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Edouard Louis, "Histoire de la violence" roman

Publié le par Chantal Vieuille, éditrice

Edouard Louis, "Histoire de la violence"  roman

En 2014, ce garçon qui n'aime que les garçons avait publié son premier roman : Pour en finir avec Eddy Bellegueule. Une oeuvre lue en une nuit, qui ne laisse pas indifférent le lecteur/lectrice. Il y a, dans ce premier roman quelques signes qui laissent présager que l'auteur va récidiver.

En janvier 2015, paraît Histoire de la violence, un second roman lu aussi en une nuit. Cette fois, cela est certain, il se passe quelque chose. Ce quelque chose est d'ordre littéraire. Rien à voir avec des mouvements, finalement snobs et vides, comme le Nouveau Roman ou l'autofiction française. On assiste à une ré-interprétation du roman. C'est quoi, un roman ? ... Il se passe quelque chose de singulier dans l'écriture, dans la construction narrative, dans l'invention du personnage principal, dans la mise en scène de la scène initiale servant de prétexte à l'écriture du roman.

De cette nuit de Noël, le narrateur, retour d'un dîner entre garçons, la Place de la République traversée à grands pas pour rentrer chez lui de l'autre côté, et là, un garçon rencontré comme çà, nommé Reda, peu après, Reda dans la chambre de bonne du narrateur, juste après, les deux garçons font l'amour, et après encore, c'est la scène du vol du Ipad, la violence commence à monter, puis c'est la scène du viol, la violence explose, Reda s'enfuit ( il a volé le téléphone portable et part avec), et là une autre vie commence pour le narrateur. Un fait divers, quelques heures durant, pendant la nuit de Noël. Puis après la vraie scène, bascule, comme une transportation, dans la zone de la littérature. Le temps, celui d'une réalité perd sa dimension de temps, devient autre chose qui donne lieu à l'écriture de 16 chapitres dans lesquels l'auteur, Edouard Louis, l'autre visage d'Eddy Bellegueule, se met à jouer tous les personnages à la fois : l'écrivain, le narrateur, le personnage, la soeur Clara, les autres personnages, Reda, les garçons, l’infirmière, le médecin, l'officier de police, etc. Il est à lui tout seul, le texte, tant et si bien que même si j'écris "il" je ne sais plus qui désigne "il", l'écrivain, le personnage, la soeur Clara, etc.

Histoire de la violence, c'est l'histoire des mensonges. De tous les mensonges que les gens prononcent à l'égard des autres, mais aussi à l'égard d'eux-mêmes. Dans cet amoncellement de mensonges, personne ne cherche à savoir qui dit la vérité, même pas l'officier de police qui est mandaté pour faire l'enquête sur le viol. Le mensonge devient la condition du bien vivre ensemble, en famille, dans la rue, dans les institutions, ailleurs. Même dans l'acte d'amour, le mensonge est cruellement là.

L'écriture du roman développe la stratégie du regard paranoïaque de l'auteur. Regardant au loin dans sa mémoire d'enfance, regardant au plus près des corps qui se frôlent et se respirent, regardant à distance, par l’entrebâillement de la porte, sa sœur, son double, qui débite un récit, l'autre récit, le même, celui du narrateur, mais raconté par elle, Clara, un autre langage, confrontation des lexiques, et donc connotation sociale. Clara, dans sa cuisine qui parle à son mari muet, la bavarde et le muet, et plus elle dit, plus le mari muet devient pesant, inquiétant, monstrueusement dangereux. Le paranoïaque entraîne le lecteur. On devient fou ensemble.

Jusqu'à cette dernière page, la page 231, où le récit, probablement achevé, laisse place à une longe citation de Imre Kertész, extraite de Kaddish pour l'enfant qui ne naîtra pas, qui commence ainsi : "Il s’avéra qu'écrire sur le bonheur était impossible, du moins moi." En 10 lignes la citation donne la clé de construction du roman Histoire de la violence. Si le lecteur/lectrice hésitait encore, là il comprend tout. "il s'avéra qu'en écrivant je cherchais la souffrance la plus aiguë possible (...). La technique est subtile. L'écrivain donne les clefs de sa filiation, à la toute dernière page, alors que la citation dans le roman est placée d'une manière conventionnelle, avant la première page du roman. Coup double du mensonge, je mens toujours et encore. L'aveu est lui même mensonge.

