dans une lignée post-féministe représentative de l'asservissement et de la propriété publique du corps des femmes, et ce, jusque dans leurs luttes.

Leurs actions sont également critiquées tant pour leurs méthodes que pour leurs messages, par des personnes ou groupes de natures très diverses. (Ce texte est emprunté à Wikipedia)

Film : Nos seins, nos armes ! Un film de Nadia El Fani et Caroline Fourest. 

Diffusion :  mardi 5 mars à 22H45 sur France 2. Revoir le film en VOD : 

 http://www.france2.fr/emissions/infrarouge/diffusions/05-03-2013_34249

Les Ukrainiennes Inna, Sasha, Oksana et Anna racontent pour la première fois dans un livre à paraître le 6 mars chez Calmann-Levy leur combat pour les femmes.

Elles se sont fait connaître par leurs actions radicales, seins nus, des slogans dessinés sur la peau. Les Femen (« cuisse » en latin) publient pour la première fois un livre, qui paraîtra le 6 mars chez Calmann-Levy. Les Ukrainiennes Inna, Sasha, Oksana et Anna, y racontent l’histoire du mouvement qu’elles ont créé en 2008, ainsi que leurs ambitions. Leurs témoignages ont été recueillis et traduits en français par Galia Ackerman. La journaliste, traductrice et écrivain, spécialiste du monde post-soviétique, a aussi préfacé le livre, tiré à 11000 exemplaires.

 

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L'écriture au service de "l'abomination" ? un projet faussement littéraire

Publié le par Chantal Vieuille, éditrice

images-copie-18.jpgJe me suis également faite piéger.

Hors du contexte, j'ai lu les bonnes feuilles publiées, avant la sortie du Nouvel Observateur chez les marchands de journaux, sur des sites Internet, ignorant qui était "la bête", qui était "la belle". Comme d'autres lecteurs : j'ai pu, pendant quelques instants, considérer l'écriture bien maitrisée, de ces lignes offertes en pâture au lecteur zappeur, qui dans un instant de relâchement, se laisse séduire par le pouvoir des mots. Qui est l'auteur ? Je n'ai même pas pris le temps d'en savoir plus, car nous vivons trop vite dans ce monde zapping qui oblige nos yeux à passer d'un site à l'autre... Mais, en écoutant une conversation dans un dîner, j'ai appris les identités de la belle et de la bête. J'ai eu l'impression de revivre un comeback du moment où l'affaire du Sofitel à New York a sidéré la planète entière.

Le temps a passé. La bête continue à oeuvrer pour faire parler d'elle. Des belles se succèdent, dont la plus récente, pour tirer profit (financier, en particulier) d'une relation intime. reproduction de cette scène ordinaire où le sexe vaut de l'argent et où l'argent achète du sexe. Et le livre rend compte alors de ce projet minable qui consiste à coucher avec un homme que l'on méprise, avec la ferme intention de trahir tôt ou tard l'intime pour le rendre largement public. La délicate mission du livrechargé d'illustrer la trahison ! A la réflexion, le livre se révèle exécrable quand espace public et espace privé se mêlent pour signifier une sorte de déclaration de guerre du féminin au masculin.

La relation entre la belle et la bête, préméditée avec ses lots de mensonges et d'hypocrisies, traduit une violence inouïe et troublante faite à l'amour libre, érotisme vécu entre les murs des chambres sans perversité, sans regard extérieur, sans tapage. ici, dans ce livre, l'écriture mise en place de par la volonté de la narratrice, projet d'autobiographie, pour exprimer une volonté d'humilier l'autre, me sidère davantage que l'acte silencieux d'un homme aboli par son orgueil dans une chambre d'hôtel.

L'humiliation du masculin rejoint celle faite aux femmes, à travers le viol et autres agressions sexuelles collectives ou pas. L'humiliation de l'autre est insoutenable quel que soit l'acte commis par l'autre. Pire qu'une condamnation à mort. L'humiliation est une violence sans arme, qui frappe le coeur de l'humanisme, avec les mots. Et ce monde aveugle qui prend pour nom "les médias", au sujet duquel on ne sait plus si cela désigne un magazine, un journal, un journaliste, etc. qui applaudit aux qualités de l'écriture est encore une façon plus sidérante encore de vouloir associer la littérature à l'abomination faite homme.

