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4 articles avec litterature

J.M.G. Le Clézio, bon anniversaire (né le 13 avril) !

Publié le par Chantal Vieuille, éditrice

J.M.G. Le Clézio, bon anniversaire (né le 13 avril) !

JMG Le Clézio fête aujourd'hui son 76e anniversaire. Depuis 50 ans, il poursuit inexorablement son chemin en littérature. Singulier, atypique, il porte en lui depuis le début de sa carrière d'écrivain cette curiosité illimitée pour le monde. Alors que la littérature française contemporaine péniblement se perd dans l'insignifiance, Le Clézio continue de porter haut les valeurs de langue française, et de réenchanter à sa manière, le monde qu'il regarde, qu'il arpente et qu'il tente de comprendre de l'intérieur.

Cette oeuvre romanesque n'en finit pas d'interroger les individus, leur pauvreté, leur suffisance, leur folie. Et si le roman a bien une mission à accomplir, c'est celle-là : témoigner du monde. Le roman ne porte pas en lui une définition, mais c'est une forme littéraire qui, déjà au temps de Chrétien de Troyes, vibrait en résonance avec le monde.

« Il faut donner aux enfants l’accès aux livres. Si on se limite au progrès matériel et économique, on ampute l’être de sa dimension spirituelle, on en fait un humain incomplet » disait-il en 2014 dans une édition du festival Etonnants Voyageurs au Maroc. A cette occasion, une question lui a été posée à propos de l'islam, religion qu'il connaît bien puisque son épouse est d'origine marocaine. Sa réponse n'étonnera aucun de ses lecteurs et pourrait apporter une inspiration de joie au triste débat des religions clivantes sur le plan sociétal.

« La richesse apportée par l’islam a beaucoup compté pour moi. Le soufisme est un mouvement religieux et philosophique qui est né au Maroc, et je suis un grand lecteur des œuvres écrites par les soufis. Dans la famille de ma femme, l’un des ancêtres qui a laissé une trace, est un grand mystique soufi : Sidi Ahmed Laâroussi. Le soufisme est une religion pure, épurée, mystique dans le sens idéal de ce mot, sans aucun des excès connus par ailleurs. Sidi Ahmed Laâroussi était un homme qui, par sa vie, son exemple et sa générosité d’esprit, a porté ce qu’il y a de mieux en islam. Et à cet égard, je peux dire que je suis converti, car j’adhère totalement à cet idéal » ».

JMG Le Clézio a toujours revendiqué un intérêt tout particulier pour les identités multiples et les pays interculturels qui parlent plusieurs langues.

Dernier livre paru : Tempête. Deux novellas, de JMG Le Clézio. Gallimard, 19,50€

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Edouard Louis, "Histoire de la violence" roman

Publié le par Chantal Vieuille, éditrice

Edouard Louis, "Histoire de la violence"  roman

En 2014, ce garçon qui n'aime que les garçons avait publié son premier roman : Pour en finir avec Eddy Bellegueule. Une oeuvre lue en une nuit, qui ne laisse pas indifférent le lecteur/lectrice. Il y a, dans ce premier roman quelques signes qui laissent présager que l'auteur va récidiver.

En janvier 2015, paraît Histoire de la violence, un second roman lu aussi en une nuit. Cette fois, cela est certain, il se passe quelque chose. Ce quelque chose est d'ordre littéraire. Rien à voir avec des mouvements, finalement snobs et vides, comme le Nouveau Roman ou l'autofiction française. On assiste à une ré-interprétation du roman. C'est quoi, un roman ? ... Il se passe quelque chose de singulier dans l'écriture, dans la construction narrative, dans l'invention du personnage principal, dans la mise en scène de la scène initiale servant de prétexte à l'écriture du roman.