Car Histoire de la violence, c'est l'écriture sur la souffrance hors de toute mesure, celle du viol, hors du genre, le viol d'un homme, le viol d'une femme, le viol d'un garçon, le viol d'une fille. Mais de cela il vaut mieux ne rien dire, car on approche de cette réalité vraie, impossible à dire.C'est bouleversant. On oublie le personnage, le narrateur, l'auteur, les autres personnages. Il reste la trace d'une blessure, chacun la sienne, dans un corps touché au coeur.

Publié dans littérature

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Ai Wei Wei transforme le Bon Marché en galerie

Publié le par Chantal Vieuille, éditrice

Ai Wei Wei transforme le Bon Marché en galerie

Magnifique, cette exposition d'une quinzaine d'oeuvres de Ai Wei Wei, inspirées par les cerfs-volants, l'un des attributs emblématiques de la culture traditionnelle chinoise.

Outre les vitrines donnant sur la rue de Sèvres accueillant chacune une oeuvre référencée par un bandeau placée sur le bord extérieur de la vitrine, ce qui donne l'impression que la rue est devenue musée, Aï Wei Wei a placé au centre de la coupole une gigantesque sculpture qui avec délicatesse se balance ou semble se balancer au dessus du rez- de chaussée du magasin (rayon parfums et produits de beauté). Le Bon Marché a l’habitude de communiquer avec l'art contemporain mais cette fois, l'événement est suffisamment extraordinaire pour laisser place à une nouvelle relation entre art et marketing, car derrière tout cela ne l'oublions pas, Le Bon Marché s'offre une magnifique vitrine pour attirer de nouveaux clients.

Publié dans Art contemporain

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Le droit à l'IVG en France ou aux Etats Unis serait-il menacé ?

Publié le par Chantal Vieuille, éditrice

Le 27 novembre 2015, une fusillade éclate dans l'Etat du Colorado aux USA, dans un centre de Planning familial où comme chacun sait il est question de régulation des naissances et où l'on aide des femmes à recourir à l'avortement, en raison d'une grossesse non désirée ou non assumée.

Le 27 novembre en France, Mme Maréchal Le Pen, la petite-fille du grand-père et la nièce de la tante (depuis quand les gens applaudissent une famille qui, ivre de pouvoir, projette de gouverner ?) annonce que dans son programme, figure la suppression des subventions aux centres de Planning familial de la région PACA.

Ce qui est déroutant, c'est que le discours des féministes s'est dilué depuis 20 ans dans le paysage médiatique au point de disparaître, sachant que les féministes de la première heure avaient finalement obtenu gain de cause.

Supprimer des lieux d'écoute à des femmes en détresse, suite à une grossesse non voulue, qu'elles ne seraient pas capables d'assumer psychiquement et matériellement, c'est tout simplement rogner les droits acquis des femmes, c'est régresser.

Le droit à l'IVG est un droit et non une obligation comme cela se passe malheureusement dans certaines sociétés qui se réjouissent davantage de la naissance des garçons que de celles des filles.

On n'a pas besoin d'une Maréchal Le Pen pour réfléchir à l'IVG.

Les jeunes filles et les jeunes femmes d'aujourd'hui sont en perte de repères car il n'y a pas aujourd'hui des femmes artistes et intellectuelles, appartenant à leur génération, parlant comme elles, qui soient en mesure de rappeler que le statut des femmes libres est incessamment menacé par les pouvoirs politiques et religieux.

Il faut faire taire ces femmes qui s'attaquent à ces territoires de paroles, en les menaçant d'asphyxie.