Q'une femme intellectuelle, et journaliste, sache écrire, n'a rien de surprenant. L'abomination de l'écriture c'est la préméditation inavouée mais manifeste, comme ce forcément coupable de jadis prononcé dans un autre contexte par Marguerite Duras. C'est l'écriture de l'humiliation qui trahit ici une relation inadmissible à l'autre, qui n'est pas sans rappeler d'autres abominations faites à l'Autre. 

Ai-je envie de vivre seule avec un petit chien ? Sûrement pas !

La pensée collective doit-elle nous forcer à penser notre relation à l'autre en terme d'hostitilité et d'agressivité ? Qu'est-ce que ce monde d'adultes brisés par leurs amours impossibles qui dicte la négation de l'Autre, au nom du seul pouvoir de soi triomphant ? L'écriture, littéraire ou pas, n'est pas terre d'accueil aux pensées abjectes où masculin (et féminin) serait associé à l'ordure.

Qui encense ce livre ? un lecteur abominable qui n'est ni homme, ni femme.

Peut-on encenser une écriture, ni érotique, nullement sensuelle, pas même subversive, pour exhiber à la gourmandise de lecteurs frustrés, le destin déplorable d'un homme seul ?

 

 

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Hommage à Roger Caillois, centenaire de sa naissance

Publié le par Chantal Vieuille, éditrice

caillois.jpgRoger Caillois (1913-1978)

Vient de paraître en mars 2013

Axel Gryspeerdt, Roger Caillois, des mythes aux collections

 

La première fois que j'ai entendu le nom de Roger Caillois, il avait été prononcé par Marguerite Yourcenar,lors de son discours de réception à l’Académie française où elle avait été élue à la place laissée vacante par la mort de Roger Caillois,  le  22 janvier 1981, cérémonie retransmise en direct sur une chaîne de télévision que j'avais regardée. J'étais étudiante en littérature et je n'avais pas encore rien lu de Marguerite Yourcenar mais je sentais déjà le mystère de cette littérature m'envahir. Je garde en mémoire le timbre de sa voix prononcer les syllabes du nom de l'écrivain Caillois, et immédiatement l'émotion m'a comblée, il se passait quelque chose de nouveau pour moi, entre  Marguerite Yournenar, imposante et ses références  qu'elle multipliait à propos  de l'oeuvre de Caillois. "J’ai personnellement peu connu Caillois, si l’on peut appeler connaître quelqu’un que lui avoir quelquefois serré la main et avoir partagé avec lui quelques repas. Mais j’ai fait mieux : j’ai lu ses livres. Toutefois, je tiens d’abord à acquitter envers l’homme une très vieille dette de reconnaissance. Vers 1943, quand nous étions volontairement des exilés l’un et l’autre, lui, sous la Croix du Sud, moi dans une île qu’illumine assez souvent l’aurore boréale, il voulut bien accepter un long essai de moi pour la revue Les Lettres Françaises, qu’avec l’appui de cette admirable protectrice des lettres, Victoria Ocampo, il dirigeait à Buenos Aires. À cette époque où la voix de la France n’arrivait que rarement jusqu’à nous, ces minces cahiers nous apportaient une preuve rassurante de la vitalité de la culture française, venue, certes, d’un autre point du monde, mais n’en prouvant que mieux son don d’universalité. Peu importe ce qu’étaient ces quelques pages assez informes, qui plus tard m’ont servi de brouillons pour certaines parties d’autres livres J’avoue même, en les relisant dans de vieux numéros des Lettres Françaises, m’étonner qu’un esprit doué d’une si parfaite rigueur les eût acceptées. Sans doute avait-il deviné dans cet essai quelque peu hâtif consacré à l’influence de la tragédie grecque sur les littératures modernes, un peu de ce respect qu’il éprouvait pour tout ce qui touche à la transmission des mythes, à leurs changements aux mains des générations successives, et aux grandes vérités sur la nature humaine que les poètes ont enrobées en eux. Quoi qu’il en soit, à une époque où nous n’étions guère rassurés sur la survie de la culture (le sommes-nous aujourd’hui ?) ni du reste sur notre propre avenir, un tel accueil était pour un jeune écrivain encore dépaysé aux États-Unis une grâce accordée et un service rendu. Cher Caillois, je saisis cette occasion de vous en remercier en public"