De cette nuit de Noël, le narrateur, retour d'un dîner entre garçons, la Place de la République traversée à grands pas pour rentrer chez lui de l'autre côté, et là, un garçon rencontré comme çà, nommé Reda, peu après, Reda dans la chambre de bonne du narrateur, juste après, les deux garçons font l'amour, et après encore, c'est la scène du vol du Ipad, la violence commence à monter, puis c'est la scène du viol, la violence explose, Reda s'enfuit ( il a volé le téléphone portable et part avec), et là une autre vie commence pour le narrateur. Un fait divers, quelques heures durant, pendant la nuit de Noël. Puis après la vraie scène, bascule, comme une transportation, dans la zone de la littérature. Le temps, celui d'une réalité perd sa dimension de temps, devient autre chose qui donne lieu à l'écriture de 16 chapitres dans lesquels l'auteur, Edouard Louis, l'autre visage d'Eddy Bellegueule, se met à jouer tous les personnages à la fois : l'écrivain, le narrateur, le personnage, la soeur Clara, les autres personnages, Reda, les garçons, l’infirmière, le médecin, l'officier de police, etc. Il est à lui tout seul, le texte, tant et si bien que même si j'écris "il" je ne sais plus qui désigne "il", l'écrivain, le personnage, la soeur Clara, etc.

Histoire de la violence, c'est l'histoire des mensonges. De tous les mensonges que les gens prononcent à l'égard des autres, mais aussi à l'égard d'eux-mêmes. Dans cet amoncellement de mensonges, personne ne cherche à savoir qui dit la vérité, même pas l'officier de police qui est mandaté pour faire l'enquête sur le viol. Le mensonge devient la condition du bien vivre ensemble, en famille, dans la rue, dans les institutions, ailleurs. Même dans l'acte d'amour, le mensonge est cruellement là.

L'écriture du roman développe la stratégie du regard paranoïaque de l'auteur. Regardant au loin dans sa mémoire d'enfance, regardant au plus près des corps qui se frôlent et se respirent, regardant à distance, par l’entrebâillement de la porte, sa sœur, son double, qui débite un récit, l'autre récit, le même, celui du narrateur, mais raconté par elle, Clara, un autre langage, confrontation des lexiques, et donc connotation sociale. Clara, dans sa cuisine qui parle à son mari muet, la bavarde et le muet, et plus elle dit, plus le mari muet devient pesant, inquiétant, monstrueusement dangereux. Le paranoïaque entraîne le lecteur. On devient fou ensemble.

Jusqu'à cette dernière page, la page 231, où le récit, probablement achevé, laisse place à une longe citation de Imre Kertész, extraite de Kaddish pour l'enfant qui ne naîtra pas, qui commence ainsi : "Il s’avéra qu'écrire sur le bonheur était impossible, du moins moi." En 10 lignes la citation donne la clé de construction du roman Histoire de la violence. Si le lecteur/lectrice hésitait encore, là il comprend tout. "il s'avéra qu'en écrivant je cherchais la souffrance la plus aiguë possible (...). La technique est subtile. L'écrivain donne les clefs de sa filiation, à la toute dernière page, alors que la citation dans le roman est placée d'une manière conventionnelle, avant la première page du roman. Coup double du mensonge, je mens toujours et encore. L'aveu est lui même mensonge.

Car Histoire de la violence, c'est l'écriture sur la souffrance hors de toute mesure, celle du viol, hors du genre, le viol d'un homme, le viol d'une femme, le viol d'un garçon, le viol d'une fille. Mais de cela il vaut mieux ne rien dire, car on approche de cette réalité vraie, impossible à dire.C'est bouleversant. On oublie le personnage, le narrateur, l'auteur, les autres personnages. Il reste la trace d'une blessure, chacun la sienne, dans un corps touché au coeur.

Publié dans littérature

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Amazon pénalise les éditeurs ayant des ouvrages sans code barre

Publié le par Chantal Vieuille, éditrice

Amazon pénalise les éditeurs ayant des ouvrages sans code barre

Encore une fois, cette entreprise Amazon qui a créé un système commercial antipathique, et sans humanité dans tous les sens du terme, a inventé une nouvelle façon de gagner de l'argent.