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Quelques images vraies à propos de quelques réfugiés accueillis en France

Publié le par Chantal Vieuille, éditrice

Ce sont deux jeunes gens de 28 ans. Ils viennent de loin. Ils sont arrivés il y a juste quelques mois. L'un des deux me dit qu'il vient d'obtenir ses papiers qui lui confèrent le statut de réfugié politique, 4 mois après son arrivée. Il est heureux. Ces jeunes ont un agenda quotidien, très rempli.Ils ont chacun un bon niveau d'études et leur activité principale, c'est d'apprendre le français. L'un est anglophone, donc c'est plus facile, mais le second ne connaissait aucune langue étrangère en arrivant en Europe. La phonétique de la langue arabe n'est pas semblable à celle de la langue française. Les difficultés sont plus lourdes pour lui, mais grâce au traducteur dont il dispose sur son portable (iphone) il progresse.

Ces jeunes gens sont aimables, actifs, souriants. Ils viennent de loin et sont dans l'épreuve de l'exil. Ils disent merci à la France, merci aux bénévoles, merci sans cesser... Mais leur projet de vie est dépendant de ce que les associations vont pouvoir leur offrir. Le nombre de bénévoles qui proposent leur aide, logement, vêtements, conversation en français, etc. est élevé. Les associations évoquent ces dons qu'elles reçoivent, en logements, nourritures, argent, vêtements. Grâce à leur smartphone, ils se déplacent dans la ville, ils se repèrent, ils ne se sentent pas perdus. Ils prennent le temps de penser leur avenir. Toutes les conditions semblent réunies autour d'eux pour leur laisser le temps...

Ailleurs, ce sont des familles réfugiées, les chrétiens d'Irak... Les parents sont déprimés, découragés, fatigués. Les adultes semblent plus fragiles que les jeunes qui eux s sont enthousiastes, et bien décidés à apprendre le français pour pouvoir progresser. De toutes les façons, ces jeunes sont déjà multilingues dans leur pays de naissance. Cette adolescente de 12 ans, pétillante, petite de taille, et si intelligente ! me demande ce que je pense de la robe qu'elle porte ce jour-là. Elle me précise que ses parents l'ont achetée la veille du départ du pays, et qu'elle est contente d'avoir pu l'emporter avec elle. Forcément la petite robe bleue est très jolie ! Les femmes sont les plus démunies : elles souffrent. Cette femme, âgée de 49 ans, en France depuis 10 mois, mère de 4 enfants : ses deux fils de 20 ans n'ont pas voulu rester en France, ils ont rejoint l'Allemagne. Mais depuis 10 mois en Allemagne, ils sont ballottés entre les centres d'accueils, souvent distancés de 200 km, ils n'ont pas trouvé de travail (alors qu'ils le croyaient...) ; ses deux filles mariées sont restées sous les bombes en Syrie ; son mari est seul à Beyrouth... Et elle, en France, soutenue par les associations, erre, dérive, on dit qu'elle est instable psychologiquement... Les femmes éprouvent plus de difficultés à abandonner les pratiques culturelles de leur pays d'origine. Elles sont dans les souvenirs. Elles restent enfermées... Ce sont leurs enfants souvent qui les forcent à venir participer aux cours de langue française... Cet homme, 52 ans, est hébergé depuis 4 mois avec sa femme et ses 5 enfants (étudiants et lycéens) dans de très bonnes conditions. Mais il attend toute la journée. Il ne sait pas quoi faire. Il regarde la télévision en français. Que faisait-il là-bas, chez lui ? Il était chauffeur de taxi.

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L'OCDE fait un bilan positif de l'immigration

Publié le par Chantal Vieuille, éditrice

L'OCDE fait un bilan positif de l'immigration

« L’hospitalité consiste moins à nourrir l’hôte qu’à lui rendre le goût de la nourriture en le rétablissant au niveau du besoin, dans une vie où l’on peut dire et supporter d’entendre dire : « Et maintenant, n’oublions pas de manger ». Sublime parole. » Maurice Blanchot, L’Entretien infini (source : http://www.vacarme.org/article1232.html - Les joies de l'hospitalité - un article de Pierre Zaoui)

Pour nourrir la réflexion de ceux qui ne veulent "pas accueillir en France toute la misère du monde", et qui semblent préférer faire résonner les armes là où ils ne vivent pas, voici quelques informations économiques qui pourraient vaincre la part des fantasmes.