Plus tard, j'ai choisi de commencer la lecture de cette oeuvre par L'écriture des Pierres (1970) Je l'avoue, cette lecture m'a paru alors aride et émouvante. Le chemin d'un labyrinthe doublé par l'obscurité, mais envoutant parce qu'ésotérique, il me fallait donc être initiée. L'attirance vers l'oeuvre de Caillois est de l'ordre du mystère. J'ai poursuivi une voie dans la littérature, abandonnant Caillois au profit de Blanchot, en résonnance, ou Bataille, pour qui je n'éprouve aucun enthousiasme. Mais sans cesse, j'ai opéré des retours ponctuels vers l'oeuvre de Caillois. Caillois, personnalité discrète de la littérature du XXe siècle, membre assidu du Comité de lecture des éditions Gallimard, figure importante de la pensée du XXe siècle, qui veut ordonnerr l'univers au nom du déterminisme. Le temps a passé. Caillois est de moins en moins une référence pour la pensée contemporaine française.

Homme habité, hanté, fasciné, l'écrivain a tenté de penser le monde contemporain. L'écrivain s'est interrogé, sans angoisse, mais avec la méthode de l'intellectuel, sur la perte du sacré, sur la survivance du mythe, sur le sens du jeu "une occupation séparée, soigneusement isolée du reste de l'existence" en dressant des catégories pour ordonner son propre univers. Enfin, Caillois s'est livré en quelque sorte au minéral, aux pierres, à ce monde immobile. Mais le lien intime avec les pierres datait puisqu'en 1938, il publiait un texte intitulé "L'aridité".

En cette année qui aurait pu célébrer de façon plus fastueuse une reconnaissance intellectuelle à l'oeuvre de Caillois, j'ai noté ce dernier article qui lui est consacré sur le site de Fabula.org, signé Didier Alexandre, enseignant chercheur à la Sorbonne.

J'ai noté également sur le réseau Pinterest, les dizaines de références en langue anglaise à Roger Caillois, signe que sa mémoire dépasse le cercle restreint de la littérature française contemporaine.

Enfin, sur le site artelittera.com, plusieurs études sur l'oeuvre de Roger caillois à télécharger par chapitres.

 

 

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Le rêve machiniste de la villa Sylvacane, de style Art Déco

Publié le par Chantal Vieuille, éditrice

28199974facade.jpgC'est un joyau de l'architecture Art Déco : La maison Sylvacane édifiée par l'ingénieur Roger Rougeul, située en bordure de mer, à la Seyne sur Mer, dans les environs proches de Toulon, classée depuis 2004 au Patrimoine du XXe siècle par le Ministère de la Culture en France.

C'est en 1932 que Roger Rougeul (qui était à l'époque directeur des chantiers navals de Port de Bouc) fait l'acquisition de ce terrain (2270 m2 de superficie globale), sur lequel il construit immédiatement un garage. Puis commencent les travaux principaux de 1935 à 1942. Les travaux de finitions quant à eux s'étalent de 1945 à 1947. L'édifice est entièrement conçu par Roger Rougeul qui met ses compétences d'ingénieur au service de l'architecture.

C'est une immense habitation (228 m2 de surface habitable) aux facades blanches, qui épouse les formes d'un paquebot, agrémentée d'un jardin cubiste. Le goût du détail dans la décoration intérieure s'allie à des références omniprésentes au voyage et aux innovations technologiques. Le mobilier intérieur en teck et verre poli avec des subtilités séduisantes est toujours là. Le mobilier de jardin est  conçu en ciment.

Construite en béton armé, le bâtiment est dominé par une tour éolienne destinée au pompage de la nappe d'eau souterraine. Des toits terrasses donnent vue sur le petit port de Tamaris que Georges Sand, naguère, avait élu comme villégiature estivale. 

En visitant la belle demeure, nous renouons avec la mémoire des années 1930. Forcément, nous pensons à la Maison des de Noailles construite par l'architecte Mallet Stevens en 1925, sur la colline d'Hyères de l'autre côté de la rade de Toulon, sur la route qui mène à Saint Tropez.

Ce qui frappe aujourd'hui, ce sont tous les automatismes électriques qui ont été installés par Roger Rougeul et qui témoignent de l'esprit inventif du maître des lieux   L'architecte Rudy Ricciotti écrivait en 1987 à propos de la Maison Sylvacane : "Comment cet ingénieur, directeur du chantier de construction navale de 1926 à 1945, a pu être à la fois brillant technicien, designer distingué, architecte moderne, en étant isolé en province, acteur extérieur au monde de l'architecture et des arts décoratifs des années 1930, et réaliser un pareil ouvrage où plusieurs disciplines sont si parfaitement intégrées ? Ici le rêve machiniste est réalisé. "

Cette maison est à découvrir, lors d'une balade le long du littoral varois.