Amazon sous couvert d'agir au nom d'un principe d'amélioration de ses services, prélève une somme non justifiée pour des délits de non conformité sur les commandes. Il semble qu'il y en ait plusieurs. Ainsi les éditeurs, petites structures en général, qui éditent des ouvrages sans code-barre (pourquoi pas ?) se voient amputés de plusieurs euros sur le prix de leurs ouvrages. Rappelons que Amazon prend 50% non négociables sur les ventes des ouvrages.

Avez-vous déjà vu un commerçant vous prélever un montant pour non conformité de votre produit ?

Les montants dus pour non-conformité sont imputés sur les paiements dus au fournisseur par Amazon EU Sarl, dans un délai de 14 jours. Ce délai commence à courir à compter de la notification par e-mail de la validation des montants dus par le système Amazon (« non-conformité approuvée »).
Désormais, Amazon établit dans les détails des paiements, les montants qui auront été réglés à l'éditeur au titre de ses factures ainsi que les montants dus au titre des non-conformités avec leurs références.

Amazon EU Sarl considère les montants dus pour non-conformité comme des frais de dédommagement en dehors du champ d'application de la TVA. En conséquence, le montant dû au titre de ces non-conformités est imputé uniquement sur le montant HT de vos factures, le montant de TVA collectée/déductible n’étant pas modifié.

L'abus de pouvoir ne fait que continuer.

Quand un commerçant physique est déplaisant, en général on ne revient plus dans sa boutique. Ce devrait être la même chose sur le Web. Il faut boycotter Amazon dans le monde entier !

Il y a tant d'autres librairies en ligne.

www.decitre.fr

www.furet.com

etc...

Publié dans littérature, librairie

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La Grande Librairie : rencontre entre JMG Le Clézio et P. Rabhi

Publié le par Chantal Vieuille, éditrice

La Grande Librairie : rencontre entre JMG Le Clézio et P. Rabhi

Merci à François Busnel, qui dans son émission La grande Librarie du 10 avril 2014, offre aux téléspectateurs un magnifique moment d'émotion suite à la rencontre sur son plateau de JMG Le Clézio et Pierre Rabhi.

Deux hommes porteurs d'une quête, chacun tel un marcheur solitaire sur le chemin de la vie, fervent défenseur de l'homme riche de beauté et de lumière. Il faut entendre et méditer le message diffusé chacun à l'attention du monde dominé par le pouvoir, la suffisance, l'argent et tant d'autres valeurs négatives.

« Le grand problème, ce n’est pas de savoir ce qui va se passer après la mort, mais s’il existe une vie avant la mort. » dit Pierre Rbahi.

«J’ai écrit ce livre parce que quel que soit le degré d’abjection de la société, il y a toujours une rédemption possible. ​"

L'un et l'autre, hommes de foi en l'homme, en la vie. Peu importe les histoires personnelles, les destins, les chaos, c'est l'humanisme du XXIe siècle qui s'exprime et mérite d'être diffusé au plus grand nombre.

Cette conversation d'une heure est envoûtante. Les deux interlocuteurs, au début un peu tendus l'un à l'égard de l'autre, Le Clézio évoquant sa femme lectrice des livres de Pierre Rabhi, puis plus tard Pierre Rabhi évoquant sa femme qui l'accompagne depuis longtemps dans ce chemin de la réinvention de la vie en Ardèche, tous deux donnant ainsi une valeur inouie à ce dialogue entre le féminin et le masculin. Puis peu à peu les visages s'éclairent, Le Clézio, timide et retenu mais intensément à l'écoute, tombant dans le ravissement lorsque Pierre Rabhi raconte l'histoire du colibri... Deux hommes, que la vie ne cesse d'enseigner, qui tentent d'ébranler les certitudes qui fondent la folie contemporaine des hommes de pouvoir. Moment magique où la beauté est célébrée pour elle-même.

Emission sur France 2 à revoir, La Grande Librarie : rencontre entre JMG Le Clézio et Pierre Rabhi

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