Ainsi l'OCDE fait un bilan positif sur les économies de la venue des migrants :

"L’impact fiscal de l’immigration, c’est-à-dire la question de savoir si les immigrés apportent une contribution nette aux finances publiques ou effectuent une ponction nette, est d’actualité dans beaucoup de pays pour plusieurs raisons. D’abord, les immigrés, définis comme les personnes nées à l’étranger, représentent une fraction significative et croissante de la population des pays de l’OCDE. En moyenne de l’OCDE en 2010, elle était composée de quelque 13 % d’immigrés, soit une hausse de plus de deux points de pourcentage par rapport à 2000. Par ailleurs, la situation fiscale des immigrés diffère de celle des personnes nées dans le pays. Ils ont des caractéristiques sociodémographiques différentes et leurs performances sur le marché du travail sont souvent inférieures à celles des autochtones – même si l’on tient compte de ces caractéristiques (voir OCDE, 2012). De plus, les immigrés ne passent généralement pas toute leur vie dans le pays d’accueil. La plupart arrivent à l’âge adulte et certains retournent finalement dans leurs pays d’origine ou émigrent. C’est pourquoi ils sont surreprésentés dans la population en âge de travailler de pratiquement tous les pays de l’OCDE. Cet état de fait a une incidence sur l’équilibre fiscal, car les prestations par habitant sont plus faibles dans cette tranche de la population"

Lire la suite : http://www.oecd.org/fr/els/mig/PMI-2013-chap3-impact-fiscal-de-l-immigration.pdf

#welcomerefugies

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Les réfugiés en Europe : le silence de la France et le #welcomerefugees

Publié le par Chantal Vieuille, éditrice

Les réfugiés en Europe : le silence de la France et le #welcomerefugees
Source de l'image : http://rue89.nouvelobs.com/2015/08/18/refugies-migrants-leurope-doit-aider-les-syriens-fuite-260820

Pourquoi le gouvernement français est si frileux face à la question des réfugiés qui déferlent en Europe ?

L'Allemagne est prête à accueillir 800 000 réfugiés ! Et la France ?

Les Français sont sûrement d'accord, dans leur majorité, pour accueillir sur le sol français des milliers de réfugiés. On ne les entend pas : pourquoi ?

Les réfugiés clament leur volonté de rejoindre l'Allemagne : peu d'entre eux semblent vouloir venir en France.

Finalement, j'ai honte d'être une Française.

L'Allemagne est le pays le plus crédible sur le plan économique en Europe et frappe fort en parlant au nom de l'humanisme laïque qui est, dans les textes, une valeur de l'Europe..

Et la France, elle dit quoi dans tout çà ? Et si elle ne dit rien, peut-être est-elle active ? mais en faisant quoi ?

Les français ne sont pas majoritairement réactionnaires, racistes, conservateurs de droite, xénophobe, etc.

L'autre France, humaniste celle-là, où est-elle ?

Il faut rejoindre la demande de quelques uns (voir et revoir l'émission 28 minutes sur Arte), pas très nombreux qui demandent aux Français d'accueillir au moins 200 000 migrants.

A suivre.

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10 juillet, Journée mondiale des femmes sans voile

Publié le par Chantal Vieuille, éditrice

10 juillet, Journée mondiale des femmes sans voile

Le 10 juillet est la Journée mondiale sans voile, qui en est à sa seconde édition cette année. Elle est toutefois appelée la Journée mondiale des femmessans voile par les organisateurs du rassemblement prévu à Paris, Place de la république à 18 heures pour souligner l'occasion. Le but de cette journée est de soutenir le droit de des femmes de refuser de porter le voile musulman, sans être jugées, menacées, harcelées, emprisonnées, agressées ou tuées. Les femmes et les hommes sont invités à souligner cette journée en portant une marguerite et à en utiliser une en guise d'avatar.