Pour en savoir plus, vous pouvez cliquer ICI !

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Marseille 2013 : Amélie Jackowski, créatrice de livres d'images

Publié le par Chantal Vieuille, éditrice

amelie.jpgMarseille, capitale européenne de la Culture depuis le 13 janvier 2013, offre une vitrine extraordinaire de lieux, rénovés ou nouveaux, désormais dédiés à la culture dans ses multitudes d'expressions. Derrière les murs, il y a les vibrations de la création dans tous ses états. Amélie Jackowski est au coeur du paysage marseillais. Née à Toulon, diplômée des Arts décoratifs de Strasbourg, elle poursuit depuis plusieurs années une activité d'illustratrice de livres pour enfants, grâce à la demande de nombreuses maisons d'édition.

Amélie Jackowski, d'origine polonaise par son père, jeune maman de deux enfants, dynamique, rieuse, oeuvre au quotidien dans son atelier du 40 rue du Baignoir du 1° arrondissement de Marseille, où se croisent d'autres créateurs, graphistes, metteur en pages, illustrateurs. Et pour se rendre compte de cette imagination débordante et joyeuse, elle utilise le service du site ultra-book pour présenter le diaporama de toutes ses images, Amélie Jackowski.ultra-book, pour qui le souhaite, éditeurs, entreprises, particuliers. 

Marseille, c'est cela aussi, une pépinière de jeunes talents, l'effervescence de l'imagination au service de l'art non officiel. 

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André Breton, collectionneur

Publié le par Chantal Vieuille, éditrice

Nous relayons cet article de Xavier Thomann publié sur le site actualitte.com


André Breton est l'auteur que l'on sait, mais il fut aussi un collectionneur éclairé et prolifique. Il avait rempli son petit appartement de la rue Fontaine d'objets d'art en tout genre, et conservait de nombreux manuscrits. Cette magnifique collection est aujourd'hui dispersée. Un site, andre.breton.fr, permet cependant d'aller faire un tour du côté de chez Breton. 

 

 

 

 

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En effet, avant la mise en vente en avril 2003 de l'ensemble de la collection, la fille de l'écrivain avait pris soin de tout numériser et photographier dans l'idée future d'un site internet, regroupant tout ce qui se trouvait dans l'appartement. 

 

Une première version de ce site voit le jour en 2003, il est alors uniquement réservé aux chercheurs et à quelques heureux élus. Cela fait seulement trois ans qu'une nouvelle version du site est ouverte au grand public. Un public qui a répondu présent, puisque le site a fait l'objet de 400.000 visites depuis sa mise en ligne. Il n'y a donc pas que les inconditionnels du surréalisme qui sont susceptibles d'y trouver leur bonheur. 

 

Loin d'être austère ou trop universitaire, le site permet de faire le tout de l'immense collection de Breton de manière confortable et aisée. Sur la page d'accueil, on trouve une image du célèbre mur André Breton (tel qu'il figure au centre Pompidou). Il ne reste plus qu'à cliquer sur l'image choisie pour accéder à sa description. 

 

Autant dire qu'entre les photos, les lettres, les arts premiers et les manuscrits, le choix est vaste et semble quasi infini. On en arrive à se demander comment l'auteur de Nadja faisait tenir tout ça dans ses 60 mètres carrés. Toujours est-il que la visite du site est passionnante. 

 

De plus, l'ensemble des documents écrits a fait l'objet d'une très bonne numérisation, ce qui vous permet de lire les manuscrits en toute tranquillité. De la même façon, le travail de classement et de référencement donne toute sa cohérence à la collection.

 

L'hypertexte est fort bien exploité : pour un document donné, outre les informations classiques, on trouve la liste des personnes citées. Ce qui permet de voir tous les autres documents en lien avec telle personne. 

 

En d'autres termes, on peut facilement passer beaucoup de temps sur le site à flâner comme on le ferait dans un musée. Sachez aussi que le site évolue en fonction des contributions faites par les internautes aux articles. Cependant, ce n'est pas donné à tout le monde, un comité scientifique juge de la pertinence des contributions avant de les valider. 

 

 

Le site www.artelittera.com met en ligne des milliers d'articles consacrés à l'étude du Surréalisme, extraits de la revue Mélusine

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