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Lettre des salariés de la librairie SFL à M. Alexandre Bompard (FNAC)

Publié le par Chantal Vieuille, éditrice

Je me permets de relayer la lettre des salariés de la librairie SFL, adressée à Alexandre Bompard.

Les salariés de la SFL adressent une

Lettre ouverte à M. Alexandre Bompard (FNAC), à l’ensemble du monde culturel et des pouvoirs publics

Nous voulons attirer votre attention sur une situation alarmante celle de la SFL (Société Française du Livre), filiale de la FNAC depuis 1999.

La SFL est grossiste en librairie. A ce titre, la SFL répond aux appels d’offre des Marchés Publics (Bibliothèques municipales, marchés scolaires, etc).

La SFL travaille en compte avec des librairies indépendantes plus ou moins importantes.

Mais la SFL traite aussi le 3e flux FNAC ce qui signifie qu’elle prend en charge tous les éditeurs en deçà des 50 plus gros fournisseurs sur le marché du livre en France ce qui représente des distributeurs encore très importants et une multitude de moyens et petits (ce qui va d’éditeurs indépendants non négligeables et parfois historiques dans le paysage de l’édition française à la micro édition c’est-à-dire l’auto-édition) : au final des dizaines de milliers d’éditeurs différents traités chaque année.

La FNAC est le premier libraire de France.

M. Bompard, nous voulons croire que suivant vos engagements, la représentativité du plus grand nombre d’éditeurs en librairie FNAC signifie encore quelque chose à vos yeux. Vous savez qu’il en va de la vitalité de vos librairies. Car si on ne trouvait plus dans une librairie FNAC que ce qui se trouve dans une grande surface, les clients s’en détourneraient par la force des choses. Nous savons aussi que ces librairies ne peuvent recueillir toutes les références et qu’il est nécessaire que Fnac.com (en passant par la SFL) puisse prendre les commandes et les servir le plus rapidement possible.

Ici commence l’inquiétude des salariés SFL.

Car la Direction de la SFL engage sa société vers une impasse et fait courir un immense danger sur le traitement des moyens et petits éditeurs.

Car la Direction SFL préconise un déménagement précipité de la Société du siège de Saint-Denis vers un des entrepôts logistiques de la FNAC à Wissous. Tous les salariés comprenaient la nécessité de déménager : l’activité Marchés Publics et grossiste étant en baisse mais le projet proposé est irréalisable sauf à faire courir un risque fatal à l’entreprise.

Les salariés mettent en garde M. Bompard sur les points suivants :

La Date choisie :

- Fin septembre ou fin octobre ce qui est la période d’activité la plus importante de la SFL. C’est aussi le pic d’activité à Wissous.

- Matériel informatique et de logistique hors d’âge à Saint-Denis qui risque de ne plus marcher à l’arrivée dans une période de forte activité.

Le Lieu choisi :

- la surface réservée à Wissous pour la SFL est réduit de plus des 2/3

- réduction importante des espaces de travail qui conduira à une dégradation significative des conditions de travail.

- c’est un emplacement sans cloison (nuisance sonore accrue juste à côté de la réception FNAC)

- sans possibilité réelle de stockage : or la quasi-totalité des clients de la SFL (notamment les gros clients privés en compte, les écoles etc) nécessite du stockage d’une semaine à parfois plusieurs semaines

- si la SFL devait revenir au traitement des retours pour la FNAC des éditeurs moyens et petits ce qui serait une bonne chose, la place manquerait encore plus, car cela nécessite encore du stockage (impossible et contre productif de réexpédier livre à livre)

- la SFL avait vocation à rester prêt de Paris car une très grande quantité des éditeurs y sont implantés et beaucoup livrent en direct le site de Saint-Denis

- De plus, les coursiers SFL ramassent déjà beaucoup sur Paris mais et - c’est une proposition des salariés de la SFL - le travail avec une plate-forme comme Prisme par exemple permettrait de rassembler énormément d’envois de Province et d’être traités dans de meilleurs délais

- enfin et surtout, comme tous les salariés de SFL Saint-Denis habitent majoritairement le nord de Paris, la plupart d’entre eux ne pourront suivre : les salariés ont estimé le délai de trajet pour aller à Wissous : plus de 3h supplémentaires par jour en moyenne.

Pour toutes ces raisons, nous avons une réelle crainte que l’expertise préconisée par le CHSCT SFL et actuellement en cours ne fassent apparaître de nombreuses lacunes, pointent de nombreux dangers dans ce déménagement précipité pour les salariés comme pour l’entreprise.

Les salariés de la SFL sont attachés à leur entreprise mais ont aussi bien conscience d’appartenir à un Groupe pourtant ils ont la désagréable impression d’être les laissés pour compte de la FNAC et avoir été oublié dans les engagements que vous prenez publiquement :

http://www.groupe-fnac.com/index.php/notreengagement/

- pas de statut FNAC alors qu’apparaît sur leur fiche de paie le logo FNAC depuis 2 mois seulement

- salaires à minima, bloqués depuis des années : presque tous les salariés touchent la garantie ancienneté ce qui donnent une idée du niveau des salaires

- les salariés SFL sont passés de 100 employés il y a 10 ans à un peu moins de 50 aujourd’hui.

Ce chiffre symbolique signifie beaucoup pour eux car ils ont l’impression que la Direction SFL a fait en sorte de passer à pas de loup et avec beaucoup de manœuvre pour qu’il en soit ainsi privant les salariés qui ne pourront matériellement pas suivre d’un PSE. C’est très déplaisant pour des salariés qui ont en moyenne entre 10 et 20 ans d’ancienneté et qui se retrouveraient licencier dans des conditions inacceptables.

C’est aussi très dur de penser que les salariés qui ruineraient leur vie dans les transports se voient si peu récompensés.

De plus, il faut reconnaître qu’il n’y a eu aucun investissement de la part de la FNAC pour la SFL depuis des années :

  • direction très largement absente,

  • presque aucun investissement depuis des années ou quand il y en très inapproprié.

  • compression des effectifs (SI, logistique, service clients, appro, commerciaux et libraires)

  • suppression de service

De fait, la SFL a subi une restructuration ce qu’une ancienne Présidente indique noir sur blanc sur son CV en ligne :

https://www.linkedin.com/pub/marie-s%C3%A9verine-micalleff/30/786/379

Cette restructuration n’a pas été concertée et aujourd’hui, elle prend un tournant qui s’apparente à une fin de vie programmée.

M. Bompard, nous ne pouvons pas croire que vous puissiez tolérer une telle situation. Nous vous demandons de prendre en compte les éléments que nous apportons et qui n’étaient peut-peut-être pas très clairs dans votre esprit.

Il en va de la survie de votre filiale.

Il en va de la survie de nombreux éditeurs qui malgré tout veulent continuer à travailler avec la FNAC (de préférence à tel autre géant américain qui lui s’adapte et trace son chemin avec des méthodes très particulières). Nous voulons croire que vous ne voulez pas employées les mêmes.

Les salariés SFL ont cet espoir tenace. Vous ne pouvez pas les décevoir et ne pas considérer de plus près les éléments présentés ici.

Nous vous prions de bien vouloir accepter nos plus sincères salutations, M. Bompart, ainsi que l’ensemble du monde culturel, des pouvoirs publics. A qui nous faisons parvenir cette lettre ouverte.

A Saint-Denis, le 6 juillet 2015

Le collectif des salariés SFL

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E-chapter-Exam : une offre de chapitres de livres pour les étudiants

Publié le par Chantal Vieuille, éditrice

E-chapter-Exam : une offre de chapitres de livres pour les étudiants

La plateforme Artelittera, dédiée au téléchargement de chapitres de livres universitaires, proposent aux étudiants qui vont devoir travailler tout l'été pour préparer leur mémoire de master ou leur thèse de doctorat, à finaliser pour le début de l'automne prochain, une offre exceptionnelle : du 1° juin au 31 juillet 2015, les utilisateurs peuvent télécharger 3 chapitres de leur choix à 2 € (donc dépenser 6 €) et obtenir un 4° chapitre gratuitement qu'ils pourront choisir librement.

Publié dans artelittera

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La réforme des Collèges : oui, nous sommes d'accord

Publié le par Chantal Vieuille, éditrice

Nous relayons un article intitulé "Halte à l'élitisme conservateur", tribune publiée dans Le Monde du 13.05.2015

La réforme du collège portée par la ministre de l’éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, est accusée de sacrifier l’enseignement de l’allemand et des langues anciennes, et de pervertir les programmes d’histoire. On peut naturellement débattre de l’opportunité de cette réforme, ou discuter de la manière dont elle est conduite, mais il est inutile de lui faire dire ce qu’elle ne dit pas.

Le sacrifice de l’allemand ? La réforme va, en réalité, mettre fin aux classes bilangues, qui permettent, aujourd’hui, à 16 % des élèves de 6e et de 5e d’apprendre deux langues vivantes, dès le début du collège. Il est vrai que ces classes ont permis de soutenir l’apprentissage de l’allemand dans notre pays. Mais, la même réforme va imposer à tous les collégiens l’apprentissage de deux langues vivantes dès la 5e, ce qui est une bonne nouvelle. Les expérimentations de ce système, qui ont été conduites à Rennes et à Toulouse, suggèrent, en outre, que l’enseignement de l’allemand ne sera pas sacrifié, au contraire. Enfin, l’année de langue vivante perdue par 16 % des collégiens en 6e sera, en revanche, une année gagnée pour les 84 % restant, dès la 5e.

Le sacrifice du latin ? La vérité est que les collégiens qui désirent étudier le latin pourront le faire dans le cadre des heures consacrées aux enseignements pratiques interdisciplinaires (EPI), ou dans le cadre d’horaires aménagés à dessein. Ces EPI, sur lesquels pèse un étrange soupçon de principe, ne sont nullement des enseignements au rabais. Ils introduisent, de manière mesurée, des méthodes de travail faisant davantage confiance à la capacité d’apprentissage et à la curiosité des élèves. Ils incitent également les équipes enseignantes à construire des projets dans leur établissement, dans le cadre de programmes nationaux.

Peurs identitaires

La perversion des programmes d’histoire ? L’idée selon laquelle l’enseignement de l’histoire du christianisme deviendrait optionnel, alors que celui de l’histoire de l’islam serait obligatoire, ne tient pas davantage la route. En réalité, c’est l’enseignement du christianisme médiéval qui deviendrait optionnel en 5e. Pour autant, l’étude de la naissance du christianisme figurait déjà – et se maintient – au programme de 6e. Par ailleurs, la religion et la culture chrétiennes sont présentes dans quantité d’autres items du programme : il est ainsi difficile de ne pas les évoquer au sujet de l’Occident médiéval, des pouvoirs du roi ou de l’Empire byzantin… Quant à l’étude de la naissance de l’islam, elle n’a rien de nouveau : elle était déjà obligatoire !

Mais les pourfendeurs de la réforme ne s’intéressent pas au détail des mesures. Ils sont surtout animés par un élitisme conservateur. Celui-ci s’illustre, en particulier, dans leur défense de l’enseignement du latin. Ils dramatisent ce symbole, comme si le socle de nos vertus civiques reposait sur la déclinaison latine, et comme si la bonne pratique de notre langue dépendait de la capacité de chacun de traduire dix lignes de Cicéron. Mais, si tel était le cas, il faudrait imposer l’apprentissage du latin à tous les élèves ! Ce que personne ne propose. En réalité, le latin n’est pas défendu pour ses vertus propres, mais pour ce à quoi il sert en pratique : l’identification et la sélection des bons élèves.

Le choix de l’allemand comme première langue vivante ainsi que les classes bilangues ont souvent eu la même fonction, du reste : ils ont servi à constituer des classes de niveau à l’intérieur d’un collège prétendu unique. Autrement dit, ils ont été des outils de sélection indirecte dans un contexte censé empêcher ou différer la sélection. Ce n’est faire injure à personne de constater que ce n’est ni le latin ni l’allemand qui intéressent le plus les enfants de l’élite, mais plus simplement leur « rendement scolaire », autrement dit les avantages que cela leur procure dans la hiérarchie scolaire.

En réalité, l’élitisme des adversaires de la réforme ne sert qu’en apparence la cause de l’allemand et du latin. Car, quoiqu’ils s’en défendent, il consiste surtout à mettre le conservatisme culturel au service de l’utilitarisme le plus plat. Ils se font ainsi les alliés ou les idiots utiles d’un esprit de compétition qui n’est guère animé par l’amour des grandes œuvres de l’Antiquité ou le goût de l’amitié franco-allemande, mais le plus souvent par le simple désir d’entre-soi des élites.

A cet élitisme conservateur s’ajoutent les peurs identitaires de ceux qui fustigent le dévoiement des programmes d’histoire. Car ce qu’ils redoutent est l’ensevelissement de l’identité française sous la repentance postcoloniale, l’ouverture à l’islam et le culte des pages les plus sombres de notre histoire… Outre qu’elles sont souvent infondées, comme on l’a vu, ces attaques traduisent une étrange conception de l’enseignement de l’histoire. Que recherche-t-on à travers lui ? Le développement de l’enthousiasme patriotique ou l’éducation d’un citoyen capable de s’orienter à la lumière des enseignements du passé ? Dans le premier cas, les programmes d’histoire devraient s’efforcer – et pourraient se contenter – de raconter une belle histoire. Dans le second cas, ils ont vocation à s’approcher de la vérité et à dissiper les fantasmes. C’est, selon nous, cette seconde version qui doit être privilégiée dans l’intérêt de tous.

Mais, surtout, pendant que ces polémiques occupent la chronique, on ne s’occupe pas de l’essentiel : la lutte contre l’échec scolaire. Tout le débat se concentre sur le contenu des programmes d’histoire et sur les supposées pertes de chances qu’un recul du latin ou de l’allemand pourrait imposer aux meilleurs élèves. Mais on n’accepte toujours pas de prendre en considération les pertes d’opportunité des élèves en difficulté, ou même des élèves moyens. Ce qu’il faudrait valoriser, c’est justement tout ce qui permet de combattre l’échec scolaire. Et cela passe de plus en plus par des programmes moins lourds et par des stratégies pédagogiques pensées à l’échelle de l’établissement. Les médiocres résultats du collège français dans les comparaisons internationales, mais aussi l’image dévalorisée des élèves et des enseignants qui s’y développe justifient largement qu’on cherche à rompre avec le mythe d’un traitement uniforme des collégiens et qu’on retrouve, derrière l’image abstraite de l’élève, des situations d’enseignement plus réalistes. C’est le chemin qu’ouvrent les EPI. Ces débats sont certainement moins grandioses, mais sans aucun doute beaucoup plus utiles à l’intérêt général.

Les signataires de ce texte sont Maya Akkari (responsable du pôle Education du think tank Terra Nova), Christian Baudelot (sociologue), Laurent Bigorgne (directeur du think tank Institut Montaigne), Anne-Marie Chartier (historienne), Roger Establet (sociologue), François Dubet (sociologue), Dominique Julia (historien), Marc-Olivier Padis (directeur de la rédaction de la revue « Esprit »), Antoine Prost (historien), Thierry Pech (directeur général de Terra Nova) et Benjamin Stora (historien)

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